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IMPACTS DES TAXES DOUANIÈRES IMPOSÉES PAR DONALD TRUMP SUR L’AFRIQUE : Opportunité pour stopper la corruption, diversifier et s’industrialiser

21 avril 2025 par Yves Ekoué Amaïzo

Interview de Dr. Yves Ekoué AMAÏZO

Directeur Afrocentricity Think Tank

21 avril 2025

yeamaizo@afrocentricity.info


Nom du Journaliste: Mme Samantha Ramsamy, Journaliste indépendante

Média : MULTIPOLAIRE sur Global Africa Telesud

Emission Débat sur l’Afrique : Quel est l’impact des taxes douanières imposées par Donald Trump sur l’Afrique ?

Vendredi 8 avril 2025 diffusée le 21 avril 2025.

Nom des invités à l’émission :

  • M. Brian HURFET, expert en finance internationale et gestion des risques, auteur de The Africa Dream, Editions Panthéon : Paris.
  • Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, économiste et Directeur général de l’Afrocentricity Think Tank, basé en Autriche.

Ecouter le débat sur :

  • https://youtu.be/-477mL5THbM?si=tUKA6kwUjypUNLNN
  • https://www.youtube.com/watch?v=-477mL5THbM

Durée de l’émission : 31 mn 57 secondes.

Lien direct Vidéo : Multipolaire sur Global Africa Telesud

Mise en ligne Afrocentricity Think Tank 21 avril 2025.


Objet /Résumé : Avec ses invités, Samantha Ramsamy, dans son émission Multipolaire, analyse les conséquences économiques de l’impact des taxes douanières imposées par Donald Trump sur l’Afrique. Celles-ci ont des répercussions inquiétantes sur l’économie africaine. Depuis le 9 avril 2025, les produits africains exportés vers les États-Unis sont soumis à des droits de douane supplémentaires allant de 10 % à 50 %, selon les pays et les secteurs concernés. Ces mesures ont touché principalement les exportateurs de matières premières (hydrocarbures et mines) et quelques pays exportateurs dans certains secteurs à faible contenu technologique comme le textile et T-shirt du Lesotho taxé à 50 %, ou le cacao d’Afrique. Toutes ces mesures vont générer des milliers de chômeurs en Afrique.

Ces taxes sont en contradiction avec des accords commerciaux comme la Loi américaine AGOA[1], qui permettait à plus de 6 000 produits, dont au moins 1 000 produits africains d’entrer aux États-Unis sans droits de douane. Néanmoins, il faut savoir qu’avant la décision de Donald Trump, le Lesotho appliquait un droit de douane de 99 % sur les produits américains[2].

Au-delà du choc et la surprise, la réponse des autorités du Lesotho a été automatique. Oui, aller discuter avec l’Administration américaine, mais surtout se focaliser sur une diversification des échanges et changer de partenaires en privilégiant le commerce intra-africain. Le fait d’avoir « dormi » sans prévoir l’avenir incertain apparaît comme une « marque de fabrique » de certains dirigeants africains. La solution pourrait se trouver dans un partenariat avec les pays des BRICS+ élargis. Or, il demeure un problème structurel dans le besoin de rester compétitif avant de pouvoir organiser et assurer une croissance inclusive. YEA.

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Questionnaire proposé à Dr. Yves Ekoué AMAÏZO (YEA) par Samantha Ramsamy (SR)

Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur Afrocentricity Think Tank

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1. SR. Pourriez-vous nous expliquer ce que représentent les tarifs douaniers ?

YEA. Rappelons d’abord que selon les dernières estimations ajustées de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), en comparaison avec 2023, la croissance des importations africaines s’est accélérée en 2025 aux dépens de la croissance des exportations africaines, ce dans le contexte morose d’un commerce mondial en régression (voir Graphique suivant, partie entourée en vert). Une Afrique extravertie a peu de chance de s’en sortir dans un monde de rapport de force.

Graphique : AFRIQUE, VOLUME DES ÉCHANGES DE BIENS, 2023-2026 Exportations, importations africaines et commerce mondial Variation annuelle en pourcentage (%)Un tarif douanier est une taxe imposée sur les biens importés d’autres pays. Ces taxes sont généralement calculées en pourcentage de la valeur totale du produit[3]. Par exemple, si un produit coûte 100 Euro, un tarif qui est une taxe unilatérale d’un Etat est de 10 %, il faut ajouter 10 Euro supplémentaires, ce qui porte le prix total du bien ou service à 110 Euro.

La taxe unilatérale augmente le coût des biens étrangers. L’idée est de produire localement et encourager les consommateurs à acheter des articles produits localement. Or, il faut rester compétitif en produisant localement. Comment produire aux Etats-Unis quand le salaire minimum en moyenne d’un ouvrier coûte autour de 100 Euro par mois dans un pays africain et qu’il coûte 1 600 Euro par mois aux Etats-Unis. Or, les entreprises qui vont accepter de produire aux Etats-Unis iront en « robotisant » ou « automatisant » l’ensemble de leur chaîne de production, réduisant d’autant la création d’emplois aux Etats-Unis. La stratégie de Donald Trump visant à protéger l’industrie américaine en réduisant la dépendance aux importations étrangères est une vision erronée de la géoéconomie mondiale. Donald Trump et ses conseillers comprennent mal au moins deux points importants :

  • l’interdépendance économique dans les échanges de biens et services ;
  • la multipolarité dans les interactions entre les chaînes de valeur de production et d’échanges.

Or, cette ignorance va l’amener à déstabiliser une partie du système de production et de fournitures du capital et des investissements avec comme conséquences une hausse des prix aux Etats-Unis, une perte de valeur du dollar, et vraisemblablement une perte de crédibilité de Donald Trump lui-même, avec le risque de perdre les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

Enfin, il faut prendre en compte les mesures de réciprocité. Concernant les changements de position de Donald Trump qui limite les taxes sur l’ensemble de pays à 10 % environ sauf la Chine où il applique des tarifs douaniers de 145 % sur divers produits, la Chine a rétorqué avec des tarifs douaniers de 135 % tout en précisant qu’au-delà des 100 % déjà, aucun produit ou service américain n’était encore compétitif en Chine. L’arrêt total par la Chine des commandes de BOEING[4], la compagnie américaine en situation financière délicate, devrait faire réfléchir Donald Trump sur des tarifs douaniers unilatéraux. Or, la capacité d’influence et de nuisance n’est plus un monopole unique des Etats-Unis. La Chine ou la Russie sont en train de faire la démonstration que d’autres pays peuvent s’opposer à l’unilatéralisme américain.

La vraie question pour les Africains est de savoir si les dirigeants africains, notamment ceux qui veulent aller négocier individuellement, disposent d’une capacité d’influence et de nuisance sur le Etats-Unis. Nombreux sont ces dirigeants africains qui risquent seulement d’aller faire « allégeance ». La résultante de ce « deal usurier » est qu’une partie importante de leurs matières premières, voire des parties de leurs territoires :

  • pourraient générer des recettes sous forme de concessions qui échappent au budget de l’Etat et donc ne profitent pas aux populations africaines ; ou
  • être usurpées ou annexées par des entreprises multinationales en charge, ou plus subtil, transformées en une scission du territoire grâce à une décentralisation totale des pouvoirs et de la fiscalité, qui ne profiteraient plus ou très peu à l’Etat central ; ou enfin
  • être gérées comme un espace dominé par une entité étrangère, sous forme d’une procuration de l’Etat qui impose le « deal » à ses conditions ou au travers de représentants locaux, africains ou pas, prêts à placer les intérêts des étrangers au-dessus de ceux du Peuple africain.

2. SR. Est-ce que les tarifs douaniers peuvent réellement servir d’outil de protectionnisme et de réindustrialisation locale selon Donald Trump ?

YEA. Je rappelle qu’un tarif douanier est une taxe imposée unilatéralement sur les biens ou services importés ou exportés d’un pays[5]. Il sert à protéger l’économie nationale, en rendant les produits étrangers plus chers et en encourageant la consommation de biens locaux. Il peut aussi être utilisé comme un outil de politique commerciale pour réguler les échanges internationaux ou encore, il peut servir à favoriser l’exportation des biens et services d’un pays… Indirectement, c’est un outil de capacité d’influence et de capacité de nuisance, et c’est dans ce dernier sens qu’il importe de le comprendre pour tous pays qui ne disposent pas ou refusent d’organiser collectivement, leur capacité d’influence et de nuisance. Ce qui est le cas des dirigeants africains pour le moment, sauf quelques pays comme le Burkina-Faso, le Mali et le Niger regroupés dans le cadre de l’Alliance des Etats du Sahel. En supprimant les tarifs douaniers, les pays concernés favorisent le libre-échange entre leurs membres. Cette fluidité favorise la croissance économique. Or, les pays africains ne donnent pas de priorité à cet aspect dans la pratique et s’arqueboutent sur des tarifs douaniers comme la possibilité d’avoir des revenus et des recettes non négligeables pour les Etats.

Mais pour Donald Trump, les tarifs douaniers sont un outil clé pour protéger l’industrie américaine et imposer une réindustrialisation à la vitesse grand V. Il croit pouvoir rendre les produits importés plus chers et donc moins compétitifs, incitant ainsi les consommateurs et les entreprises américains à privilégier les produits fabriqués aux Etats-Unis. Ce qui devrait pour Donald Trump générer de nombreux emplois aux Etats-Unis notamment dans des secteurs comme l’automobile et la sidérurgie, mais pas seulement. Mais, les effets attendus risquent d’être moindres, voire inexistants du fait même de l’interdépendance de l’économie américaine et surtout les mesures de rétorsion et de réciprocité des pays disposant d’une capacité d’influence et de nuisance qui n’hésiteront pas à répondre à Donald Trump. La Chine a déjà montré les griffes du « dragon ».

L’inflation va s’accélérer, les tensions commerciales avec des partenaires importants comme la Chine vont grandir, et les négociations avec les pays alliés risquent de réduire à une portion congrue les mesures de Donald Trump, notamment entre les Etats-Unis et les pays européens.

3. SR. Est-ce que Donald Trump a une volonté de rééquilibrer ses comptes et payer sa dette colossale ?

YEA. En tous cas, c’est ce que Donald Trump annonce. Pourtant, la volonté de rééquilibrer la balance commerciale et la balance des paiements des Etats-Unis par Donald Trump, permettez-moi d’en douter puisqu’il s’agit d’assurer des recettes aux entreprises multinationales qui l’ont financé pour acquérir le pouvoir. Le discours n’est pas nécessairement la réalité de la pratique. En assurant à ces entreprises multinationales américaines de nouveaux marchés, les recettes et les dividendes risquent de n’entrer dans les « caisses » de l’Etat qu’à des niveaux extrêmement faibles en termes de fiscalité puisqu’il n’est pas question d’augmenter les taxes sur ces entreprises. En 2025, Trump a retiré les États-Unis de l’accord international sur la taxation minimale des multinationales, lequel prévoyait un taux de 15 % sur les bénéfices des grandes entreprises. Pourtant, aucune de ces grandes entreprises ne paye ce taux à l’Etat, tant diverses déductions et stratégies d’optimisation fiscale permettent de réduire ce taux d’imposition[6].

De fait, la plupart de ces entreprises transnationales qui ont soutenu Donald Trump, au moins pour la plus grande partie, se sont organisées pour payer une taxe lilliputienne aux Etats-Unis tout en ayant contribué fortement à la désindustrialisation aux Etats-Unis au cours des trois (3) décennies passées. Or, c’est cela qui a contribué à l’augmentation du chômage et aux déclassements de la classe moyenne aux Etats-Unis.

Donald Trump en est-il conscient ? Bien sûr que oui ! Ce qui veut dire que les objectifs réels du système Trump sont à rechercher dans des considérations idéologiques, voire messianiques à l’envers.

Pour les Africains, cela peut se résumer à une succession de processus abusivement appelés « deals » ou « négociations unilatérales » risquant d’aboutir dans la plupart des cas à : de l’imprévisibilité, de l’ingérence, de l’alignement, des sanctions, des transactions défavorables, et parfois des annexions[7].

Les dirigeants doivent agir collectivement pour augmenter leur capacité d’influence, à défaut de rester vigilants et œuvrer réellement dans l’intérêt de leurs peuples et non dans leurs propres intérêts ou ceux de leurs affidés claniques ou de « réseaux ».

4. SR. Quels sont les pays les plus touchés en Afrique par les tarifs douaniers unilatéraux de Donald Trump ?

YEA. En 2024, les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump aux pays africains ont affecté au moins 51 pays africains[8]. Les taux varient entre 10 % et 50 %, avec des pays comme le Lesotho, Madagascar et Maurice parmi les plus touchés[9].

Les plus touchés : Le Lesotho touché par les tarifs douaniers les plus élevés au monde, soit 50 %, suivi de Madagascar avec 47 %, Maurice avec 40 %, l’Afrique du Sud avec 31 % , et 21 % pour la Côte d’Ivoire, affectant des produits clés comme le cacao, le café et l’anacarde. Pour le Ghana, les droits de douane étaient fixés à un minimum de 10 %. Voici quelques exemples.

Lesotho : Le ministre du Commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, a déclaré que ces augmentations pourraient coûter au moins 12 000 emplois et entraîner la fermeture de 11 usines[10]. Mais le ministre a omis d’expliquer qu’avant la décision de Donald Trump, le Lesotho appliquait un droit de douane de 99 % sur les produits américains . Le roi Letsie III du Lesotho craint de perdre entre 30 000 à 40 000 emplois[11].

Alors, avec plus de 10 % de son PIB provenant des exportations vers les Etats-Unis, le Lesotho n’avait pas d’autres options que d’aller discuter avec l’Administration américaine, et de rechercher en urgence une diversification des échanges en changeant de partenaires. Il faudra pour cela privilégier le commerce intra-africain et extra-régional avec les BRICS+ élargis. Le fait d’avoir « dormi » sans prévoir l’avenir incertain apparaît comme une « marque de fabrique » de certains dirigeants africains. Mais rien ne vaut un investissement dans la chaine de valeurs « textile et habillement » en prenant en compte le positionnement du Lesotho dans la production sectorielle mondiale. Autrement dit, il s’agit d’organiser la compétitivité effective de ce pays. De fait, l’AGOA[12] n’a servi qu’à retarder cette échéance. Au-delà du libre-échange, c’est bien l’allergie des certains dirigeants à anticiper les compétitions dans un monde incertain et en concurrence permanente qui demeure le problème de fond.

Côte d’Ivoire : C’est le 3 avril 2025 que les Etats-Unis ont fait comprendre que la Côte d’Ivoire subira des tarifs douaniers de 21 % parce que ce pays ferait subir aux Etats-Unis des taxes de 41 % sur les produits américains[13]. Entre les produits comme le cacao, l’anacarde (noix de cajou) et l’hévéa non transformés, ce sont près de 1 million de familles dans les zones rurales productrices, dans la logistique et dans l’emballage de ces matières premières qui risquent de perdre leurs marges bénéficiaires ainsi que leurs parts de marché aux Etats-Unis. La réalité est que les poches de corruption et de spéculateurs dans le secteur pourraient diminuer.

Madagascar. Subissant un tarif douanier de 47 %, c’est toute l’industrie textile qui perdrait au moins 60 000 emplois.

Afrique du sud. C’est le paradoxe de Donald Trump qui a exempté certains produits de droits de douane, principalement les minéraux et l’énergie. Cette exemption exceptionnelle permet de parler d’un futur avantage – l’AGOA à la carte – même si l’AGOA prend fin avant la fin de l’année, en principe en septembre 2025.

En définitive, il devient urgent pour les dirigeants africains de repenser leur approche de l’Union africaine pour penser en termes d’interdépendance africaine. Ce concept leur permet de mieux s’organiser collectivement au niveau des secteurs, des marchés, des biens, des capitaux, des services… Une approche plus adaptée pour s’organiser dans un monde incertain et imprévisible et surtout retrouver une capacité d’influence et peut-être de nuisance, un des moyens de se faire respecter dans le monde géoéconomique et géostratégique d’aujourd’hui. A ce titre, il faut faire des analyses globales, sectorielles, par produit et par marchés, le tout dans un cadre de concurrence avec en filigrane la possibilité d’être compétitif dans un marché avec des tarifs douaniers proches de Zéro. Or, les décisions des dirigeants africains ne se prennent pas dans ce cadre. D’où la surprise, et l’approche de la sollicitation en position de faiblesse.

Cette faiblesse congénitale de la conception des dirigeants africains de se présenter en rangs dispersés face aux pays à capacité d’influence et de nuisance forte est la plus mauvaise qu’il soit. Cela doit changer.

5. SR. Dans ce cadre des analyses globales, quel pourrait être le niveau du solde commercial entre les Etats-Unis et l’Afrique ?

YEA. Il faut distinguer entre un solde global où l’Afrique exporte plus aux Etats-Unis et la composition structurelle de ces échanges à savoir entre les biens et les services : il s’agit principalement de matières premières non transformées (hydrocarbures, mines et textiles, 1er niveau de la transformation comme les T-Shirt…). Quasiment rien dans les services. Donc cela empêchait en fait l’industrialisation de l’Afrique.

En 2024, les États-Unis ont enregistré un déficit commercial global, mais les échanges avec l’Afrique varient selon les pays et les secteurs. Par exemple, les États-Unis ont importé pour environ 1 milliard de dollars de marchandises depuis la Côte d’Ivoire, principalement du cacao et des produits agricoles, tandis qu’ils ont exporté pour 596,6 millions de dollars de produits vers ce pays. Cela reflète un excédent commercial en faveur de la Côte d’Ivoire dans ce cas précis.

6. SR. Quels sont les pays africains qui présentent un solde de la balance commerciale positif en 2024 ?

YEA. En 2024, plusieurs pays africains ont enregistré un solde de la balance commerciale positif. Parmi eux, on peut citer les cinq (5) premiers :

  • Angola : Excédent de 4 788 millions USD en décembre 2024, soit 90 % de ses exportations totales ;
  • Congo : Excédent de 1 601 millions USD en décembre 2024 ;
  • Nigeria : Excédent impressionnant de 1 038 millions USD (soit 1 662 290 millions NGN) en septembre 2024 ;
  • Algérie : Avec un excédent de 982 millions USD en mars 2024 ;
  • Libye : Excédent de 118 millions USD (soit 104 506 millions LYD) en décembre 2024.

Autrement dit, l’Angola a subi des tarifs douaniers américains à hauteur de 32 %, la République du Congo à hauteur de 11 %[14] et le Nigéria à hauteur de 14 %.

Un tarif unique de 10 % américain est appliqué sur plusieurs pays : l’Égypte, le Maroc, le Kenya, la Tanzanie, le Sénégal, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Ghana, le Gabon, le Togo, la République du Congo, Djibouti, le Rwanda, la Sierra Leone, la Guinée, le Mali, l’Eswatini, le Libéria, le Soudan du Sud, les Comores, le Cap-Vert, le Burundi, la Mauritanie, la Gambie, la République centrafricaine, l’Érythrée et la Guinée-Bissau[15]. Il faut rappeler que les plupart de ces pays n’avaient fait qu’appliquer une réciprocité de 10 %. Or, non content de cet équilibre, Donald Trump impose unilatéralement un montant additionnel de 10 %, en espérant qu’il n’y aura ni discussions, ni négociations !!! Un abus de pouvoir en géoéconomie.

7. SR. Quelles sont les conséquences de ces taxes pour ces pays et les économies africaines ?

YEA. L’augmentation unilatérale des tarifs douaniers a des conséquences directes et indirectes sur les pays africains. On peut citer au moins trois conséquences directes.

  • La réduction des exportations : Les produits africains deviennent moins compétitifs sur les marchés internationaux, ce qui entraîne une baisse des exportations.
  • La perte des industries locales avec chômage massif au plan local: les industries locales qui dépendent des exportations vont subir des pertes importantes, entraînant des licenciements et une diminution des revenus.
  • La perturbation des relations commerciales et mise en valeur de l’absence de volonté réelle d’avancer vers l’intégration régionale et l’économie de proximité : Les hausses tarifaires peuvent compliquer les accords commerciaux existants et nuire aux relations économiques entre les pays concernés.

Rappelons que les pays les plus touchés incluent ceux qui bénéficiaient de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), comme le Lesotho, Madagascar, Maurice et l’Afrique du Sud. Tous ces pays vont devoir faire face à la perte de milliers d’emplois suite à des fermeture d’usines, et une absence de compétitivité en dehors des « avantages AGOA ». Les Etats-Unis n’ont donc pas aidé les dirigeants africains à se prendre en charge, au contraire.

8. SR. Les pays africains exportent plus qu’ils n’importent. Pourtant, ce qui devrait être considéré comme une bonne nouvelle ne semble plus l’être avec les taxes douanières américaines ? Qu’en pensez-vous ?

YEA. En 2020, les États-Unis importaient davantage de matières premières comme le pétrole brut et les minerais. Au cours de la même année de 2020, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique étaient dominés par les importations américaines de matières premières comme le pétrole brut et les minerais. Le déficit commercial global était estimé à environ 4 milliards de dollars en faveur des pays africains

En 2024, les échanges ont évolué avec une diversification des exportations africaines, notamment dans les produits agricoles et manufacturés, mais le déficit commercial global reste en faveur des États-Unis. En 2024, les exportations africaines se sont diversifiées, notamment avec une augmentation des produits agricoles et manufacturés. Cependant, le déficit commercial global a légèrement diminué, atteignant environ 3,5 milliards de dollars en faveur des pays africains.

Or, il faut repenser l’approche des dirigeants africains en se concentrant sur la valeur ajoutée, les contenus technologiques, la diversification et l’importance des services financiers d’accompagnement des entreprises[16].

Oui, le problème n’est pas la quantité exportée, mais bien la qualité et l’importance du niveau technologique et de valeurs ajoutées contenues dans les biens et services exportés tout en restant compétitif. Par ailleurs, sur les services, l’Afrique est structurellement déficitaire.

9. SR. Avec la ZLECAF, la zone de libre-échange continentale africaine, quelles sont les chances de résilience des pays africains ?

YEA. La réalité est qu’il n’y a que 8 sur 56 pays qui sont véritablement engagés pour opérationnaliser la ZLECAF. La ZLECAF ne pourra pas arriver à un tarif zéro pour l’ensemble des pays engagés avant au moins 10 à 20 ans. En 2024, plusieurs pays africains ont approuvé et participé activement à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Parmi eux, au moins huit sont :

  1. Ghana
  2. Cameroun
  3. Rwanda
  4. Kenya
  5. Maurice
  6. Égypte
  7. Tanzanie
  8. Afrique du Sud

Ces pays ont démontré leur volonté d’œuvrer dans le cadre des modalités préférentielles de la ZLECAF, et soutenir ainsi le commerce intra-africain. Or, un marché intégré en Afrique fonctionne comme le fromage gruyère où quelques pays acceptent de jouer le jeu, et d’autres refusent ou font semblant…

Certains pays sont dans une logique de faire baisser leurs tarifs douaniers sur les produits. Voici l’exemple des droits de douane moyens de quelques pays ciblés : Algérie, 8,85 % ; Maroc, 6,63 %, Mauritanie, 8,67 %, Tunisie, 9,35 %, et l’Égypte, 6,63 %[17].

Voici les niveaux moyens des tarifs douaniers de pays au sud du Sahara : Afrique du Sud, 4,32 %, Cameroun, 12,70 %, Ghana, 10,79 %, Kenya, 12,25 %, Maurice, 0,80 %, l’un des plus bas en Afrique, Rwanda, 7,33 %, Tanzanie, 8,62 %.

Donald Trump utilise les tarifs douaniers comme le ferait n’importe quel patron d’une mafia sicilienne… entre « racket » et abus de droit, chacun pourra choisir le mot qui convient. Mais il y a manifestement un non-respect manifeste des règles internationales et de celles de l’Organisation mondiale du Commerce, très silencieuse, bien que dirigée par une Africaine, La nigériane Mme Ngozi Okonjo-Iweala, qui a été reconduite pour un second mandat à partir du 1er septembre 2025, bien avant l’arrivée de Donald Trump qui ne voulait pas d’elle avant l’arrivée de Joe Biden au pouvoir. Elle demeure néanmoins très préoccupée par les conséquences des politiques américaines d’application de tarifs douaniers unilatéraux sur le commerce mondial, en général, sur les économies vulnérables en particulier. Elle a aussi mis en garde contre un possible « découplage commercial » entre les États-Unis et la Chine, avec comme conséquence probable une baisse du commerce mondial de marchandises jusqu’à 1,5 % en 2025[18].

Or, la séparation progressive des économies de deux pays ou blocs économiques qui étaient auparavant fortement intégrés risque de s’appliquer à plusieurs autres économiques, ce qui ne peut se traduire que par une réduction des échanges commerciaux, des investissements et des collaborations technologiques entre les pays et opérateurs économiques amoindris et l’instauration progressive de la méfiance et de la défiance. Un monde encore plus imprévisible. Or, c’est justement la stratégie de Donald Trump d’agir dans un environnement déstabilisé.

10. SR. Quels sont les principaux produits échangés dans la ZLECAF par les huit (8) pays que vous avez mentionnés ?

YEA. Dans le cadre de la ZLECAF, les produits échangés par des pays comme le Ghana, le Cameroun, le Rwanda, le Kenya, Maurice, l’Égypte, la Tanzanie et l’Afrique du Sud incluent une variété de biens bénéficiant de préférences tarifaires[19]. Parmi les 96 produits qui peuvent être échangés librement avec des préférences tarifaires, on trouve :

  • produits pharmaceutiques : médicaments et équipements médicaux ;
  • caoutchouc : utilisé dans diverses industries, notamment automobile ;
  • pâtes alimentaires : un produit de base pour de nombreux pays ;
  • thé et café : exportés par des pays comme le Kenya et le Rwanda ;
  • acier et bois : matériaux de construction et industriels ;
  • fruits secs et sucre : produits agricoles transformés.

Ces échanges visent à renforcer le commerce intra-africain et à tester les infrastructures commerciales et juridiques de la ZLECAF. L’AGOA devrait se terminer en septembre 2025 et devrait évoluer avec vraisemblablement un autre nom vers une sorte d’AGOA à la carte, ce que Donald Trump est déjà en train de faire.

11. SR. Les pays africains peuvent-ils atténuer les impacts des super taxes imposées par les Etats-Unis ?

YEA. Les réponses sont contenues dans une approche intégrant les éléments suivants :

  1. Diversification des marchés : réduire leur dépendance aux exportations vers les États-Unis en explorant d’autres marchés internationaux, notamment en Asie et en Europe ;
  2. Renforcement du commerce intra-africain : exploiter la ZLECAF pour stimuler les échanges entre pays africains et réduire la dépendance aux marchés extérieurs ;
  3. Ajout de valeurs ajoutées et de contenus technologiques dans les produits exportés : Investir dans des industries locales pour transformer les matières premières en produits finis en s’assurant que les produits exportés contiennent au minimum des contenus technologies à moyen ou haute valeur ajoutée, augmentant ainsi leur compétitivité et permettant de tenir face à la concurrence ;
  4. Assurer des négociations commerciales collectives et par secteurs, produits, marchés, mais jamais en y allant en rang dispersé : collaborer avec des blocs régionaux ou sectoriels pour négocier des accords commerciaux plus favorables avec les États-Unis, mais aussi avec la Chine, la Russie et d’autres ;
  5. Soutien à l’entrepreneuriat, aux PME/PMI et aux entreprises conjointes opérant en Afrique avec comme objectif de créer des emplois décents : fournir des incitations, des soutiens, des accompagnements et des subventions notamment fiscaux aux petites et moyennes entreprises pour les aider à s’adapter aux nouvelles conditions commerciales, sans oublier la digitalisation et les services financiers ;

Toutes ces mesures, qui ne sont pas exhaustives, peuvent aider à réduire les impacts négatifs des taxes unilatérales des Etats-Unis et à renforcer la résilience économique des pays africains.

12. SR. Comment s’y prendre, selon Afrocentricity Think Tank ?

YEA. Il faut d’abord se rendre à l’évidence que les décisions de Donald Trump sont contreproductives pour le commerce mondial. Selon le rapport d’avril 2025 « Perspectives et statistiques du commerce mondial » de l’Organisation mondiale du commerce, les perspectives du commerce mondial se sont « fortement détériorées » suite aux décisions unilatérales d’imposition de tarifs douaniers du Président Donald Trump. Cela a conduit à des augmentations de droits de douane inappropriés et à augmenter les incertitudes et l’imprévisibilité des politiques commerciales. Selon l’OMC et « sur la base des droits de douane actuellement en vigueur, et en tenant compte d’une suspension de 90 jours des « droits de douane réciproques », le volume du commerce mondial de marchandises devrait maintenant diminuer de 0,2 % en 2025[20] », soit une chute de près de 3 % par rapport aux prévisions. Les pays les moins avancés, surtout ceux d’Afrique seront les premiers et les plus touchés. Le monde et l’Afrique en particulier ne peuvent accepter de servir de « vache à lait » pour les intérêts de multimilliardaires américains.

La Chine a été la plus durement touchée avec des droits de douane unilatéraux américains sur les importations chinoises établis à 145 % en avril 2025[21]. Mais la Chine a riposté en imposant des droits de douane allant jusqu’à 125 % sur les importations américaines, étant entendu qu’au-delà de 100 %, aucun des produits américains en Chine ne sont compétitifs.

Pour diversifier leurs marchés, les pays africains pourraient privilégier les régions suivantes :

  • Asie : Les marchés asiatiques, notamment la Chine et l’Inde, offrent une forte demande pour les matières premières et les produits agricoles africains ;
  • Europe : L’Union européenne est un partenaire traditionnel qui peut être renforcé par des accords bilatéraux et une augmentation des exportations de produits manufacturés ;
  • Amérique latine : Bien que moins explorée, cette région présente des opportunités pour des échanges agricoles et technologiques ;
  • Intra-africain : La ZLECAF elle-même est une plateforme idéale pour stimuler le commerce entre les pays africains.

Mais rien ne fonctionnera pour les dirigeants africains sur le long-terme si ces derniers ne réorientent pas leurs échanges (exportation comme importation) autour de la complémentarité.

Pour cela, les pays africains peuvent exploiter leurs atouts respectifs pour créer des chaînes de valeur régionales. Les exemples suggérés sont à analyser en détail mais obligent les dirigeants africains à considérer l’agenda 2063 de l’Union africaine avec plus de sérieux et surtout de délégation de pouvoir dans le cadre du subsidiarités consenties et respectées :

  • Les pays riches en ressources naturelles, comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, peuvent fournir des matières premières.
  • Les pays ayant une industrie manufacturière développée, comme le Kenya et Maurice, peuvent transformer ces ressources.
  • Les pays agricoles, comme le Ghana et le Rwanda, peuvent fournir des produits alimentaires.

Il ne pourra pas y avoir de renforcement de la ZLECAF sans la volonté politique au moins des 8 pays engagés dans la mise en œuvre de la zone. Pour cela, il faudra absolument une nouvelle forme d’inclusivité avec l’association des acteurs du secteur privé et de la société civile, ce sans intimidations… Sans volonté politique, rien n’est possible. Aussi, si celle-ci est au rendez-vous, les actions opérationnelles suivantes peuvent servir de points de départ :

  • Le non-interventionnisme de l’Etat dans les affaires du secteur privé, mais des incitations
  • engagement des acteurs privés : Encourager les entreprises à investir dans les infrastructures et les échanges commerciaux ;
  • l’éducation, la sensibilisation et la valorisation du savoir, de l’efficacité et de la perfection : Informer les populations et les entreprises des avantages de la ZLECAF ;
  • les contenus technologiques, appropriation et diffusion : utiliser des plateformes numériques pour faciliter les échanges et réduire les barrières administratives tant entre les acteurs qu’entre les zones à l’intérieur des pays, et entre les pays ;
  • la promotion de partenariats de souveraineté en associant plus avant la Diaspora africaine sans négliger les conseils contradictoires entre les organisations internationales ou bilatérales pour obtenir des conseils et structurer des stratégies de financement qui n’augmentent pas les dépendances et les servitudes.

Ces quelques stratégies et approches devraient soutenir les pays qui se sont engagés véritablement à surmonter les obstacles et maximiser les bénéfices de la ZLECAF.

13. SR. Pour l’instant, il n’y a pas véritablement de réactions africaines concertées sur ce qui se passe. Pourquoi à votre avis ?

YEA. Les raisons pour lesquelles certains dirigeants africains ne réagissent pas fermement aux mesures de Trump peuvent être complexes et multifactorielles. Voici quelques éléments à considérer :

  1. formatage des cerveaux et des conceptions du monde contre les intérêts des peuples africains
  2. dépendance économique : De nombreux pays africains dépendent des échanges commerciaux avec les États-Unis, ce qui limite leur capacité à prendre des mesures fortes sans risquer des répercussions économiques.
  3. manque de solidarité régionale : L’absence d’une réponse unifiée au niveau continental peut affaiblir la capacité des pays africains à négocier collectivement.
  4. priorités nationales : Certains dirigeants peuvent être plus concentrés sur des enjeux internes, comme la stabilité politique ou économique, plutôt que sur les relations internationales.
  5. influence géopolitique : Les États-Unis exercent une influence significative sur le continent, ce qui peut dissuader certains gouvernements de s’opposer directement à leurs politiques.

Ces dynamiques reflètent des défis structurels et stratégiques et des interdépendances car beaucoup de dirigeants doivent s’aligner ou structurer un partenariat hybride au sein ou à côté d’organisations telles que l’OTAN ou les BRICS+ élargis. Pourtant, chacun recherche les voies et moyens d’approfondir les moyens d’assurer sa souveraineté.

14. SR. Le pétrole et les minerais africains ne subissent pas les taxes unilatérales de Donald Trump comme c’est le cas pour d’autres produits du cacao, le textile, le café, etc.

YEA. Les exemptions de Donald Trump ne sont pas anodines. La politique de Trump derrière l’exemption de certains produits des surtaxes douanières semble être motivée par des considérations stratégiques et économiques. Par exemple, les produits électroniques comme les smartphones et les ordinateurs ont été exemptés pour éviter une hausse des prix qui aurait impacté les consommateurs américains. De plus, certains produits essentiels pour les industries américaines, comme les semi-conducteurs et les appareils de stockage solide, ont également été exemptés.

Il y a donc bien une volonté du Président américain de protéger les secteurs clés de l’économie américaine tout en maintenant « plus » qu’une pression, pour ne pas dire « une intimidation » sur les partenaires commerciaux. Pour Donald Trump, c’est le client qui fixe les prix ! et non le vendeur !

Or, l’Afrique ne doit pas accepter cela. La diversification demeure la seule solution à court et moyen-terme, même si des négociations doivent être tentées. Mais personne ne doit être dupe de déstabilisation possible en Afrique et d’ailleurs en cours ici et là avec mercenaires et terroristes convertis en « djihadistes – vrais ou faux » à la solde d’intérêts étrangers.

15. SR. Quels sont les produits exemptés sous AGOA par les Etats-Unis ?

YEA. Les États-Unis ont exempté certains produits africains de droits de douane dans le cadre de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Voici cinq exemples :

  1. textiles et vêtements : Les produits fabriqués en Afrique bénéficient souvent d’exemptions pour stimuler l’industrie textile.
  2. produits agricoles : Certains fruits, légumes et produits transformés sont exemptés pour encourager les exportations agricoles.
  3. minéraux : Des matières premières comme l’or ou le diamant brut peuvent être exemptées.
  4. produits manufacturés : Certains biens finis, comme les pièces automobiles, sont inclus.
  5. produits artisanaux : Les objets d’art et d’artisanat africains sont souvent exemptés pour promouvoir la culture.

Ces exemptions visent à renforcer les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique. Pourtant en mettant des taxes unilatérales exorbitantes, Donald Trump donne le signal aux dirigeants africains qu’il ne veut plus de « renforcement des échanges commerciaux » en dehors des produits dont les Etats-Unis ont besoin, et si possible sans transformation. Donald Trump serait donc contre l’industrialisation de l’Afrique, mais ne le dit pas tout haut.

C’est une des raisons pour lesquelles les exemptions dans le cadre des nouveaux tarifs douaniers imposés par Donald Trump en 2024 sont limitées et ciblées. Les produits africains qui ont échappé à ces taxes incluent principalement des matières premières stratégiques comme certains minerais rares et des produits agricoles spécifiques, tels que le cacao et le café. Ces exemptions visent à maintenir l’accès à des ressources essentielles pour les industries américaines. Depuis 25 ans, la Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA), qui donne un accès non réciproque et sans droits de douane au marché des États-Unis pour la plupart des exportations de 32 pays subsahariens, n’intéresse plus le Président américain. AGOA supprimée ou pas en septembre 2025[22], il y a de grandes chances que l’AGOA, sous une autre forme, évolue vers une forme de bilatéralisation à la carte de l’accès non réciproque et sans droits de douane aux marchés américains.

Une des ripostes possibles et efficaces pour les dirigeants africains est de s’organiser collectivement autour des biens et services qu’ils souhaitent importer ou exporter, et profiter de la transition pour une diversification, une accélération de l’intégration dans la ZLECAF et une industrialisation accélérée par des partenariats avec les pays du BRICS+ élargis et les alliances du BRICS+.

Les pays africains doivent obligatoirement se coordonner sur les biens, les services, les marchés et les secteurs afin de présenter une réponse commune et augmenter leur capacité d’influence.

16. SR. La Zone de libre-échange continentale africaine (la ZLECAF) peut-elle jouer un rôle décisif pour exporter les matières premières sur le sol africain ?

YEA. Oui, la ZLECAF peut jouer un rôle clé dans l’exportation des matières premières sur le sol africain en :

  • Augmentant le nombre de pays participants, effectivement de 8 actuellement, à au moins la moitié des 56 pays africains, ce qui veut dire que les frontières sont plus ouvertes et les visas délivrés rapidement en attendant l’absence de visas ;
  • La réduction des barrières commerciales avec l’objectif de supprimer les droits de douane et les restrictions commerciales entre les pays africains d’ici 2030. Cela permet aux producteurs de matières premières d’accéder plus facilement aux marchés voisins sans subir de coûts excessifs, et à des investisseurs africains d’installer des industries couvrant un marché régional ou continental tout en favorisant ainsi le commerce intra-africain autour de 16 % actuellement ;
  • Le développement des chaînes de valeur régionales et des contenus technologiques avec des incitations pour les échanges entre pays africains et la transformation locale des matières premières plutôt que leur exportation brute vers des marchés extérieurs et la promotion du « consommer local ». Les incitations pour promouvoir l’industrialisation et la création d’emplois sur le continent devraient se négocier dans le cadre de partenariat avec les pays du BRICS+ élargis en priorité.

Selon le secrétaire général de la Zlecaf, Wamkele Mene, « sur les 47 pays qui ont ratifié la zone de libre-échange continentale africaine, 31 rejoindront l’initiative dite de commerce guidé… ». Cela se fera en parallèle avec l’utilisation du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), afin de procéder aux paiements transfrontaliers instantanés en monnaies locales entre les marchés africains. Le FMI a estimé que la ZLECAf qui devrait augmenter le commerce intra-africain de 53 %, ce qui devrait rendre le marché du continent très attractif avec 1,3 milliard de consommateurs potentiels[23].

17. SR. Parmi les solutions, vous préconisez donc de basculer plus encore vers la Chine, les BRICS et l’Union européenne ?

YEA. Oui. La réalité est que l’Administration Donald Trump, sans rétropédalage d’ici septembre 2025 avec la poursuite de l’AGOA, force l’Afrique à la diversification avec des partenaires comme la Chine, la Russie, le Brésil et plus largement les BRICS+ élargis, mais aussi l’Union européenne. Le tout doit pouvoir se faire dans une approche anticipée, négociée et complémentaire :

  1. Chine : La Chine, un partenaire commercial majeur pour l’Afrique, continuera à soutenir les investissements massifs dans les infrastructures et les matières premières. Sauf qu’il va falloir insister plus pour des délocalisations d’industries manufacturières et des technologies dans la digitalisation et le contrôle des données et de la cartographie.
  2. BRICS+ élargis : Au sein des pays BRICS avec 10 pays, il y a des complémentarités qu’il faudra organiser et proposer. Si l’Inde ou le Brésil peuvent absorber une partie des produits agricoles africains et faciliter la transformation en Afrique, la Russie par exemple pourrait avoir une spécialisation sur la sécurité et les ressources énergétiques, et la Chine continuer à soutenir les méga-infrastructures physiques comme digitales ;
  3. L’Union européenne : L’UE en tant que partenaire traditionnel sera conduite à revoir ses Accords de Partenariat Économique (APE) à la lumière de plus de justice et de conditions plus favorables pour les produits agricoles et manufacturés africains ;

Cependant, pour maximiser ces opportunités, il est crucial de renforcer les infrastructures de base notamment sanitaires et éducationnelles afin d’améliorer la qualité des produits exportés et de diversifier les économies locales.

18. SR. Faut-il craindre au final que le continent africain devient un terrain de jeu principal de la guerre commerciale sino-américaine ?

YEA. Oui, il est possible que l’Afrique devienne un terrain de jeu principal dans la guerre commerciale sino-américaine, et cela pourrait avoir des implications profondes pour le continent. En effet, il y a sur le terrain :

  1. Une véritable compétition pour les ressources entre les États-Unis et la Chine qui cherchent à sécuriser des ressources stratégiques comme les minerais rares et les produits agricoles. L’Afrique, riche en ces ressources, devient un enjeu clé. Mais d’autres pays émergents ne sont pas en reste ;
  2. Une volonté d’investissements massifs sélectifs qui pourraient ne pas arranger les populations africaines notamment dans les cas d’expropriation et d’annexion de territoires entiers, de mines et autres capacités productives ;
  3. Les intimidations et les pressions géopolitiques et géoéconomiques qui conduisent à empêcher l’unité des approches africaines, contraints que sont certains dirigeants à choisir entre les deux puissances et limiter les marges de manœuvre économique et politique.

Cependant, cette situation pourrait aussi offrir des opportunités pour l’Afrique en mettant les principaux protagonistes en compétition. Cela permettra de négocier des accords commerciaux avantageux et faciliter l’opérationnalisation de l’introduction des contenus technologiques dans les chaînes de valeur locales et la participation de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales dans des conditions de résilience en termes de concurrence et compétitivité.

19. SR. Votre mot de fin : Opportunité ou pas pour l’Afrique les tarifs douaniers de Donald Trump ?

YEA. Avec ce sursis de 90 jours, les pays africains pourraient profiter de ce répit pour se coordonner en interne et présenter une réponse commune, biens, services, marchés et secteurs d’intérêts communs surtout dans l’éventualité que Donald Trump décide unilatéralement d’un éventuel rétablissement des hausses des tarifs douaniers. Ils devraient également avoir terminé les palabres africaines intelligentes en interne pour avoir des positions communes sur le type de capacités productives qui seront négociées avec des potentiels partenaires du BRICS+ élargis.

Enfin, le nombre de huit (8) pays participant proactivement à la mise en œuvre de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine doit nécessairement passer à au moins 15 à 20 dans un délai court pour que la ZLECAF ne soit pas encore un vœux pieux pour les 47 ou 48 autres pays africains non actifs. Les alternatives au marché américain ne se feront pas avec des dirigeants formatés dans le moule ancien où la proactivité est proscrite.

Finalement, les impacts des taxes douanières imposées par Donald Trump sur l’Afrique, le répit de 90 jours pour s’organiser en interne peuvent se révéler être une opportunité pour stopper la corruption, diversifier les économies africaines et développer les capacités productives, donc l’industrialisation. Encore faut-il le vouloir, faire preuve de proactivité et d’innovation, et surtout intégrer l’agilité dans les décisions des dirigeants africains ! L’élargissement des pays africains (8 + 31), soit 39 pays en 2024 à la ZLECAF[24] devrait grandement contribuer à trouver des solutions africaines à des problèmes africains. YEA.

Mise en ligne le 21 avril 2025.

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, interviewé par Samantha Ramsamy, Journaliste.

© Afrocentricity Think Tank

Notes :

  1. African Growth and Opportunity Act : un accord commercial promulgué en 2000 qui permet d’exporter certains produits africains vers les États-Unis sans droits de douane. ↑
  2. Bamba, A. et AP (2025). « Trump impose 50 % de taxe douanière aux importations du Lesotho ». In www.africanews.com. 4 avril 2025. Accédé le 07 avril 2025. Voir https://fr.africanews.com/2025/04/03/usa-trump-impose-50-de-droits-de-douane-au-lesotho// ↑
  3. BITRUE (2025). « Quelles sont les taxes douanières de Trump ? Une stratégie audacieuse dans le commerce global ». In www.bitrue.com/fr. 15 avril 2025. Accédé le 15 avril 2025. Voir https://www.bitrue.com/fr/blog/What-Is-Trumps-Tariffs-A-Bold-Strategy-in-Global-Trade ↑
  4. Business AM (2025). “Boeing durement touché par l’arrêt des achats chinois en pleine guerre commerciale ». In fr.bussinessam.be. 16 avril 2025. Accédé le 17 avril 2025. Voir https://fr.businessam.be/boeing-durement-touche-par-larret-des-achats-chinois-en-pleine-guerre-commerciale/ ; « Boeing, déjà en difficulté, pourrait perdre jusqu’à 2,5 milliards de dollars en raison de cette situation ». ↑
  5. Andlil Trader Inside (2025). « Définition du tarif douanier ». Accédé le 15 avril 2 025. Voir https://www.andlil.com/definition-de-tarif-douanier-151636.html ↑
  6. RTS (2025). « Comment le retrait américain bouleverse la fiscalité internationale ». In www.afrikmag.com. 19 avril 2025. Accédé le 19 avril 2025. Voir https://www.afrikmag.com/liste-complete-des-tarifs-reciproques-de-trump-pour-les-pays-africains/ ↑
  7. Amaïzo, Y. E. (2025). « Sophisme Trumpiste, Protexpansionnisme et l’Afrique : imprévisibilité, ingérence, alignement, sanction, transaction, et/ou annexion ». In www.afrocentricity.info. Dossier Afrocentricity Think Tank. 5 mars 2025. Accédé le 12 avril 2025. Voir https://afrocentricity.info/2025/03/05/sophisme-trumpiste-protexpansionnisme-et-l-afrique/8603/ ↑
  8. African Challenges (2025). « Le détail des nouveaux tarifs douaniers de Donald Trump dans 51 pays africains ». In African Challenges. www.africanchallenges.com. 3 avril 2025. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://www.africanchallenges.com/le-detail-des-nouveaux-tarifs-douaniers-de-donald-trump-dans-51-pays-africains/ ↑
  9. Diallo, A. (2025). « Liste complète des tarifs réciproques de Trump pour les pays africains ». In www.afrikmag.com. 6 avril 2025. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://www.afrikmag.com/liste-complete-des-tarifs-reciproques-de-trump-pour-les-pays-africains/ ↑
  10. AFP (2025). « Le Lesotho, pays le plus touché, enverra une délégation aux États-Unis ». In www.lapresse.ca. 3 avril 2025. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://www.lapresse.ca/affaires/2025-04-03/droits-de-douane/le-lesotho-pays-le-plus-touche-enverra-une-delegation-aux-etats-unis.php ↑
  11. AFP (2025). « Le Lesotho, pays le plus touché, enverra une délégation aux États-Unis ». In www.lapresse.ca. 3 avril 2025. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://www.lapresse.ca/affaires/2025-04-03/droits-de-douane/le-lesotho-pays-le-plus-touche-enverra-une-delegation-aux-etats-unis.php ↑
  12. Mayabe, H. (2025). « Comment les Tarifs de Trump Affecteront l’AGOA ? ». In www.africa-press.net. 18 avril 2025. Accédé le 18 avril 2025. Voir https://www.africa-press.net/senegal/dossiers/limpact-des-tarifs-de-trump-sur-lafrique ↑
  13. Aka, C. (2025). « Côte d‘Ivoire. 21 % de droit de douane imposés par Donald Trump » . In www.yeclo.com. 4 avril 2025. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://www.yeclo.com/cote-divoire-21-de-droits-de-douane-imposes-par-trump ↑
  14. Qader, A. & Ali, M. (2025). « L’Impact des Tarifs de Trump sur L’Afrique ». In www.africa-press.net. 18 avril 2025. Accédé le 18 avril 2025. Voir https://www.africa-press.net/senegal/dossiers/limpact-des-tarifs-de-trump-sur-lafrique ↑
  15. Qader, A. & Ali, M. (2025). Op. Cit. ↑
  16. CNUCED/UNCTAD (2022). Repenser les fondements de la diversification des exportations en Afrique : le rôle de catalyseur des services financiers et des services aux entreprises. In unctad.org. Accédé le 7 avril 2025. Voir https://unctad.org/system/files/official-document/aldcafrica2022-summary_fr.pdf ↑
  17. Wikipedia (2025). « Liste des pays classés selon leurs tarifs douaniers ». In fr.wikipedia.org. Accédé le 7 avril 2025l Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_class%C3%A9s_selon_leurs_tarifs_douaniers ↑
  18. Pedredo, A. et AFP (2025) « Guerre commerciale : la directrice générale de l’OMC « très préoccupée » ». In information.tv5monde.com. TV5 Monde. 16 avril 2025. Accédé le 17 avril 2025. Voir https://information.tv5monde.com/economie/guerre- commerciale-la-directrice-generale-de-lomc-tres-preoccupee-2770252 ↑
  19. Sidibé, M. (2025). “Zlecaf : 24 nouveaux pays rejoindront « l’initiative de commerce guidé » en 2024 ». In africaincome.com. 17 janvier 2025. Accédé le 17 avril 2025. Voir https://africaincome.com/2024/01/zlecaf-24-nouveaux-pays-rejoindront-linitiative-de-commerce-guide-en-2024/ ↑
  20. Ellyatt, H. (2025). “Global trade outlook has ‘deteriorated sharply’ amid Trump tariff uncertainty, WTO warns”. In www.cnbc.com. April 16, 2025. Accessed 17 April 2025. Retrieved from https://www.cnbc.com/2025/04/16/global-trade-outlook-for-2025-has-deteriorated-sharply-wto-warns.html ↑
  21. Gourinchas, P. O., Pazarbasioglu, C., Srinivasan, K., & Valdés, R. (2024). “Trade Balances in China and the US Are Largely Driven by Domestic Macro Forces”. In IMF Blog, September, 12. 2024. Accessed 17 April 2025. Retrieved from https://meetings.imf.org/en/IMF/Home/Blogs/Articles/2024/09/12/trade-balances-in-china-and-the-us-are-largely-driven-by-domestic-macro-forces ↑
  22. Fabricius, P. (2025). « L’Afrique va-t-elle subir une nouvelle crise avec la hausse des tarifs douaniers ? ». In www.issafrica.org. 11 avril 2025. Accédé le 12 avril 2025. Voir https://issafrica.org/fr/iss-today/l-afrique-va-t-elle-subir-une-nouvelle-crise-avec-la-hausse-des-tarifs-douaniers ↑
  23. Sidibé, M. (2025). Op. cit. ↑
  24. Rédaction (2024). « Elargissement significatif de la ZLECAF en 2024 : 24 nouveaux pays africains rejoindront l’initiative de commerce guidé ». In echosdeleco.com. 04 mars 2024. Accédé le 12 avril 2025. Voir https://echosdeleco.com/elargissement-significatif-de-la-zlecaf-en-2024-24-nouveaux-pays-africains-rejoindront-linitiative-de-commerce-guide/ ↑

 

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Dr. Yves Ekoué Amaïzo (Ph. D. MPhil, MBA, MA) est le Président fondateur et le Directeur général de Afrocentricity Think Tank. Ce groupe d’analyse, d’influence et de conseils offre des points de vue alternatifs et des conseils aux dirigeants des Gouvernements africains, aux entreprises considérant l’Afrique comme un marché d’avenir et aux organisations de la société civile africaine y compris dans la Diaspora. Il s’agit de limiter les effets pervers des guerres non cinétiques allant à l’encontre des intérêts des peuples africains.
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