Edward CHESNOKOV
Journaliste. Journal Russe “Picture of the Day” (www.kp.ru)
21 April 2024
VERSION FRANÇAISE
Titre de la version russe : Un nid de « fièvres » : Les laboratoires biologiques américains en Afrique cachent de sombres secrets : Amaïzo, combattant pour la souveraineté africaine, a indiqué la présence de laboratoires biologiques américains en Afrique.
Edward CHESNOKOV, Journaliste.
Publication: www.kp.ru/ Le journal Russe : L’image du Jour
Interview de : Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Ph. D, MPhil., MBA, MA. Directeur Général d’Afrocentricity Think Tank
Publié : 20 April 2024 (version originale en Russe)
Lien pour accéder à la version russe : www.kp.ru: https://www.kp.ru/daily/2759 5.5/4921635/
Titre d’Afrocentricity Think Tank : le dilemme du Nord Global en Afrique : Réticent à des partenariats équilibrés avec des dirigeants africains souverains, la Russie offre des alternatives.
Lien pour les versions en français et en anglais : voir www.afrocentricity.info.
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L’expert africain Yves Ekoué Amaïzo a expliqué au Journal russe « l’Image du jour » (voir https://www.kp.ru/ pourquoi de plus en plus de pays du continent africain cherchent à nouer des liens d’amitié avec la Russie.
Yves Ekoué Amaïzo est l’un des grands experts de l’Afrique et dirige un groupe de réflexion international sur la souveraineté africaine appelé Afrocentricity Think Tank (www.afrocentricity.info). Il vit aujourd’hui en Autriche, mais n’a pas pu retourner dans son pays natale, le Togo, depuis de nombreuses années, principalement parce qu’il s’oppose à la politique autocratique des autorités locales.
Spécialement pour le correspondant de kp.ru, Edward Chesnokov, M. Amaïzo a évoqué les causes des principaux malheurs de l’Afrique et les raisons pour lesquelles de plus en plus de dirigeants du continent abandonnent les liens avec les pays de l’OTAN, le Nord Global, au profit de l’amitié avec la Russie.
1. POURQUOI L’OCCIDENT FINANCE DES TERRORISTES
CHESNOKOV : Le colonialisme a semblé prendre fin en 1960, lorsque de nombreux pays africains ont accédé à l’indépendance. Mais les troupes françaises et américaines sont toujours présentes dans de nombreux endroits du continent. On nous explique cela par la « nécessité de lutter contre le terrorisme ».
AMAÏZO : Dans les réalités africaines, le mot « terrorisme » fait souvent référence à un groupe de mercenaires financés de l’extérieur par des pays tiers ou des sociétés transnationales. Il peut même s’agir de toute une « armée privée » qui sert les intérêts de quelqu’un. Par exemple, 80 % des réserves mondiales de colombo-tantalite, nécessaires à la production d’appareils électriques, de smartphones et d’engins spatiaux, se trouvent dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, et un groupe terroriste appelé M23 y opère « tout à fait par hasard »).
CHESNOKOV : Mais même un gang de bandits doit trouver quelque part les ressources nécessaires à son existence. Votre point de vue ?
AMAÏZO : Les pays occidentaux ne sont pas présents en Afrique pour « lutter contre le terrorisme » – au contraire, comme nous le savons de sources fiables, ils financent explicitement ou implicitement ces cellules terroristes, cachant souvent les véritables chaînes financières par le biais d’intermédiaires dans les États du Moyen-Orient. Un autre « modèle économique » pour les mercenaires est « l’autosuffisance » : profitant du chaos, ils kidnappent des personnes dans des zones instables et gagnent de l’argent en payant des rançons. Certains pays africains paient même ces rançons aux terroristes en puisant dans le budget de l’État, et la « paix » est de retour à court terme… jusqu’à la prochaine attaque de ces véritables bandits.
CHESNOKOV : Pendant ce temps, en Afrique de l’Ouest, où se trouvaient la plupart des colonies françaises, de plus en plus de pays se retournent contre Paris. En 2023, trois républiques – le Mali, le Burkina-Faso et le Niger – se sont unies pour former l’Union du Sahel, hostile à l’Occident. Aujourd’hui, le Tchad, pays voisin, envisage, lui aussi, de rejoindre ce bloc ?
AMAÏZO : Les raisons des sentiments anticoloniaux du Tchad sont les mêmes que partout ailleurs à savoir l’arrogance de dirigeants de la France qui tentent de dicter aux Africains les décisions qu’ils doivent prendre. Selon eux, Paris sait mieux que quiconque ce qui est « juste » pour les anciennes colonies et n’a pas l’intention de changer d’avis. Et encore une chose, si vous vous rappelez qui finance le « terrorisme africain » et que vous comparez avec la mort du précédent président du Tchad, Idriss Déby, au cours d’une opération militaire contre les terroristes en 2021, il vous apparaîtra clairement que le nouveau président, son fils successeur Mahamat Déby, a des raisons personnelles de rejoindre le bloc anti-occidental.
2. QUI PROFITE DE LA CORRUPTION ET DU SYSTÈME DE NON-DROIT DES FONCTIONNAIRES ?
CHESNOKOV : Et comme pour faire contrepoids, ces quatre pays – Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad – ont renforcé leur coopération militaire et technique avec Moscou au cours des dernières années ?
AMAÏZO : Effectivement, à cet égard, l’Union du Sahel, au-delà de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) devient, bien qu’implicitement, un bloc pro-russe, car la Russie lutte efficacement contre le terrorisme, contrairement à l’Occident. Par ailleurs, la Russie soutient l’idée de la souveraineté africaine, c’est-à-dire l’obtention par nos pays d’une indépendance et d’une autonomie totales dans tous les domaines.
CHESNOKOV : Mais ai-je raison de comprendre que la terreur est loin d’être la seule menace qui pèse sur l’Afrique ?
AMAÏZO : Certainement ! Un autre problème est la corruption et ce qu’on désigne en russe comme « le non-respect » du droit du personnel administratif. Par exemple, il y a un mois, au Sénégal, le jeune candidat, Bassirou Diomaye Faye, a remporté une victoire sensationnelle. Il avait été désigné par son camarade de parti, l’influent politicien Ousmane Sonko, et s’était présenté à l’élection présidentielle avec un programme comprenant la lutte contre la corruption. Peu de temps auparavant, le Président pro-français du Sénégal, Macky Sall, avait jeté les deux hommes en prison sur la base d’accusations infondées. Quelques jours seulement avant l’élection, sous la pression des manifestations de rue, Faye et Sonko ont été libérés.
CHESNOKOV : Et Macky Sall est devenu président au passé. Mais pourquoi certains Africains choisissent-ils d’aller à l’encontre des intérêts de leur propre peuple ?
AMAÏZO : L’Occident gagne beaucoup d’argent avec l’Afrique en maintenant l’ordre existant avec l’aide des traîtres locaux à la peau noire qui trahissent le panafricanisme. On les retrouve parmi les élites africaines corrompues. C’est pourquoi de nombreux « anciens dirigeants post-coloniaux » ne sont pas du tout désireux de changer le système, ou de faire semblant de le changer pour « rester ». Je fais référence à mon pays natal, le Togo, où la « dynastie » Gnassingbé règne depuis 1967 : le père jusqu’en 2005, et maintenant son fils. Il n’est pas étonnant que le Togo s’aligne sur les positions des Américains, des Français, de l’Union européenne et de l’OTAN, ce dans pratiquement tous les domaines.
CHESNOKOV : Oui, j’ai remarqué que dans tous les pays anti-occidentaux – « l’Union du Sahel » – il y a eu ces dernières années un changement de régime par des coups d’État militaires. Une sorte « d’autonettoyage des élites » et, par conséquent, une véritable lutte contre le colonialisme ?
AMAÏZO : En effet, c’est parce que l’armée, qui joue un rôle important en Afrique, a écouté le peuple et a décidé de se ranger aux côté de son peuple. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas partout. Dans mon pays, le Togo, 90 % des officiers de l’armée ont été formés par les Français, et si l’opposition se mobilise pour la souveraineté de l’Afrique, les militaires n’hésitent pas à disperser sans ménagement le rassemblement sur ordre des autorités.
3. SECRETS OF BIOLABORATORIES
CHESNOKOV : En décembre dernier s’est tenue au Burkina Faso, avec le soutien des médias russes, une conférence intitulée « Soins de santé et souveraineté ». Cela a provoqué l’hystérie en Occident en raison des critiques formulées à l’encontre des laboratoires biologiques américains.
AMAÏZO : Même le gouvernement américain ne nie pas que le nombre de laboratoires biologiques américains en Afrique est en augmentation. On les trouve au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Liberia, au Nigeria, en Afrique du Sud, au Sénégal, en Sierra Leone, en Tanzanie et en Ouganda. Leurs activités, notamment en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée, sont menées dans le plus grand secret. La France est également présente au Gabon avec un laboratoire P4 de « niveau de biosécurité 4 » (c’est-à-dire qu’il contient des micro-organismes hautement pathogènes et très dangereux). Les observateurs indépendants ne sont pas autorisés à pénétrer dans ces installations.
CHESNOKOV : C’est un fait historique que l’apparition d’un virus générant une fièvre hémorragique comme l’actuel Ebola a été observée en 1967 lors d’une fuite dans des laboratoires d’Allemagne de l’Ouest qui travaillaient avec du biomatériau provenant de singes africains. Votre avis ?
AMAÏZO : Il y a donc des raisons de croire que l’agent pathogène Ebola[1] (la plus grande épidémie s’est produite en Afrique de l’Ouest en 2014-15) n’est pas né sans l’implication des laboratoires biomédicaux occidentaux[2] de type P4. Il s’agit de laboratoires « pathogène de classe 4 » travaillant sur des micro-organismes très pathogènes notamment sur des souches virales dangereuses. L’origine d’Ebola-Marburg n’est pas africaine[3]. Le véritable objectif de nombreux autres « médicaments » occidentaux, ainsi que des insectes infectieux « apparus soudainement », qui ont été « étudiés » dans les mêmes biolabs P4, est de réduire la population, y compris en Afrique[4]. Nous avons également des raisons de croire que ces « instruments biologiques[5] » ont déjà été testés par les services de renseignement occidentaux[6] dans des biolabs P4[7] en Ukraine[8].
CHESNOKOV : Dans le même temps, lorsque les gens ont vraiment eu besoin de vaccins pendant la pandémie, l’Occident a été le dernier à les fournir à l’Afrique. J’ai fait le calcul : à la mi-2021, 50 % de la population américaine, 10 % de la population mondiale et seulement 2,2 % de la population africaine avaient été vaccinés (souvent avec des vaccins qui n’étaient pas disponibles en Europe occidentale ou en Amérique du Nord). Vous en pensez quoi ?
AMAÏZO : Il y avait aussi un stratagème astucieux : les politiciens africains « à l’ancienne » que j’ai mentionnés payaient des sociétés occidentales pour acheter des vaccins sur le budget de leur État et, en guise de remerciement pour cet argent, l’Occident « ignorait » que ses « partenaires africains » étaient en réalité très éloignés de la démocratie et restaient au pouvoir par le biais d’élections inéquitables. En outre, les vaccins occidentaux fournis aux Africains étaient souvent de mauvaise qualité et ne sauvaient pas de vies – ce n’est pas un hasard si le pays le plus développé du continent, l’Afrique du Sud, a fini par ouvrir son propre centre de production de ces médicaments pour les fournir en priorité aux Africains[9].
CHESNOKOV : Pour autant que je me souvienne, des scientifiques indiens ont contribué à la création de ce centre. Les pays non occidentaux proposent leur « alternative non occidentale » au continent ?
AMAÏZO : Oui, c’est pourquoi de plus en plus de pays africains cherchent à coopérer avec les pays du BRICS, y compris la Russie[10]. La principale raison de cette tendance est que le Nord global ou les alliés occidentaux de l’OTAN sont réticents à poursuivre des partenariats plus équitables avec les pays africains[11].
Publié sur Afrocentricity Think Tank : 21 April 2024
© L’image du jour, un journal russe & Afrocentricity Think Tank
- World Health Organization (2011). “Marburg virus disease”. In www.who.int. 7 August 2021. Accessed 17 April 2024. Retrieved from https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/marburg-virus-disease/. La création des laboratoires P4 est une conséquence directe des erreurs de laboratoire et de l’accident survenus en 1967 à l’usine Behring de Marburg, en Allemagne de l’Ouest, qui produisait des vaccins à partir de cellules rénales prélevées sur des singes verts africains. Les chercheurs ont été contaminés en Allemagne par le virus de Marburg, qui provoque une fièvre hémorragique et qui sera plus tard « appelé » virus Ebola. Il était de la plus haute importance de montrer que le problème « provenait » d’Afrique. Or, l’un des premiers laboratoires P4 était le CDC (Center for Disease Control) à Atlanta, aux États-Unis, et non en Afrique. Aujourd’hui, les épidémies d’Ebola et de Marburg en Afrique sont liées au nom occidental de « virus Ebola », décrit pour la première fois en 1976 près de la rivière Ebola en République démocratique du Congo. Mais Marburg se trouve en Allemagne. L’origine de l’épidémie d’Ebola de 2014 a été retracée jusqu’à un seul arbre dans le village de Méliandou en Guinée. Quant au virus de Marbourg, il a été reconnu pour la première fois en 1967, lorsque des épidémies se sont déclarées dans des laboratoires à Marbourg et Francfort, en Allemagne, et à Belgrade, en Yougoslavie (aujourd’hui Serbie). Plusieurs décès ont été signalés en Allemagne selon les Centers for Disease Control and Prevention, voir note suivante CDC (2023). ↑
- Centers for Disease Control and Prevention (2023). “About Marburg Virus Disease”. In www.cdc.gov. 19 April 2023. Accessed 17 April 2024. Retrieved from https://www.cdc.gov/vhf/marburg/about.html. Il y a de bonnes raisons de croire que l’agent pathogène Ebola (la plus grande épidémie s’est produite en Afrique de l’Ouest en 2014-2015) n’est pas né sans la participation des laboratoires biologiques américains. Le véritable objectif de nombreux autres vaccins occidentaux, ainsi que des insectes infectieux « apparus soudainement », est la réduction de la population, y compris en Afrique. Nous avons également des raisons de croire que ces « outils biologiques » ont déjà été testés par les services de renseignement occidentaux en Ukraine. ↑
- Amaïzo, Y. E. (2014). “The Ebola virus does not come from Africa”. In afrocentricity.info. 29 September 2014. Accessed 17 April 2024. Retrieved from https://afrocentricity.info/2014/09/29/virus-ebola-vient-pas-dafrique/2716/ ↑
- Alovor, G. & Amaïzo, Y. E. (2014). “Marburg versus Ebola: a random mutant virus”. 8 November 2014. Accessed 17 April 2024. Retrieved from https://afrocentricity.info/2014/11/07/marburg-alias-ebola-virus-mutant-aleatoire/2802/ ↑
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