
(mis en ligne le 8 juin 2026)
RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET
COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES – TOGO – DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA)
Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra.
INTRODUCTION : LIBERTÉ, OÙ ES -TU AU TOGO ?
Face à l’absence de liberté et d’indépendance des acteurs de l’opposition politique togolaise, et face à l’absence de bonnes pratiques d’analyse, de gestion et de redevabilité en politique et économie, le Peuple togolais n’a d’autre choix que l’indignation, la dénonciation, la révolte et l’utilisation des réseaux sociaux pour dénoncer l’oppression structurelle multiforme institutionnalisée et pratiquée par le système civilo-militaro-ésotérique. Ce système d’oppression se maintient au pouvoir par la force et grâce à son « expertise » de facilitateur de la défense des intérêts étrangers avant les intérêts du Peuple togolais.
Dans ce contexte de gouvernance liberticide et prédatrice, l’objectif de la lutte du Peuple togolais pour la démocratie et la souveraineté, consiste : – à constituer une majorité solide, – à créer les conditions qui permettent de se libérer durablement du piège de l’achat des consciences, – à se rassembler derrière un projet de transition politique alternatif. Pour mener ce combat, le Peuple togolais peut resourcer sa réflexion en se nourrissant des principes politiques qui prévalaient dans les années 1960, lorsque la soif de la liberté cimentait les actions collectives qui ont permis d’aboutir à la décolonisation du Togo.
Les propositions et perspectives formulées relèvent des initiatives et des actions citoyennes d’un Peuple togolais indépendant du système Gnassingbé et empêché de s’exprimer librement.
1. FAURE GNASSINGBÉ, 60 ANS RÉVOLUS ET PERSISTANCE DANS L’ERREUR
Du point de vue de la société civile, de la Diaspora, des partis politiques, des militaires patriotes, qui peuvent être considérés comme les futures forces alternatives, pacifiques pour une transition politique démocratique au Togo, il est urgent de rappeler que lorsqu’un individu fête ses 60 ans, communément la croyance populaire tend à considérer que cet individu pourrait avoir appris de ses erreurs, de ses trahisons du Peuple togolais, de ses accointances avec des intérêts étrangers, et surtout vient de basculer dans ce qui est communément connu comme étant l’aurore de la sagesse.
Concernant celui qui vient de fêter ses 60 ans le 6 juin 2026, le Peuple togolais a au contraire bien constaté qu’en lieu et place du discernement et de la sagesse, c’est plutôt l’arrogance, le mépris et le refus de libérer les prisonniers politiques qui luttent -depuis plus de 60 ans pour certains- pour un Togo libre, qui caractérisent le nouveau président du conseil.
Or, c’est cette absence de sagesse qui a conduit Faure Gnassingbé et son réseau de clientélistes, souvent zélés, à tordre le cou de tous les processus par lesquels le Peuple togolais avait choisi de décider de son destin. Mais quel aurait été le destin du Peuple togolais sans le système Gnassingbé ? La Vérité, la Justice et la Paix !
Autrement dit, les mêmes chances pour tous de s’en sortir et donc un vivre ensemble comme l’auraient voulu nos aïeux. Or, sous Faure Gnassingbé entre 2005 et 2026, le Togo, fut placé sous les fourches caudines du système Gnassingbé qui a perpétué le non‑respect de l’Etat de droit déjà institutionnalisé, donc de la Constitution et des principes démocratiques, alors que le pays sortait à peine de la dictature nauséabonde de son père Etienne Eyadéma Gnassingbé entre 1967 et 2005. C’est donc la continuité du système Gnassingbé qui, pour l’instant, est assurée de père en fils !
La question est donc de savoir si avec un Président illégal et anticonstitutionnel au Togo, est-ce que Faure Gnassingbé qui s’est organisé pour rester encore au pouvoir pendant 60 ans en tant que président du Conseil, pourra un jour obtenir la grâce divine de recevoir, même une graine de mil de ce que la sagesse peut produire chez un être humain après 60 ans ? Rien n’est moins sûr ! Aussi, seule la lutte de tout le peuple togolais, par le dépassement des frustrations quotidiennes et des rancœurs du passé peut contribuer à l’avènement de la démocratie, en le contraignant à partir par la démission, une forme évoluée de la sagesse…
Le proverbe africain qui s’applique directement au système Gnassingbé est celui-ci : « Là où règne l’ignorance, la tyrannie trouve un trône ». L’explication est sans équivoque : l’autocratie, la tyrannie, l’impunité et surtout l’abus du droit et des pouvoirs ne peuvent s’installer que là où la sagesse et la connaissance font défaut. La démission du tyran autocrate survient quand la sagesse reprend ses droits. C’est un acte de sagesse et une sortie honorable par la grande porte. Mais, sans sagesse, Faure Gnassingbé en est-il capable ? Peut-être si RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA lui rappellent les principales 21 violations alléguées manifestes de la Constitution togolaise en nous limitant à la période 2005–2026.
2. FONDEMENTS CONSTITUTIONNELS DES VIOLATIONS DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE (2005–2026)
La Constitution togolaise du 14 octobre 1992 (révisée en 2002, 2019 et 2024) consacre notamment :
- la souveraineté du Peuple (art. 2),
- la séparation des pouvoirs (art. 4),
- l’égalité devant la loi et l’accès aux emplois publics (article 11),
- les libertés publiques (art. 25–30),
- la transparence et la bonne gouvernance (préambule et l’article 50),
- l’obligation de respecter les décisions de justice (art. 113),
- la responsabilité pénale des gouvernants (art. 59 et 150),
- la régularité des élections (art. 60–64),
- l’autonomie des collectivités locales (art. 141–143).
L’article 150 accorde un droit inviolable, y compris après les révisions unilatérales de la Constitution du Peuple pour faire disparaître ce droit. Aussi, le Peuple, en toute légalité, peut exercer une résistance civile, juridique et institutionnelle pour restaurer la souveraineté nationale et obtenir la démission pacifique d’un dirigeant autocratique et tyrannique, surtout lorsque la « sagesse » semble ne pas vouloir de « lui ».
3. « VINGT‑DEUX VIOLATIONS GRAVES OU CONTOURNEMENTS DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE (2005–2026)
Il va de soi qu’en 21 ans de pouvoir unilatéral, le nombre : -de violations, -de contournements de la Constitution togolaise, -d’élections contestées sur la base de la contre-vérité des urnes institutionnalisée, est innombrable. Néanmoins, laissons cela aux travaux des historiens et rappelons au Peuple togolais, ce de manière juridiquement structurée, les principales violations et multiples contournements unilatéralement opérés par le système Gnassingbé en 22 points (liste non exhaustive).
3.1 Succession anticonstitutionnelle de 2005
L’armée a imposé Faure Gnassingbé au pouvoir, alors que la Constitution exigeait que l’intérim soit assuré par le président de l’Assemblée nationale.
3.2 Absence de vérité des urnes (2005, 2010, 2015, 2020, 2025)
Les élections ont été marquées par des irrégularités, un contrôle partisan des institutions électorales et l’absence de transparence par empêchement de toute possibilité de vérification contradictoire des résultats électoraux.
3.3 Révision constitutionnelle 2024–2025 sans référendum et exclusion du Peuple togolais dans le choix de ses principaux dirigeants
Le changement de régimes politiques (toutes les révisions constitutionnelles et le passage de la 4e à la 5e République) ont été décidés sans consulter le Peuple togolais, en violation de l’obligation constitutionnelle de référendum. Il s’agit d’un véritable « déni de droit de choisir » pour le Peuple togolais.
3.4 Concentration des pouvoirs exécutif/législatif/judiciaire/militaire
Le pouvoir exécutif domine le Parlement, la justice et les institutions censées être indépendantes.
3.5 Politisation et « affairisation » de l’armée
L’armée intervient dans la vie politique et réprime les manifestations, alors qu’elle devrait rester neutre ; par ailleurs plusieurs haut-gradés, non patriotes, profitent de « la loi du plus fort », cet état de fait qui leur permet d’accaparer des pans entiers de secteurs économiques de génération de richesses, non partagées avec le Peuple au Togo.
3.6 Impunité des forces de sécurité
Les violences commises par les forces de sécurité ne sont jamais sanctionnées, malgré les obligations constitutionnelles.
3.7 Non‑exécution des décisions de la Cour de justice de la CEDEAO
Les arrêts régionaux concernant les droits humains et les réformes électorales ne sont pas appliqués par l’Etat togolais et des risques existent pour intimider la justice.
3.8 Arrestations arbitraires et détentions sans jugement
Des opposants, journalistes et citoyens sont détenus sans procès équitable, ni respect des garanties légales.
3.9 Lois liberticides restreignant les libertés publiques
Les libertés d’expression, de réunion et de manifestation sont limitées par des lois et pratiques répressives, sauf quand il s’agit de faire semblant pour faire croire aux chancelleries occidentales que les oppositions non dangereuses peuvent se réunir ; cela légitime indirectement le système Gnassingbé.
3.10 Opacité des comptes publics et absence de vérité des comptes publics
Les finances de l’État ne sont pas transparentes, les comptes publics ne sont pas régulièrement publiés ni contrôlés et les décideurs du système Gnassingbé refusent systématiquement de rendre des comptes au Peuple togolais et surtout de se faire contrôler par des experts indépendants de Faure Gnassingbé.
3.11 Accaparement des richesses nationales
Les ressources et les revenus du port autonome de Lomé (PAL), des mines, des douanes, et de plusieurs entreprises publiques ou privées sous contrat avec l’Etat sont gérés de manière opaque au profit d’un cercle restreint.
3.12 Défiscalisation excessive pour les multinationales qui ne créent pas d’emplois, ni de réinvestissement au Togo et pour certaines institutions financières
Des exonérations fiscales sont accordées sans contrôle démocratique, créant une inégalité devant l’impôt.
3.13 Endettement structurel sans bénéfice pour la population
La dette publique augmente, mais les services publics restent insuffisants et mal gérés.
3.14 Corruption généralisée et impunie
Les scandales impliquant des responsables politiques ne donnent lieu à aucune poursuite, y compris dans de nombreuses affaires, au rang desquelles celle en cours actuellement en France dite « affaire Bolloré ».
3.15 Clientélisme dans l’administration publique
Les nominations sont basées sur la loyauté politique ou ethnique, et non sur la compétence.
3.16 Décentralisation fictive
Les collectivités locales n’ont pas d’autonomie réelle et restent sous le contrôle du pouvoir central, la décentralisation est confondue avec la déconcentration.
3.17 Clientélisation de la partie du Peuple togolais et de la Diaspora togolaise non indépendante du système Gnassingbé
Une partie du Peuple togolais et de la Diaspora togolaise n’ont pas de représentation démocratique réelle et sont parfois, souvent à leur insu, utilisés à des fins de légitimation politique.
3.18 Absence d’opportunités pour les jeunes
Le chômage, le favoritisme et l’exclusion empêchent les jeunes d’accéder à l’emploi et aux responsabilités.
3.19 Alignement sur des intérêts étrangers sans contrôle parlementaire
Des accords internationaux sont signés sans débat ni ratification parlementaire.
3.20 Propagande abusive sur la notion « d’homme de la facilitation, de la médiation et de la paix » malgré un bilan répressif nauséabond au Togo
La communication officielle du système Gnassingbé présente une image trompeuse, en contradiction avec les réalités de la répression interne. Cette image d’une réalité travestie permet à certaines chancelleries occidentales de se montrer peu regardantes et de renforcer leur coopération en s’exonérant à bon compte de leurs devoirs eu égard au respect des droits humains et des droits du Peuple togolais.
3.21 Refus de coopérer avec la justice internationale
Les autorités ne répondent pas aux demandes d’enquête, plus particulièrement auprès de la Cour de Justice de la CEDEAO et dans le contentieux en cours en France, notamment dans le procès portant principalement sur la corruption d’agents étrangers dite « affaire Bolloré ».
3.22 Refus des dirigeants du Togo de déclarer leurs biens et avoirs conformément à la Constitution
Le constat du refus du Président de la République (devenu aujourd’hui le Président du Conseil), son Gouvernement, membres de l’Assemblée Nationale, du Sénat et les directeurs des administration centrales et des entreprises publiques de faire devant la Cour Suprême togolaise une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction correspond à un refus de respecter l’article 145 de la Constitution. Par ailleurs, il n’a jamais été reporté officiellement que Faure Gnassingbé ait déclaré ses biens et avoirs au début et fin de ses quatre mandats présidentiels juridiquement contestés devant la Cour de Justice de la CEDEAO. Si la tête ne fait pas dans l’exemplarité, il n’est pas surprenant que le reste du Gouvernement, les Sénateurs et les directeurs administrations centrales eux non plus ne respectent pas la Constitution. A ce titre l’article 145 est explicite : « Art.145 : Le Président de la République, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement, le Président et les membres du bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat et les directeurs des administrations centrales et des entreprises publiques doivent faire devant la Cour Suprême une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction ».
Si la justice togolaise ou régionale africaine, ne subissaient pas de pressions ou avaient du courage, les points juridiques mentionnés plus haut suffisent juridiquement pour convaincre un individu, voire un système, de son illégalité et de son anti-constitutionnalité. Mais voilà, la justice africaine demeure tributaire des financements de ces Etats non respectueux du droit. Mais, il existe toutefois des juges courageux et disant le droit, rien que le droit, qui méritent d’être mis à l’honneur. Le pouvoir de Faure Gnassingbé sur la base de l’analyse juridique du système Gnassingbé entre 2005 et 2026 ne peut qu’être qualifié de « pouvoir illégal et anticonstitutionnel ». Il importe que des juges libres et courageux puissent le constater et le prononcer !
4. TROIS PROPOSITIONS CONCRÈTES ET PACIFIQUES
En attendant une condamnation officielle par une juridiction africaine ou internationale, il y a lieu de proposer au cours d’une transition politique citoyenne :
4.1 la mise en place d’un Conseil indépendant Vérité – Justice et Solidarité (CI-VJS)
Ce conseil indépendant aura pour mandat :
-
- d’établir les faits,
- de documenter les violations constitutionnelles,
- de proposer des réformes institutionnelles en prenant appui sur les modèles d’Afrique du Sud, du Ghana, du Rwanda, etc. ;
Ce conseil n’a pas besoin d’attendre le départ ou la démission de Faure Gnassingbé et son système pour commencer à réunir les preuves, à s’organiser et cotiser pour déposer auprès de juridictions africaines ou internationales les plaintes contre un système usurpateur des droits du Peuple togolais, un système illégal et anticonstitutionnel.
4.2 Saisine coordonnée des juridictions régionales et internationales
Il s’agira principalement des instances suivantes (liste non exhaustive) :
-
- Cour de justice de la CEDEAO,
- Commission africaine des droits de l’homme,
- Rapporteurs spéciaux de l’ONU. Objectif : forcer l’exécution des obligations constitutionnelles et internationales.
- Tribunaux français et internationaux
4.3 Pacte national de transition constitutionnelle pacifique
Il faut organiser des conférences inclusives sans les agents et affidés du système Gnassingbé afin de créer un consensus autour d’un engagement patriotique multipartite de la société civile et des partis politiques non-collaborateurs pour :
-
- un référendum constitutionnel conforme à l’article 144,
- des élections transparentes basées sur la vérité des urnes,
- une réforme de la CENI et de la Cour constitutionnelle,
- la démilitarisation de la vie politique.
Toutes ces actions interdépendantes -certaines sont déjà en cours- ont pour objet de démontrer qu’il existe au Togo du système Gnassingbé une série de violations ou contournements graves des articles fondamentaux de la Constitution togolaise entre 2005 et 2026. Ces constats peuvent constituer un socle argumentaire solide dans des dossiers judiciaires, notamment pour :
- démontrer l’effondrement de l’État de droit sauf pour une minorité oligarchique et autocratique au pouvoir ;
- établir la responsabilité politique et juridique des dirigeants ; et
- justifier une intervention juridictionnelle régionale ou internationale.
Toutefois, il existe aussi des voies d’action citoyennes, non violentes et constitutionnelles pour reconquérir la liberté, à savoir la désobéissance civile, la pression juridictionnelle et la transition politique comme alternative à une autocratie sans sagesse.
5. MODALITÉS D’UNE ACTION CITOYENNE VISANT À OBTENIR LA DÉMISSION D’UN DIRIGEANT ET SON SYSTÈME TYRANNIQUE AU TOGO
La Constitution togolaise de 1992 (révisée) affirme que la souveraineté appartient au peuple (art. 2), que nul n’est au‑dessus de la loi (art. 11), et que tout citoyen a le droit et le devoir de défendre l’ordre constitutionnel (préambule + art. 150). Lorsque les institutions sont capturées et détournées au profit exclusif d’un clan, que les contre‑pouvoirs sont neutralisés, et que les violations répétées de la Constitution deviennent structurelles, le peuple demeure le dernier garant de la légalité républicaine.
Dans ce contexte, et dans le strict respect du droit national et international, trois voies d’action pacifiques, légales et cumulatives peuvent être mobilisées pour obtenir la démission d’un dirigeant considéré comme autocratique, liberticide et tyrannique :
5.1 Action citoyenne constitutionnelle : mobilisation non violente fondée sur l’article 150
L’article 150 de la Constitution du Peuple togolais prévoit explicitement que lorsqu’un gouvernement viole la Constitution, le peuple a le droit de lui opposer la résistance. Cette résistance n’est ni armée, ni violente, mais civique, et peut prendre la forme de :
-
- campagnes nationales de désobéissance civile non violente,
- grèves générales pacifiques,
- refus collectif de participer à des institutions jugées illégitimes,
- manifestations encadrées par le droit international (Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 21).
L’objectif est de retirer au régime la légitimité sociale, sans jamais menacer l’intégrité physique des personnes.
5.2 L’action juridictionnelle coordonnée : créer un étau légal interne et externe
Le droit togolais et le droit international offrent des leviers puissants :
-
- saisines répétées de la Cour de justice de la CEDEAO,
- plaintes individuelles et collectives devant la Commission africaine des droits de l’homme,
- demandes d’enquêtes internationales auprès des rapporteurs spéciaux de l’ONU (arrestations arbitraires, torture, liberté d’expression),
- actions contentieuses internes visant la responsabilité pénale des gouvernants (art. 59 et 150).
L’objectif est de documenter, accumuler et internationaliser les violations, jusqu’à rendre politiquement et diplomatiquement intenable le maintien au pouvoir d’un dirigeant qui viole la Constitution.
5.3 L’action politique de transition : construire une alternative politique crédible et inclusive et basée sur la compétence des acteurs
Aucun régime ne tombe si le Peuple n’a pas une issue institutionnelle claire. Il est donc nécessaire de préparer ou de reformuler un nouveau « contrat de confiance » entre le Peuple togolais et ses futurs nouveaux dirigeants indépendants du système Gnassingbé. Pour ce faire, il est indispensable de réfléchir à :
- un projet de transition politique et citoyenne fondé sur un Contrat social de confiance de transition constitutionnelle avec le Peuple comme acteur et non comme victime ;
- un gouvernement provisoire consensuel ;
- un référendum conforme à l’esprit de la Constitution du Peuple togolais (article 144);
- une réforme de la CENI, de la Cour constitutionnelle et de l’armée ;
- un calendrier électoral transparent après la période de transition estimée entre 2 et 3 ans ;
Cette architecture offre au Peuple togolais une porte de sortie pacifique, et au dirigeant contesté une issue non violente, condition essentielle pour éviter les dérives. Cela suppose une démission fondée sur la sagesse. Comme alternative, il ne restera plus que des situations de rapports de force.
En définitive, la démission d’un dirigeant autocratique, tyrannique et non respectueux du Peuple togolais, ne peut résulter que d’une pression citoyenne massive, juridiquement fondée, non violente, et adossée à une alternative institutionnelle crédible. En combinant :
- la résistance constitutionnelle pacifique sur la base de la Constitution du Peuple togolais ;
- l’étau juridictionnel interne et international ; et
- la construction d’une transition légale et inclusive ;
le peuple togolais peut, si la volonté, le courage et le refus du statu quo reprennent le dessus sur le fatalisme, restaurer la souveraineté populaire, réhabiliter l’État de droit, et ouvrir la voie à une refondation démocratique durable, sans violence, sans vengeance, et dans le respect des normes internationales.
6. ANNIVERSAIRE DE FAURE GNASSINGBE LE 6 JUIN OU DATE SYMBOLIQUE DE LA RÉSISTANCE POPULAIRE DU M66 : LE POUVOIR TOGOLAIS ILLEGAL DÉFIE LA LOI ET LES DROITS FONDAMENTAUX
Depuis 1967, la continuité du régime s’accompagne d’allégations récurrentes de pratiques coercitives documentées par des organisations internationales.
Les mobilisations du Peuple togolais, – notamment les jeunes -, des 26, 27 et 28 juin 2025 ont donné lieu à un usage disproportionné de la force par les forces de sécurité, en contradiction avec les standards internationaux relatifs à la liberté de réunion pacifique. Les revendications portaient notamment sur la vie chère, la gouvernance, la corruption et la libération de détenus, dont l’activiste « chanteur » Aamron, signalé comme ayant subi des traitements inhumains.
Les données disponibles font état d’au moins cinq exécutions extrajudiciaires, vingt-et-un cas de torture et cent cinq arrestations arbitraires[1]. En outre, la découverte de corps d’enfants dans la lagune de Bè soulève des préoccupations sérieuses quant au respect du droit à la vie et à la protection des civils[2].
Le 6 juin, date de naissance de Faure Gnassingbé, est devenu au Togo une date symbolique de révolte et de résistance populaire contre son pouvoir, avec la naissance du Mouvement du 6 juin, abrégé en M66, avec en filigrane une partie de la mobilisation déclenchée par le rappeur Aamron, de son vrai nom Narcisse Essowè Tchala[3]. Le 6 juin, date d’anniversaire du Président Faure Gnassingbé, est devenu un repère symbolique des atteintes aux droits fondamentaux au Togo. Les événements des 5 et 6 juin 2025 sont une illustration de l’intensification de la répression[4], des arrestations arbitraires et des actes de torture à l’encontre de manifestants[5].
La révolte s’est partiellement transposée dans les réseaux sociaux. Le M66 représente ainsi un collectif de cyberactivistes de la Diaspora togolaise créé après la violente répression du 6 juin 2025 qui est considérée comme une des dates les plus sanglantes de l’histoire togolaise. Le mouvement a reçu le soutien de la plupart des organisations de l’opposition (Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK[6]), Dynamique pour la majorité du peuple (DMP[7]), la Libération démocratique du Peuple (LDP[8]), Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC[9]), Touche-Pas à Ma Constitution) pour cette mobilisation au Togo. Entretemps, le Gouvernement togolais a émis des mandats d’arrêt internationaux par contre les membres du M66 et certains journalistes et hommes politiques en exil depuis juillet 2025. La journée du 6 juin promue sous le slogan du « Togo en pause », marque le passage à une contestation plus radicale, portée par une jeunesse connectée, éloignée des partis traditionnels, et menée par des artistes et militants, qui appellent à la démission du Président et à la « libération » du pays.
Or, la réponse du pouvoir togolais a été une répression violente : la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) a documenté au moins 81 arrestations arbitraires et des actes de torture contre les manifestants (es) des 5 et 6 juin 2025, tandis que plusieurs rapports (national[10] et international) dénonce des violences policières systématiques (gifles, coups de matraque, aspersions d’eau, détentions illégales[11]).
Ces actes ne peuvent être justifiés au regard du droit international des droits humains et du droit de manifester pacifiquement. Ils révèlent au contraire une criminalisation[12] de la contestation et une volonté d’intimider toute opposition[13].
C’est à la lumière du prolongement de ce mouvement qui lui-même fait suite à de nombreuses précédentes initiatives citoyennes restées sans démission de Faure Gnassingbé, qu’il faut comprendre le niveau d’humiliation d’une partie de Peuple togolais, plus particulièrement la jeunesse. Avec l’impossibilité de s’exprimer librement sans subir les foudres du système Gnassingbé ou partir en exil, il semble que ce pouvoir Gnassingbé a délibérément choisi d’assurer le remplacement de leurs multiples coups d’Etat constitutionnels par un autre coup de force suite à des divisions, frustrations et humiliations subies en interne. Or, la partie du Peuple togolais indépendant et pacifique a opté pour une approche alternative qui passe par la démission du celui qui, au lieu de faire partie de la solution à la crise togolaise, est devenu le fondement du problème et du mal togolais.
Empêchée de manifester au Togo, la jeunesse togolaise désœuvrée s’exprime librement sur les réseaux sociaux maintenant que le gouvernement a finalement stoppé la censure d’Internet. Il suffit de procéder à une recherche avec le mot-clé « togolais souffrance » pour prendre conscience des monologues pitoyables de togolais(ses) désespéré(e)s. La vidéo virale demeure celle d’un jeune togolais qui aurait préféré « être un caniche ou un lampadaire dans un pays occidental plutôt que d’être un humain au Togo ». En effet, les animaux domestiques sont protégés dans les pays occidentaux par des lois… qui sont respectées. Plusieurs de ces animaux mangent à leur faim et bénéficient même d’une couverture médicale et parfois d’une assurance-maladie. Ce demeure une exception au Togo. La responsabilité, partielle ou totale, provient de la mauvaise gouvernance. Les Togolais doivent penser à recouvrir leurs droits, et peut-être demandés des comptes au système qui a conduit certains à préférer vivre hors du Togo en rejetant la condition humaine pour celle d’un animal.
C’est ainsi que dans un contexte de restriction de l’espace civique et de la liberté d’expression et les nombreuses lois liberticides, les réseaux sociaux apparaissent comme un exutoire pour une jeunesse marginalisée, révélant une détresse socio-économique et un déficit de protection institutionnelle.
Cette situation met en évidence un décalage entre les engagements internationaux du Togo, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et leur mise en œuvre effective, appelant à un renforcement des mécanismes de redevabilité et de protection des libertés fondamentales[14].
7. FAURE GNASSINGBÉ ET SON SYSTEME REPRÉSENTENT MOINS DE 13 % DU PEUPLE TOGOLAIS : LES RAISONS PROFONDES ET STRUCTURELLES DE L’EXIGENCE DE LA DÉMISSION DE FAURE GNASSINGBÉ
La mort du président Gnassingbé Eyadéma le 5 février 2005, après 38 ans de règne dictatorial et sanglant pour la grande majorité du Peuple togolais, a déclenché un coup d’État militaire sanglant[15] la même année. L’armée non républicaine et clanique a imposé l’un de ses multiples fils, Faure Gnassingbé et l’imposé comme Président sans scrutin, en violation des dispositions constitutionnelles de l’article 65.
Les députés ont ensuite procédé à une révision constitutionnelle illégale le 6 février 2005, autorisant Faure à terminer le mandat de son père jusqu’en 2008, habillage juridique d’un coup d’État constitutionnel. Faure Gnassingbé a usurpé l’élection présidentielle d’avril 2005 sans vérité des urnes après avoir brièvement cédé le pouvoir sous pression du Peuple. Mais une partie de la communauté africaine et internationale, notamment consolidant ainsi son emprise sur le pouvoir. Ce tandem coup d’État militaire-coup constitutionnel a été réitéré en 2024-2025 via la révision constitutionnelle d’avril 2024, qui instaure un régime parlementaire et permet un 5ᵉ mandat présidentiel illimité, perpétuant une logique de confiscation du pouvoir démocratique.
A l’époque, Olusegun Obasanjo, ex-président de la Fédération du Nigeria entre 1999-2003 et 2003-2009 et Président en exercice de l’Union Africaine (UA) entre 2004 et 2006, après avoir unilatéralement exigé de faire un 2e mandat non prévu par les textes à la tête de l’Union africaine, a soutenu la continuité dynastique du pouvoir au Togo. A contrario, Alpha Oumar Konaré, l’ex-président malien et Président de l’UA avant Olusegun Obasanjo et en fonction officielle en 2005 en tant que Président de la Commission de l’Union africaine[16], a exigé le retour à la démocratie et le respect de l’ordre constitutionnel au Togo : « Le Président de la Commission de l’UA, M. Alpha Oumar Konaré, réitère la condamnation de l’UA contre la décision de M. Faure Gnassingbé de rester au pouvoir, en violation de la Constitution togolaise… Il réaffirme le rejet par l’UA de toute élection organisée sous les conditions indiquées par les autorités qui ont pris le pouvoir suite au coup d’État militaire du 5 février 2005 ». Malheureusement, il a été désavoué par les chefs d’Etats africains dont le président en exercice de l’Union Africaine à l’époque, Olusegun Obasanjo[17], représentant d’une puissance militaire et diplomatique en Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement le fameux « syndicat » des chefs d’Etat africains qui défendent leurs intérêts avant ceux du Peuple africain.
Les sources françaises des média politiquement corrects (média mainstream) pour comprendre la situation à l’époque doivent être écartées car les dirigeants de ce pays ont conservé et renforcé les accords secrets de défense avec les dirigeants des pays francophones dont le Togo qui conduisent systématiquement au maintien en place d’autocrates, voire des dictateurs, en Afrique. Or, ces accords secrets ne sont pas dénoncés par de nombreux pays francophones dont le Togo, ce qui empêche la participation de ce pays à l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina-Faso, Mali et Niger). Olusegun Obasanjo a été un instrument majeur dans le maintien au pouvoir de Faure Gnassingbé en 20à5. Il a plutôt facilité la pérennisation du régime dynastique. L’Histoire avec un grand H doit reconnaître que l’Union africaine, sous Olusegun Obasanjo, a plus que tacitement validé la succession Faure Eyadéma et ses militaires qui ont terrorisé le Peuple togolais, contredisant les principes démocratiques africains.
S’il faut retenir au moins des raisons principales outre les nombreux assassinats ciblés, abus de droit et abus de pouvoir, il y a lieu de rappeler ce qui permet de cimenter la lutte de libération du Peuple togolais, qu’il soit jeune ou moins jeune :
7.1 La succession dynastique non démocratique et le coup d’État militaire sanglant de 2005 accompagné d’un coup d’Etat constitutionnel. Cela a eu comme conséquence structurelle que le régime et le système Gnassingbé sont fondés sur une succession monarchique habillée par des changements constitutionnels illégaux, créant un sentiment d’illégitimité originelle, appuyés par une partie de la communauté internationale dont la France qui maintient ses accords secrets de défense à ce système illégal et anticonstitutionnel ;
7.2 Dérive monarchique, confiscation du pouvoir, violation des droits fondamentaux, emprisonnement systématique ou représailles pour forcer à l’exil de nombreux citoyennes et citoyens togolais épris de liberté, de vérité, de justice et de solidarité et donc de vérité des urnes et de vérité des comptes publics. La conséquence structurelle est que la grande majorité du Peuple togolais, y compris dans la Diaspora, subit la confiscation du pouvoir démocratique assortie de la volonté de pérenniser indéfiniment du pouvoir par Faure Gnassingbé et ses affidés. Tout ceci dans l’omerta et le silence des cimetières s’est fait et continue de se faire au détriment d’un Peuple togolais empêché de choisir librement et démocratiquement ses dirigeants, bloquant ainsi toutes les aspirations populaires non sans humiliations diverses et multiples. Autrement dit, aucune alternative politique n’est possible au Togo pacifiquement telles que fonctionnent les institutions autocratiques sous la férule du système Gnassingbé.
7.3 Changement unilatéral en 2024 sans respect du parallélisme de la forme juridique de la Constitution de 1992 adopté par référendum par le Peuple togolais à près de 98 % par 74 % des votants : le passage d’un régime présidentiel-autocratique à un régime parlementaire-autocratique pour permettre un mandat illimité à Faure Gnassingbé tout en supprimant le suffrage universel et le droit de chaque togolais de choisir son dirigeant ne passe pas ! La révision constitutionnelle d’avril 2024, adoptée par l’Assemblée nationale en seconde lecture le 19 avril 2024, a falsifié et bafoué les dispositions originelles non négociables de la Constitution du Peuple togolaise de 1992 (approuvée à 97,6% le 27 septembre 1992), en supprimant arbitrairement la limitation à deux mandats présidentiels et en anéantissant le droit de vote des Togolais de la Diaspora, violations manifestes du principe de souveraineté populaire et de l’intangibilité des droits fondamentaux. Cette modification constitutionnelle constitue un coup d’État constitutionnel qui habille juridiquement la perpétuation du pouvoir de Faure Gnassingbé au-delà de deux mandats, en violation de l’article 59 de la Constitution de 1992 et des principes démocratiques internationaux. Cette réforme illégale et anticonstitutionnelle permet à Faure Gnassingbé de rester au pouvoir sans limite de mandat, contournant la limitation à 2 mandats prévue par la Constitution de 1992. Plus de 87 % des Togolais soutiennent la limitation à 2 mandats en 2017. Or, Faure Gnassingbé n’est plus élu par le Peuple togolais, mais par les députés de l’Assemblée nationale qui ont été sans vérité des urnes et sont fiers d’être une chambre d’enregistrement bénéficiant d’une impunité sans limites et refusent toutes procédures consistant à rendre des comptes au Peuple togolais. C’est ainsi qu’un nouveau poste a été créé dit « le Président du Conseil des ministres[18] ». Ce président du Conseil gouverne pour 6 ans. Il n’y a aucune limite à son nombre de renouvellements. Il est un super-Premier ministre désigné par les députés à sa solde et qui a tous les pouvoirs d’État et dégrade et dévalorise la fonction du « nouveau » Président de la République.
Ces 3 piliers structurels expliquent pourquoi une très grande majorité du Peuple togolais y compris dans la Diaspora appellent à la démission de Faure Gnassingbé pour lui souhaiter son anniversaire : le régime est considéré comme illégitime, violent, illégal, antidémocratique, usurpant la démocratie souhaitée par le Peuple togolais, et plus particulièrement anticonstitutionnel. Il suffit pourtant que la Cour de Justice de la CEDEAO se prononce sur ces points de déni du droit au Peuple togolais. Apparemment, le système Gnassingbé ne souhaite pas se prononcer et ne voit d’ailleurs pas le rapport entre Faure Gnassingbé et l’humiliation du Peuple togolais.
Suite aux travaux indépendants de la Conférence nationale souveraine avec les forces vives de la nation, entre le 8 juillet et le 28 août 1991, les revendications qui ne pourront pas s’arrêter trouvent leurs sources dans la Constitution togolaise d’octobre 1992 approuvée par référendum par le Peuple togolais. Cette Constitution du Peuple dans sa version originelle non modifiée unilatéralement par le système Gnassingbé à plusieurs reprises a été voté le 27 Septembre 1992 à une majorité écrasante avec 97,6 % des suffrages exprimés avec un taux de participation inédit de plus de 74 %[19]. Or, cette Constitution originelle du Peuple avait inscrit comme non négociable « la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels » et le « droit de vote des Togolais de la Diaspora ». Rappelons tout de même que selon Afrobaromètre[20], plus de 87 % des Togolais soutenaient cette limitation à deux du nombre de mandats présidentiels en 2017 contre 85 % en 2014 et 84 % en 2012. Or, il est impossible du fait de la répression du système Gnassingbé de traduire cette volonté du Peuple togolais en une vérité des urnes qui aurait produit l’alternance politique pacifiquement. Autrement dit, Faure Gnassingbé et son système représentent moins de 13 % du Peuple togolais.
8. RECOMMANDATIONS DE RCDTI ET CVU-TOGO-DIASPORA :
RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA réitèrent trois de ces propositions pour redonner espoir au Peuple togolais et sortir du fatalisme :
8.1 Retrouver la force collective : s’unir, s’organiser et agir ensemble de manière non violente
Même face à un pouvoir qui accapare à son profit exclusif les institutions, un peuple uni reste plus fort que la peur. Cela passe par :
-
- le choix de ne pas légitimer le système Gnassingbé ;
- la solidarité entre citoyens sans délation pour de l’argent ;
- la création de réseaux locaux d’entraide et d’information sur la réalité des actions illégales et anticonstitutionnelles du système Gnassingbé ;
- la mobilisation pacifique fondée sur l’article 150 de la Constitution du Peuple togolais ;
- la désobéissance civile non violente lorsque la loi est détournée contre le Peuple.
En effet, l’unité populaire brise l’isolement, neutralise la peur et redonne confiance.
8.2 Utiliser le droit comme arme pacifique : documenter, dénoncer, saisir les juridictions nationales et internationales
Même quand les institutions internes sont affaiblies, le droit reste un outil puissant. Le Peuple togolais peut :
-
- documenter chaque violation ;
- saisir la CEDEAO, l’Union africaine, les rapporteurs de l’ONU ;
- exiger la transparence, la reddition des comptes et la protection des droits fondamentaux ;
- soutenir les avocats, journalistes et défenseurs des droits humains.
Le droit transforme la souffrance en preuves, et les preuves en pression politique. Il s’agit d’une des procédures pacifiques.
8.3 Construire une alternative crédible : préparer une transition démocratique et inclusive
L’espoir renaît quand le peuple se donne les moyens de tracer un chemin clair vers l’avenir. Cela implique :
-
- un projet de transition politique citoyenne ;
- une vision commune basée sur des institutions indépendantes ;
- un programme national pour la jeunesse, la vérité, justice, l’économie, la souveraineté et la souveraineté ; et
- des leaders intègres, issus du peuple, capables de rassembler, et indépendants de Faure Gnassingbé et son système.
Une alternative politique crédible offre au Peuple togolais une raison d’espérer et au pouvoir une raison de céder pacifiquement avec ses droits humains garantis.
En définitive, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA rappellent que même après vingt et un ans d’abus de droit et de pouvoir, un Peuple n’est jamais condamné à la fatalité, encore moins à la fatalité de la soumission. En s’unissant, en utilisant le droit et en construisant une alternative, le peuple togolais peut retrouver sa dignité, sa liberté et sa souveraineté, sans violence, sans chaos, et sans peur.
Le Togo connaît une rupture profonde de l’État de droit sous le système Gnassingbé, marquée par des violations répétées de la Constitution et un usage abusif du pouvoir. Cet inventaire expose clairement les dérives institutionnelles qui ont fragilisé la souveraineté populaire. Le Peuple togolais et sa Diaspora indépendante devront se l’approprier pour mieux préparer le Togo sans le système Gnassingbé.
La Direction du :
Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes et aux citoyennes et citoyens indépendants.
SIGNATAIRES : RCDTI, CVU-TOGO-DIASPORA, PARTENAIRES ET SYMPATHISANTS :
- Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.
- Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
- Mathieu D’ALMEIDA
- Koffi DEKU, Ing.
- François FABREGAT
- Papa KHADIDJA
- De nombreux CITOYENS (ENNES) ont souhaité ne pas voir leur nom figurer en qualité de signataires, par peur de représailles du système Gnassingbé.
Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org
Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de transition politique et du projet de société commun pour l’avenir du Togo.
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© RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA
Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) ————————————
Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) ————————————–
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Notes :
- OMCT (2025a). Déclaration sur les violations des droits humains suite aux manifestations de juin 2025 au Togo. « Déclarations. Répression de la Gen Z au Togo : 48 activistes doivent être libérés (es) de toute urgence ». 22 octobre 2025. In www.omct.org/fr. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/__temp_dskcenfkdhqmbilqkgapxwsjwvewajrhhfps ↑
- Amnesty International (2025). Togo: Violent crackdown on protests and human rights violations. In www.amnesty.org/fr. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/07/togo-repression-protests/ ↑
- Le Monde (2025). « Au Togo, l’arrestation du rappeur Aamron remobilise l’opposition à Faure Gnassingbé ». 13 juin 2025. In www.lemonde.fr. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/13/au-togo-l-arrestation-du-rappeur-aamron-remobilise-l-opposition-a-faure-gnassi ↑
- Amnesty International (2025). Op. Cit. ↑
- OMCT (2025b). Togo : au moins 81 arrestations arbitraires et actes de torture contre les manifestants (es) du 5 et 6 juin. 13 juin 2025. In www.omct.org/fr. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.omct.org/fr/ressources/appels-urgents/togo-au-moins-81-arrestations-arbitraires-et-actes-de-torture-contre-les-manifestant-es-du-5-et-6-juin ↑
- La DMK est un creuset de 7 partis politiques de l’opposition et 7 organisations de la société civile, ayant soutenu la candidature d’Agbéyomé Kodjo à la présidentielle de 2020. ↑
- La DMP est une scission créée en avril 2023 par certains membres de la DMK, suite à des différends entre Mgr Kpodzro et les composantes de la coalition. Elle s’engage pour la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés. ↑
- La Libération démocratique du peuple est une entité, membre de la coalition CNCC avec l’ANC (Alliance nationale pour le Changement). ↑
- La Coalition CNCC est composée des entités suivantes : Les partis ANC, FDR, ADDI, PSR et le mouvement citoyen Togo Debout (incluant potentiellement LDP) ont formé une nouvelle coalition baptisée « Cadre national de concertation pour le changement au Togo » (CNCC) en mai 2026. Cette coalition s’est mobilisée contre les réformes constitutionnelles du pouvoir de Faure Gnassingbé, qui permettent selon eux de consolider son pouvoir. Le Président de l’ANC, Jean-Pierre Fabre, a pris la parole lors de la manifestation du 6 mai 2026 qui relance les contestations populaires. La CNCC a soutenu l’appel du M66 à la journée « Togo en pause » du 6 juin 2026. ↑
- Observatoire des Violations des Droits de l’Homme (2025). Togo : Un rapport international dénonce des violences policières et des violations des droits humains lors des manifestations des 5 et 6 juin. 16 juin 2025. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lo ↑
- Rédaction Togoactualité (2025). « Togo : Un rapport international dénonce des violences policières et des violations des droits humains lors des manifestations des 5 et 6 juin ». 17 juin 2025. In togoactualite.com. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lors-des-manifestations-des-5-et-6-juin/ ↑
- RT France (2025). « Manifestations au Togo : le gouvernement lance des mandats d’arrêt contre le mouvement M66 ». 10 juillet 2025. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://francais.rt.com/news/122934-manifestations-togo-gouvernement-lance-mandats-arret-contre-mouvement-m66 ↑
- Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) (2025). «Togo : au moins 81 arrestations arbitraires et actes de torture contre les manifestants (es) du 5 et 6 juin. FIDH : Paris. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/togo/togo-pour-que-cesse-enfin-la-repression-sanglante-des-manifestant-es ↑
- Nations Unies (1966). Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Adopté le 16 décembre 1966, entrée en vigueur le 23 mars 1976. ↑
- Diène, D. (2005). Report of the Special Rapporteur on contemporary forms of racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance. (Rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme de 2005 sur le Togo). Rapport Doudou Diène – ONU (2005). Réalités des victimes du coup d’État de février 2005. Rapport officiel des Nations Unies – ONU : A/HRC/1/285 (27 avril 2005). 27 août 2005 (mission du 13-24 juin 2005). Accédé le 6 juin 2026. Voir https://reliefweb.int/report/togo/rapport-la-mission-d%C3%A ↑
- African Union/Union africaine (2005). « The Chairperson of the Commission of the African Union confirms the suspension of Togo and expresses AU’s support for the measures taken by ECOWAS against the de facto authorities in Togo ». Press Release No. 03/2005. Addis Ababa, 20 February 2005. In www.sipri.org. Accessed on June 6, 2026. Retrieved from https://www.sipri.org/sites/default/files/2016-03/AU-Togo.pdf ↑
- En février 2005, lors du coup d’État au Togo, Obasanjo était donc officiellement Président de l’Union Africaine et Président du Nigeria. Sa fonction actuelle depuis le 26 août 2021 accordée par les chefs d’Etat de l’Union africaine et non par les Peuples africains est : Haut Représentant de l’Union Africaine pour la Corne de l’Afrique. ↑
- Faure Gnassingbé a prêté serment comme Président du Conseil des ministres le 3 mai 2025. ↑
- Ajansı, A. (2017). « Togo: L’opposition commémore les 25 ans de la Constitution togolaise de 1992 ». 26 septembre 2017. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.aa.com.tr/fr/afrique/togo-lopposition-comm%C3%A9more-les-25-ans-de-la-constitution-togolaise-de-1992/921298. ↑
- Afrobaromètre (2017) AD220. « Les Togolais soutiennent les revendications de l’opposition sauf la démission du Président ». In www.afrobarometer.org. Accédé le 6 juin 2026. Voir https://www.afrobarometer.org/publication/ad220-les-togolais-soutiennent-les-revendications-de-lopposition-sauf-la-demission-du/ ↑





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