Dec 242013
 

CVU Togo-Diaspora-logoANALYSE DU 24 DECEMBRE 2013

Le problème de l’histoire togolaise se résume à la capacité d’un régime politique à organiser l’amnésie collective sur le renouvellement de la contrevérité des urnes au Togo. Il faut pour cela institutionnaliser un système de double-jeu où la part de responsabilité des dirigeants occidentaux, français en l’occurrence, n’a d’égale que l’absence de patriotisme d’une partie importante des dirigeants togolais. Il suffit de mettre en avant quelques statistiques économiques pour prendre conscience de l’ampleur de la mauvaise gouvernance de Faure Gnassingbé et de son ministre de l’économie et des finances.  Le zèle de celui qui prend du retard dans l’organisation des élections locales sera rappelé.

Pour parer à cette dégradation de sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds internationaux qui continuent néanmoins à soutenir le régime actuel, Faure Gnassingbé a choisi le terrain de la sécurité internationale pour se rendre incontournable et mieux neutraliser la Diaspora togolaise. Celle-ci continue d’ailleurs à se saigner à l’étranger en envoyant une partie importante de son épargne au pays afin de couvrir, un tant soit peu, l’augmentation du niveau d’inégalité et de pauvreté inégalé sous le règne de Faure Gnassingbé. La question doit être posée de savoir si Faure Gnassingbé est un patriote togolais ou un patriote défendant les intérêts étrangers. Est-il capable de vendre le Togo ? Rien n’est moins sûr ! Mais il n’agit pas seul. Pour ce faire, il organise de nouveau les disparitions de journalistes, corrompt les principes de justice, continue à humilier les innocents en prison et refuse de sortir la vérité vraie sur les commanditaires des incendies des marchés de Kara et de Lomé en début d’année 2013.

1. Le Peuple togolais en 2014 : confirmer ou pas la contrevérité des urnes ?

Faure Gnassingbé ne peut être considéré comme un patriote. La raison est simple. Lorsque lui et ses affidés doivent choisir entre défendre les intérêts du Togo et défendre les intérêts des affairistes étrangers, abusivement dénommés « investisseurs étrangers », son choix est fait. Ce sont les intérêts étrangers qui sont privilégiés. Il ne s’agit pas uniquement de le faire pour les « beaux yeux » des étrangers, mais bien parce qu’il est plus facile d’accéder ainsi à des prêts en donnant la garantie de l’Etat togolais, sacrifiant ainsi les générations futures de Togolais et Togolaises qui devront :

  • soit payer une dette que Faure Gnassingbé a contractée et dont ils ne bénéficient pas ;
  • soit accepter de redevenir les esclaves économiques des intérêts étrangers, en continuant de rêver que les solutions aux maux togolais viendront de la soumission des élites togolaises à la satisfaction systématique et prioritaire aux intérêts des étrangers, ce aux dépens des intérêts des nationaux.

Aussi, le Peuple togolais doit savoir qu’à la veille de formuler des vœux et des oraisons pour 2014, il ne doit pas oublier de prier pour payer les dettes que le père et le fils Gnassingbé et leur régime ont concoctées sans que les résultats ne soient tangibles pour le Peuple togolais. Le Rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme de décembre 2013 sur « le respect et la mise en œuvre des droits de L’Homme et des libertés fondamentales dans l’administration de la justice au Togo 1 » met en valeur tellement de points non respectés dans le droit que l’on se demande pourquoi cette organisation a fermé les yeux sur la contrevérité des urnes tout au long des dernières années de Faure Gnassingbé. Que de naïveté ou des stratégies pour préserver les apparences aux Nations Unies peu regardantes face à la force et la violence d’Etat au Togo. La présomption d’innocence et les allégations fantaisistes des services d’investigation de l’Etat togolais sont des points saillants d’un système de falsification juridique de la justice.

Au lieu de croire que 2014 sera une année meilleure que 2013, les citoyens togolais doivent commencer par faire le droit d’inventaire de Faure Gnassingbé et accepter de sanctionner aussi les stratégies non concluantes de l’opposition fragmentée du Togo. Pour ce faire, une partie importante du peuple togolais y compris ceux de l’extérieur doivent aussi faire leur propre autocritique sur leur capacité intrinsèque à manger trop souvent dans tous les râteliers, dès lors qu’il s’agit de mettre en avant la science de la « ventrologie ». Le peuple togolais ne doit plus continuer à se mentir à lui-même. Ou ce peuple dans sa majorité silencieuse accepte de vivre avec la contrevérité des urnes et ne doit plus se plaindre de toutes ses dérivées (manque de liberté, injustice, impunité, corruption, etc.) ou ce peuple reprend courage et comptant le nombre de fois que la facilité l’a amené à choisir d’adhérer à la mauvaise gouvernance organisée.

2. Pourquoi Faure Gnassingbé n’est pas un patriote ?

Plusieurs arguments peuvent être soulevés. Comment le peuple togolais peut-il faire confiance à un Président de la contrevérité des urnes qui préfère d’abord :

  • payer la dette extérieure aux dépens de la dette intérieure, mettant au passage en banqueroute une majorité des petites et moyennes entreprises et d’entrepreneurs actifs dans le secteur informel ;
  • organiser l’impunité sur la corruption en refusant la transparence des comptes publics par des expertises indépendantes ;
  • refuser de recenser la Diaspora togolaise tout en se réjouissant de l’apport de cette dernière pour contrecarrer le niveau de pauvreté record, reflet de la politique d’un système de prévarication, d’usurpation et d’exploitation des Togolais et Togolaises non membres de son réseau clientéliste ;
  • faire contrôler l’ensemble des entreprises publiques togolaises par des responsables de son parti (Rassemblement du peuple togolais (RPT) et Union pour la République (UNIR) ;
  • vendre le Togo à des prédateurs étrangers transformés pour la cause en vrai « faux » investisseurs dont la gestion opaque ne permet plus d’enquêter sur les biens mal-acquis puisqu’en donnant sa garantie, l’Etat togolais fait du contribuable togolais, le payeur en dernier ressort alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous ;
  • transformer la Justice pour tous en une justice clientéliste, surtout pour transformer les résultats des scrutins électoraux et les faire valider par des juges iniques, arbitraires, partiaux et surtout non-patriotes ;
  • manipuler les congrégations religieuses qui utilisent Dieu pour neutraliser l’unité d’action pour le progrès du Togo dans la paix et la transparence en repoussant la lutte de l’alternance après la mort ; et enfin
  • organiser le non-respect des droits humains et l’achat des consciences des médias, journalistes et d’une partie du peuple togolais, prêts à se vendre pour manger des miettes au lieu de rejoindre l’unité de la lutte de patriotes pour la paix et la vérité des urnes.

La liste aurait pu être plus longue mais rien ne sert de rallonger une liste qui se révèle n’être qu’un système créant des souffrances inutiles pour le peuple togolais dans son ensemble. C’est donc un système qu’il faut combattre et non un individu. Mais le départ de l’individu à la tête d’un tel système pourrait favoriser un réel progrès pour le peuple togolais vers son autodétermination et le retour de sa souveraineté kidnappée par le réseau et l’oligarchie liés aux dirigeants Gnassingbé.

3. Le double-jeu de certains dirigeants togolais

Les frustrations accumulées pourraient devenir explosives si certains pays occidentaux, bien hypocritement, se contentent de critiquer Faure Gnassingbé à la marge alors qu’ils ne font que faire des affaires en sourdine compte tenu du niveau de croissance économique occidental bien moribond depuis plusieurs années. Alors, aucun Togolais ou Togolaise qui aime sa nation, ne doit baisser sa vigilance. Les paroles douces et roucoulantes des chancelleries occidentales ne doivent pas leur faire oublier qu’un ambassadeur (une ambassadrice) défend d’abord les intérêts de son propre pays. Ils peuvent même collectivement agir contre l’intérêt du peuple togolais en facilitant le statu quo sous le couvert de la paix et du silence face à l’impunité et les abus de tous ordres. Le problème est qu’avec la puissance d’argent des médias occidentaux, seules les images et informations n’allant pas à l’encontre de leurs intérêts sont affichées, diffusées quand elles ne sont pas « réajustées » pour faire oublier des stratégies de soutien à des dictatures et autres régimes autocratiques mais soutenant leurs intérêts en Afrique. La seule question que le Peuple togolais doit se poser en 2014 est la suivante :

  • Faure Gnassingbé et son équipe défendent-ils d’abord les intérêts du Peuple togolais ? Si oui, est-ce que le niveau de vie et de pouvoir d’achat se sont améliorés individuellement et collectivement ?
  • Faure Gnassingbé et son équipe défendent-ils d’abord les intérêts étrangers en ponctionnant justement sur des budgets qui auraient dû servir d’abord à soutenir l’amélioration de la pauvreté, du niveau de vie et du pouvoir d’achat ?

En  fonction de la réponse de chacun, il est difficile de croire que Faure Gnassingbé qui défend d’abord le maintien du statu quo et son pouvoir puisse favoriser un Peuple togolais dont il sait qu’il n’a collectivement :

  • ni les armes, et donc pas de capacité de nuisance ;
  • ni l’argent, et donc pas de capacité d’indépendance ;
  • ni la volonté d’accepter une forme d’organisation unitaire fondée sur la transparence du choix des personnalités devant conduire le Togo vers des lendemains de justice et donc de réconciliation économique.

Le peuple togolais doit cesser de rêver que 2014 va par enchantement changer les positions de puissance existantes et largement soutenues par les dirigeants africains des pays voisins au point d’empêcher certains dirigeants étrangers désabusés de rappeler les abus de tous ordres.

Mais là encore, chacun se tient par la barbichette. En effet, est-ce que ce sont les chefs d’Etat de la sous-région d’Afrique francophone qui soutiennent le maintien en place de Faure Gnassingbé ou est-ce qu’ils acceptent collectivement de se soutenir mutuellement pour rester au pouvoir en modifiant abusivement les Constitutions afin de mieux continuer à servir les intérêts étrangers, prioritairement privés et ensuite publics ? Il faut donc bien prendre conscience des forces en présence et ne pas foncer tête baissée en croyant qu’en battant le pavé, la solution sera pacifique. Oui, c’est vrai que le parlement togolais ne reflète que la contrevérité des urnes. Oui, c’est vrai que la justice togolaise est à l’image d’un système de nomination hérité des pratiques de la contrevérité des urnes, donc peu fiables et aboutissant à des non-lieux pour les affidés du pouvoir, quand un contentieux est même recevable 2. Oui, c’est vrai que l’amélioration de la croissance de l’économie togolaise ne se ressent pas sur le bien-être des populations. Mais si le fatalisme semble l’emporter ces temps-ci, il n’est pas certain que les frustrations accumulées ne finissent pas par se cristalliser sur ceux qui jouent à double-jeu avec l’avenir du Peuple togolais. Le double-jeu doit donc être sanctionné par les populations dans les urnes si les élections locales se tiennent dans la transparence. Encore faut-il avoir un budget pour soutenir la transparence !

4. Combien de couleuvres Adji Otèth Ayassor peut-il avaler ?

Faure Gnassingbé n’a aucune conscience du management économique. Son Ministre de l’économie et des finances Adji Otèth Ayassor non plus 3. Ce dernier fait partie des gens qui sont heureux quand le Togo s’endette outrancièrement, surtout quand il revient d’un voyage auprès des agences de Bretton-Woods (Fonds monétaire international et Groupe de la Banque mondiale). Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que tous les deux sont persuadés que leurs errements en économie doivent être payés par le Peuple togolais, non seulement le Peuple togolais d’hier, ceux qui ont déjà souffert, mais ceux d’aujourd’hui ainsi que ceux de demain. Autrement dit, tout Togolais et Togolaise qui donne naissance à un enfant togolais doit savoir qu’à cause de Faure Gnassingbé, son enfant devra d’abord s’acquitter de la dette que Faure Gnassingbé et ses affidés ont créée sans qu’aucune contrepartie effective n’ait permis de réduire le niveau de pauvreté, d’améliorer le pouvoir d’achat et le bien-être du Peuple togolais.

La vérité est que Faure Gnassingbé a choisi en priorité de payer la dette extérieure et refuse obstinément de payer la dette intérieure. En effet, les pays occidentaux, égoïstes qu’ils sont, ne cherchent pas à régler le problème dans sa globalité, se cachant derrière la non-ingérence dans les affaires intérieures du Togo. Mais le problème est que les affaires intérieures sont aussi une dette intérieure exponentielle qui contribue à la faillite de nombreuses entreprises, entrepreneurs togolais tant dans le secteur formel qu’informel. Comme un grande partie de cette dette est aussi due à des entreprises publiques, il suffit à Faure Gnassingbé de mettre à la tête de ces entreprises un affidé de son parti, ce qui est le cas actuellement au Togo, pour que l’impunité perdure et que l’Etat ne paye jamais sa dette pour le travail effectué par le secteur productif. Rapidement, à côté de la mauvaise gouvernance, c’est une véritable stratégie de mise à genoux des capacités productives togolaises afin de les vendre au plus offrant et encaisser, entre autres, au passage :

  • Les commissions d’organisation des transferts de propriété togolaise vers des propriétaires étrangers ;
  • Les félicitations exogènes du « meilleur capitaliste » et d’exécution d’une économie libérale dénuée de tout volet social en s’attachant à humilier les syndicats et organisations des droits humains au passage ;
  • Les éloges des investisseurs étrangers qui trouvent au Togo tout un espace zone franc où la course des salaires et des compensations vers le bas pour la majorité sont devenus la religion de Faure Gnassingbé et ses affidés.

Personne ne peut conclure que Faure Gnassingbé est un patriote. Certains n’ont pas hésité à parler de trahison pure et simple. Mais comme Faure Gnassingbé ne peut trahir tous ses affidés suite à l’incarcération de son demi-frère et la relance des imbroglios judiciaires contre son ex-ministre de la décentralisation, Pascal Bodjona que les Togolais ont surnommé « grand format », il faut simplement constater qu’il s’active pour vendre le Togo. Mais est-ce que les Togolais et Togolaises en sont conscients ?

5. La mauvaise gouvernance économique en chiffres

La gestion de Faure Gnassingbé et de son ministre de l’économie et des finances est une gestion du court-terme et de l’urgence. Quand un pays émet des bons du Trésor pour près de 40 millions d’Euros (25 milliards de FCFA) remboursables dans un an, c’est que plus personne en dehors de la zone FCFA ne croit plus à la capacité du Gouvernement togolais de rembourser les dettes dans les temps. Avec la perte de crédibilité maximum liée au refus du Gouvernement togolais d’honorer d’abord la dette intérieure, comment ne pas douter de sa capacité à ne pas honorer ses engagements auprès de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale. D’ailleurs, lorsque ces engagements ne sont pas soldés, il suffit pour le Togo de convertir cette dette en parcelle d’une propriété togolaise (privatisation ou autres cessions des actifs de l’Etat), pour solder la dette. Mais alors Faure Gnassingbé n’est-il pas en train de vendre le Togo, la terre des aïeux ? Mais pourquoi le ministre Adji Otèth Ayassor ne vient pas expliquer comment les recettes du Port autonome de Lomé ont quadruplé, et que les recettes rentrant dans le budget de l’Etat ne reflètent pas cette croissance et pire, pourquoi lui, le ministre du « dos rond » comme il est surnommé ne paye pas la dette intérieure ? Où est passé l’argent ? Qui se sert et lui demande ensuite d’aller trouver des fonds pour compenser des ponctions privées sur un budget public ? La question que le Peuple togolais devra se poser en 2014 est de savoir combien de temps Adji Otèth Ayassor peut-il avaler des couleuvres, et surtout combien… avant d’être remercié sans ménagement ? Bref, l’économie a des règles d’équilibre des comptes.

Avec une croissance économique du Togo estimée autour de 5 % pour 2013 et 5,9 % en 2014 par le Fonds monétaire international 4, et taux d’inflation estimé à 3,2 % et 3,1 % pour les mêmes années,  le budget togolais devrait être en train de retourner vers un équilibre. Malheureusement, Faure Gnassingbé ne peut plus tromper le peuple togolais patriote et vigilant. C’est ainsi que lors de son usurpation du pouvoir par la contrevérité des urnes en 2010,  le déficit budgétaire du Togo qui semblait se stabiliser autour de -3,7 % s’est dangereusement dégradé pour passer à -6,1 % en 2011, -8,6 en 2012, -9,4% en 2013 et des estimations à ‑ 8,3 % en 2014. Bref, Faure Gnassingbé endette d’abord le Togo pour mieux vendre les parties du Togo qui auraient permis de renflouer les caisses de l’Etat. Mais s’agit-il de renflouer les caisses  de l’Etat ou le portefeuille personnel de Faure Gnassingbé et de ses affidés ?

Rappelons que le déficit occasionné par la gestion de Faure Gnassingbé et de son ministre Adji Otèth Ayassor est le double du niveau de l’Afrique subsaharienne (-4,1 %) et de l’Afrique francophone (-3,8 %). Faure Gnassingbé est donc un mauvais gestionnaire. Son ministre devrait normalement démissionner et se protéger pour qu’il ne devienne pas le bouc émissaire de nombreuses décisions dont il ne maîtrise ni les tenants, ni les aboutissants. La gestion du Bénin voisin pourrait paraître exemplaire avec -2,9 % de déficit en 2013. Mais au moins au Bénin, la dette intérieure est prise en compte et mieux honorée alors qu’au Togo, Faure Gnassingbé joue de sa force militaire pour refuser de payer. Est-ce que le Peuple togolais peut majoritairement choisir Faure Gnassingbé qui augmente le nombre d’emplois détruits et signe des accords avec des investisseurs étrangers où le volet social et surtout les salaires sont proches d’un minimum ne permettant même pas de survivre ? Autrement dit, Faure est-il un patriote ? Quel salarié togolais pourrait voter pour lui si les élections togolaises n’étaient pas fondées sur la contrevérité des urnes ?

Il est difficile de travailler avec l’Etat togolais en tant qu’entreprise car l’Etat togolais n’arrive pas à justifier les sorties d’argent auprès des bailleurs de fonds internationaux de plus en plus soucieux de voir une bonne partie de leur engagement disparaître. Avec le Togo bénéficiant de la réduction importante de sa dette externe en 2009 lorsqu’il atteint le point d’achèvement réservé aux pays pauvres très endettés, le Gouvernement togolais a simplement mal utilisé la nouvelle capacité d’endettement qui lui était offerte. Entre corruption et gaspillage, il ne restait qu’à ne plus payer les entrepreneurs locaux. Mais ne pas payer la dette intérieure, c’est tuer l’emploi et quelque part les Togolais et Togolaises et donc l’économie togolaise. Est-ce cela la priorité d’un patriote ? La vérité est que personne ne fait plus confiance à Faure Gnassingbé. Son manque de transparence chronique est devenu un handicap majeur au point de ne trouver comme solutions que d’engager des prêts nouveaux pour payer les prêts anciens. Mais le taux d’intérêts sur les prêts nouveaux sont exorbitants… Quel mauvais calcul !  En croyant rouler les Togolais et Togolaises dans la farine de manioc en signant des délais de grâce, le gouvernement repousse à plus tard, le fameux « après, après, après », le commencement de payement. Cela peut signifier qu’en cas d’alternance, le premier travail sera d’abord d’honorer les engagements du Gouvernement de Faure Gnassingbé. Les forces organisées qui souhaitent un changement au Togo doivent prendre conscience que cette stratégie de l’asphyxie économique du Togo va les empêcher de  mettre en œuvre leur programme une fois au pouvoir. Ces forces réunies gagneraient donc à commencer à négocier avec les créanciers du Togo des facilités pour leur permettre d’avoir un minimum de marge de manœuvre économique suite à la gestion catastrophique de Faure Gnassingbé et de son ministre de l’économie Adji Otèth Ayassor.

6. Entre sécurité internationale et neutralisation de la Diaspora

Alors pour sauver une partie de cette crédibilité bien écornée, Faure Gnassingbé a choisi  de servir de forces d’appoint aux forces françaises, dès lors que la France en fera la demande.  Le terrain de la sécurité internationale permet des liens nouveaux et modifie la position du Président français François Hollande et de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius lesquels peinent à critiquer trop ouvertement un allié militaire même s’il a été élu sur les bases de la contrevérité des urnes validées par la Cour constitutionnelle du Togo.

Représentant près de 10 % du budget togolais, soit près de 285 millions d’Euros (187 milliards de FCFA) selon l’Organisation non gouvernementale « Vision solidaire » 5, l’argent transféré par la Diaspora togolaise, soit entre 1,5 et 2 millions d’individus, est quasi exclusivement consacré à la consommation et les dépenses courantes et alimentaires par les récipiendaires. La Diaspora togolaise vient donc sauver les populations de la défaillance de l’Etat de Faure Gnassingbé qui laisse les Togolais et Togolaises de l’extérieur gérer la pauvreté au niveau des familles. En remerciement, Faure Gnassingbé refuse le droit de vote aux Togolais et Togolaises de l’extérieur dès lors qu’ils ou elles ont la double nationalité. En réalité, Faure Gnassingbé tente de les dissuader de se présenter par une architecture de textes permettant en dernier ressort de donner l’apparence de l’élimination légalisée des candidats. Kofi Yamgnane en a fait les frais sans d’ailleurs que la responsabilité de l’Etat n’ait été engagée et qu’aucun haut responsable n’ait été condamné pour ce droit à l’élimination des candidats gênants tant pour la France que pour le Togo. C’est peut-être cela qui explique l’indifférence de la population togolaise à ce qui arrive à l’ex-ministre Grand Format.

7. Déconcentration électorale et l’abus de zèle

Faure Gnassingbé doit nécessairement empêcher la différence de s’exprimer, surtout si celle-ci peut déboucher sur une alternance politique sous la forme de l’unité du peuple togolais pour demander sa démission. Alors, il faut nécessairement faire taire l’opposition, les journalistes et s’amadouer les bonnes grâces des Occidentaux héritiers de la violence coloniale et postcoloniale malgré des apparats de changement.

Alors, il ne reste que le discours de la réfutation, un rôle qui est confié au très zélé excellentissime « Docteur » en réfutation de la vérité et de la réhabilitation de la contrevérité. Le cvu-togo-diaspora a discerné le premier prix au Ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Mr.  Gilbert Bawara pour avoir affirmé que « le Gouvernement ne peut « envisager une chose et son contraire 6 » dans la démocratisation et la décentralisation des pouvoirs vers les collectivités locales. En effet, il est en train d’organiser la déconcentration et non la décentralisation des pouvoirs vers les zones rurales et a besoin de temps pour s’assurer que le pouvoir échouera dans les mains d’un affidé de la constellation galactique à géométrie variable de Faure Gnassingbé. Il évite ainsi soigneusement d’expliquer au Peuple togolais pourquoi il est en retard sur l’agenda des élections locales au Togo qui devait se tenir il y a des années lumières. Les reports intempestifs ne sont encore une fois que la marque de la peur qui saisit ce Gouvernement au cas où le  peuple togolais finirait par comprendre qu’il s’est fait gruger par les ministres issus de la contrevérité des urnes, donc des usurpateurs. Il faut prier d’avance que le Peuple togolais fasse preuve de clémence pour l’après Gnassingbé pour ces ministres zélés, à moins qu’ils ne changent de veste comme beaucoup d’autres avant eux.

8. Disparition et violence punitive

SOS Journalistes en Danger nous signale la disparition du journaliste de Radio Légende FM, Félix Nahm-Tougli depuis le 17 décembre 2013 au Togo 7.  La Radio Légende FM a été arbitrairement et manu militari fermée par Faure Gnassingbé le 26 juillet 2013. Ses responsables, outre la perte financière, sont poursuivis par la justice arbitraire du système de Faure Gnassingbé. Félix Nahm-Tougli à la veille d’une énième convocation de la justice togolaise a disparu et n’a donc pas pu se présenter devant cette justice partisane suite à une plainte des services de recherche et d’investigation (SRI), les services secrets togolais, lesquels affirment tout et n’importe quoi sur toute personne dérangeant Faure Gnassingbé et ses affidés. La technique est souvent la même. Transférer les allégations non vérifiées en justification de l’abus du droit et en actions répressives.

Mais au fait, pourquoi Félix Nahm-Tougli est-il convoqué ? Juste parce qu’il a accordé un interview officiel sur Radio Légende FM au Commandant Olivier Amah, un des nombreux militaires togolais conscients des dégâts que l’armée togolaise a causé au peuple togolais en s’alignant sur le système de falsification et d’instrumentalisation du RPT et d’UNIR. Mais que cherche à faire Faure Gnassingbé avec sa justice partiale en imposant depuis de plus de 6 mois la prison et l’humiliation à ce citoyen-patriote non coupable et courageux qu’est le Commandant Olivier Amah ? La punition sans jugement ! Et il se croit civilisé ?

9. La technique de la fausse Réconciliation déclarative au Togo

Où sont les rapports officiels sur les incendies des marchés de Kara et de Lomé ? Pourquoi les prisonniers politiques abusivement emprisonnés pour avoir manifesté pacifiquement pour leur droit social ou pour la vérité des urnes doivent encore être retenus en prison sans justificatif ? L’illégalité dans l’application du droit est une conception très Gnassingbéenne du droit, celle de la non-séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire 8. Mais tous ces prisonniers politiques sont innocents ! Le Togo a un système judiciaire qui est sommé de mettre d’abord en prison et de réfléchir ensuite  sur comment justifier l’incarcération et cacher le niveau d’humiliation et de déshumanisation infligé aux prisonniers. Mais n’est-ce pas là la description d’une République de l’arbitraire, de la falsification et de la soumission ? Est-ce cela que souhaite le peuple togolais ?  Faure Gnassingbé a mis en place un système subtil d’oppression juridique qui cache la violence bestiale et l’inhumanité vulgaire consistant à humilier non pas le peuple togolais, mais la vérité tout court. La contrevérité des urnes n’est qu’une dérivée de cette maladie congénitale de ce régime.

C’est donc un problème dont la solution relève tout autant de la psychiatrie que de la volonté du peuple togolais en 2014 et en 2015 si les élections ont lieu dans des conditions de transparence. Pourtant, Faure Gnassingbé peut sauver sa peau en faisant l’aveu de son système d’usurpation au lieu de continuer à s’enfermer dans l’entêtement et organiser la résistance à l’aveu de la vérité, de la justice et donc de la réconciliation. Il n’est pas question ici de parler de la « réconciliation déclarative » qu’il a lui-même organisé avec les ecclésiastiques locaux et qu’il n’arrive pas à mettre en œuvre, tant la vérité n’est pas bonne à entendre… En attendant, les ecclésiastes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans ou animistes sont tous bloqués aux portes du paradis. Les Togolais et Togolaises morts dans la souffrance à cause d’eux font grève aux portes du paradis et Dieu semble les écouter. C’est normal. Faure Gnassingbé n’a pas réussi à envoyer ses services de falsification de la vérité et les clés du paradis lui sont désespérément cachées. Les portes de l’enfer restent paradoxalement grand ouvertes. Allez savoir pourquoi ? Chaque Togolais et Togolaises sait dorénavant ce qu’il faut souhaiter à Faure Gnassingbé en 2014, à moins que dans son discours de nouvel an, il se contente de faire du verbiage comme à son habitude.

10. Recommandations du CVU-TOGO-DIASPORA

Il n’y a pas d’autres recommandations que le Togo retrouve la voie de bonne gouvernance économique, politique et sociale. Pour ce faire, il existe des conditions pragmatiques et pacifiques pour y parvenir. Parmi ces conditions, le CVU-TOGO-DIASPORA, qui reste une structure indépendante, financièrement et intellectuellement de CVU-TOGO, et nullement engagé par les déclarations récentes de CVU-TOGO, suggère :

  1. La démission de Faure Gnassingbé, de son Gouvernement avec un Premier ministre malade et plus particulièrement le ministre de l’économie et des finances pour le bilan négatif de sa gestion ou l’absence de bilan économique ;
  2. La recomposition d’une alternative politique, économique et sociale fondée sur la transparence et des règles démocratiques où le droit d’inventaire de l’opposition pourrait aller de pair avec le droit d’inventaire de la gestion du père Eyadéma et du fils Gnassingbé ;
  3. La prise de conscience des acteurs politiques de l’opposition togolaise que l’alternance n’est pas une fin en soi. Ce qui compte est que le Peuple togolais puisse retrouver les moyens de choisir ses représentants démocratiquement et sans contrevérité des urnes. Aussi, le droit d’inventaire et le bilan des stratégies non concluantes des partis et associations de l’opposition s’impose 9 ;
  4. La mise en place d’un Gouvernement de transition pour une période de moins de 12-18 mois chargé d’organiser des élections fondées sur la vérité des urnes sur la base d’un scrutin à deux tours ; les participants à ce régime de transition doivent être des patriotes et négocier d’abord les intérêts du peuple togolais avant ceux des étrangers et s’engager à ne pas se représenter pour les élections de la vérité des urnes ;
  5. Une prise de conscience de la partie responsable de l’armée togolaise dont la responsabilité aux yeux de l’histoire restera sans appel pour avoir adhérer, soutenu, et partagé avec Faure Gnassingbé les mannes de la gestion économique  du Togo au point d’avoir ré-endetté le Togo à des niveaux records en moins de quatre ans ;
  6. La prise de conscience du Peuple togolais que Faure Gnassingbé est en train de vendre de manière accélérée le Togo au plus offrant ;
  7. La lutte des citoyens togolais pour retrouver leur droit d’autodétermination de leur avenir et ne pas laisser Faure Gnassingbé endetter le Togo au point de demander aux petits enfants togolais de payer dans 50 ans les dettes engagées aujourd’hui et hier par la constellation Eyadéma-Gnassingbé et ses affidés.

La question reste entière donc : Est-ce que le Togo peut progresser économiquement, socialement et politiquement avec des usurpateurs de la vérité des urnes ? Le concept du coup de force permanent doit pouvoir être stoppé 10 car construit par des humains ; il peut et doit être déconstruit par des humains, vraisemblablement par des patriotes togolais. Encore faut-il s’organiser avec un objectif commun. Cela devra passer par une série de conférences des patriotes acquis à la cause du changement stratégique du Togo. Le ralliement à l’appel de Fulbert Attisso est une priorité pour ceux qui veulent « sauver le Togo » de la rétrogression accélérée du Togo sous Faure Gnassingbé et ses affidés.

24 décembre 2013.

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur général

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