Oct 212019
 

Visa france afrique Togo

La terre est ma patrie, le genre humain ma nation.

Tevfik Fikret (1868-1915)

Le vendredi 11 octobre, devant l’ambassade de France à Lomé, alors que flottaient les drapeaux de la France et de l’Union européenne en arrière-plan du prélat, Monseigneur Philippe Kossi Fanoko KPODZRO, Archevêque émérite de Lomé a lu une déclaration que nous reproduisons ci-dessous en intégralité. Il s‘est également rendu devant la prison civile de Lomé.

La Liberté, principe universel à défendre sans faillir

Animé par un véhément désir de venir en aide à ses concitoyens opprimés, il est venu en ce lieu symbolique élever une ferme protestation contre la passivité de la diplomatie française, en regard des entraves à la liberté subies par les citoyens du Togo. Comme conséquence, entre autres, d’une application drastique de « La loi sur la sécurité intérieure », notamment son article 28, votée par l’assemblée nationale du Togo au mois d’août 2019 et qualifiée par beaucoup d’entre eux de liberticide, au sens où dans les faits, les libertés publiques d’expression et de manifestation au Togo, sont actuellement abolies.

Transcendant la clarté du « message universel de la France des droits humains », « Inaliénables, Interdépendants et Universels », qui prévaut normalement dans une nation ou parmi toutes, l’humain représente la valeur suprême, Mgr KPODZRO considère que « Le Togo est un pays atypique » et brosse le tableau de l’étendue des restrictions multiformes des droits humains fondamentaux imposées par le régime politique, UNIR/RPT et Faure GNASSINGBE [ndlr. désignés implicitement]. En exergue de sa déclaration, il livre un catalogue non-exhaustif des plus criantes exactions : massacres de masse, infanticides, torture, incendies des marchés, emprisonnement pour raisons politiques, interdiction  des manifestations publiques, privation des droits élémentaires pour délit d’opinion, pillage des deniers publics dans l’impunité totale, farces électorales sans vérité des urnes avec caution solidaire de la dictature par les représentations diplomatiques, pouvoir sans vision et sans perspective, constitution  manipulée à volonté… démocratie systématiquement bafouée.

Au nom des valeurs de l’humanisme, Mgr KPODZRO, interpelle avec gravité la « France, pays des libertés, de la justice et de la fraternité » et, au nom des principes universels de liberté des peuples portés par la Révolution française de 1789, lui reproche dans le cas du Togo « de trahir » sa « promesse de voler au secours des peuples dont les droits humains sont violés en toute impunité depuis des lustres, comme c’est le cas au TOGO. »

Mgr KPODZRO, cite le discours prononcé par l’ambassadeur de France au Togo, [M. Marc Vizy ndlr] lors de la réception donnée le jour de la fête nationale du 14 juillet : « Notre fête nationale commémore la prise de la Bastille en 1789 mais aussi la fête de la Fédération de 1790. C’est donc la célébration à la fois de la fin d’un symbole du régime monarchique (une prison) et celle de la prestation de serment d’un roi devant la Nation dans un élan d’union nationale. Dans l’imaginaire des peuples épris de liberté, le 14 juillet est un rappel à la Révolution française.» Pour établir aussitôt un parallèle entre le symbole de la référence historique et la situation du Togo contemporain qu’il compare à une monarchie, indiquant que « Les Togolais rêvent de mettre fin au symbole d’un régime monarchique pour s’affranchir de la prison dans laquelle le tient la même famille politique depuis plus d’un demi-siècle. 1»

Le questionnement de Mgr KPODZRO à l’adresse de l’ambassadeur de France : « Qu’attendez-vous pour agir Monsieur le Représentant de la France au Togo ?», prend ainsi un relief particulier.

En portant l’action sur le terrain de l’interpellation des diplomates en poste au Togo, sensés connaitre parfaitement la situation politique, économique, sociale et sécuritaire du pays, l’intervention de Mgr KPODZRO devant l’Ambassade de France le 11 octobre est le prolongement naturel de son action courageuse et déterminée au cours de la dernière période, pour prendre la défense de ses concitoyens. N’hésitant pas au passage à fustiger et rappeler quelques vérités à ceux, au sein de la société togolaise, notamment les acteurs politiques, qui semblent avoir pris quelques distances avec les principes fondamentaux d’une action supposée être au service des autres.

Ceux qui seraient tentés de croire que l’intervention de Mgr KPODZRO auprès de l’ambassadeur constitue un point d’orgue de son action se trompent. En vérité, Mgr KPODZRO est aujourd’hui le phare qui projette la lumière de l’espoir.

De nombreux citoyens togolais s’interrogent, Mgr KPODZRO a-t-il quelque chance d’être entendu et de voir l’ambassadeur de France au Togo, emprunter son chemin de Damas pour convaincre son Ministre et son Président qu’il est temps de ne plus cautionner un régime politique suranné ?

Plusieurs éléments incitent à la réserve et semblent indiquer que la liberté et les droits humains sont devenus un « impensé » de la diplomatie française et des pays développés en général ! Parmi ceux-ci trois seront ici approfondis.

« Les États n’ont pas d’amis ; ils n’ont que des intérêts » 2 : persistance d’un langage diplomatique circonstancié !

Dans son discours du soir, le 14 juillet 2019, l’ambassadeur de France au Togo s’interrogeait à propos de l’EGALITE sur le « mode de dialogue entre les nations qui a été inventé au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui repose sur l’égalité entre ces nations est aujourd’hui remis en cause par des Etats puissants sur le plan économique et militaire qui privilégient, on peut le craindre, leurs propres intérêts. » Il est permis de s’interroger si ce n’est pas actuellement l’exacte situation des rapports entretenus entre les Etats de la France et du Togo en 2019, où la protection de quelques intérêts prévaut largement sur l’intérêt commun ?

Afin d’éviter toute confusion sémantique la prudence recommande de ne pas fondre dans un même creuset sans les différencier, le peuple français et son gouvernement, de même que le peuple togolais et son gouvernement.

Ainsi même si l’ambassadeur de France affirme aussitôt après que « La France est donc attachée à ce principe d’égalité entre les nations. », de nombreux exemples pris dans l’histoire du Togo et l’histoire des relations entre la France et le Togo, de l’indépendance à nos jours, tendraient à témoigner du contraire. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà !  

La doctrine « Les États n’ont pas d’amis ; ils n’ont que des intérêts », semble-donc, toujours en vigueur, comme l’actualité politique du monde semble l’indiquer. Le 5 août 2019, le gouvernement indien révoquait par décret l’autonomie constitutionnelle du Cachemire indien, l’Etat du Jammu-&-Cachemire, mettant la région sous la coupe directe de New-Delhi. Cette décision entraina le déploiement immédiat de 10000 hommes des forces armées puis de 28000 membres des forces paramilitaires. Une véritable occupation ! Très mal accueillie par les populations concernées, celle-ci fut immédiatement accompagnée de restrictions des libertés civiles, de l’emprisonnement arbitraire de dirigeants politiques, de la censure totale de la presse.

Est-il possible d’établir un parallèle ou de déceler quelques similitudes entre les méthodes utilisées au Cachemire et celles utilisées au Togo ? Quoi qu’il en soit, lorsque le 22 aout 2019, dix-sept jours seulement après l’annexion du Jammu-&-Cachemire, Emmanuel Macron a reçu à l’Elysée le premier ministre indien Narendra Modi.  Il s’est abstenu de commenter la restriction des libertés en cours au Cachemire, en ayant probablement à l’esprit la perspective de nouvelles ventes d’avions Rafale ou d’autres contrats juteux. Il est devenu notoire que des armes françaises sont actuellement utilisées dans le conflit meurtrier interne du Yémen pour commettre des violations graves du droit international du droit humanitaire, voire des crimes de guerre. 3

Le problème c’est que le Togo lui, n’a pas les moyens d’acheter des avions Rafale, tout juste quelques vedettes de surveillance maritime fournies par la France. Mais le Togo fournit régulièrement un contingent de soldats qui intègrent régulièrement les forces militaires internationales à l’œuvre en Afrique, notamment au Sahel. Dans un tel contexte, que pèse la liberté des citoyens togolais dans le jeu des relations internationales ?

Une diplomatie autocentrée sur la question sécuritaire !

L’ambassadeur de France a évoqué dans son discours l’évolution de la situation sécuritaire au Sahel et la probabilité de son extension au Togo : « C’est parce que la menace djihadiste qui sévit au Burkina est descendue suffisamment au Sud pour que nous ne soyons pas à l’abri de tentatives d’attentat ou d’enlèvement. Les autorités togolaises ont pleinement conscience du danger et les forces de sécurité togolaises ont bien réagi, se sont mobilisées et s’emploient à assurer la sécurité des populations concernées. » Avant cette déclaration, le site de l’ambassade de France à la suite d’une « importante séquence de coopération de défense » en janvier 2019, soulignait « l’intérêt de ces formations pour une meilleure connaissance mutuelle entre les armées françaises et togolaises et de la sous-région appelées à opérer ensemble dans les opérations de maintien de la paix ou la lutte contre le terrorisme. »

La lutte contre le terrorisme serait-elle devenue la ligne directrice de la diplomatie française et occidentale en Afrique de l’Ouest ? La nouvelle doctrine ?

Déclarer publiquement que les « forces de sécurité togolaises […] s’emploient à assurer la sécurité des populations concernées » sans s’interroger sur le ressenti des citoyens togolais devant une affirmation de cette gravité équivaut-il à délivrer implicitement un blanc-seing au gouvernement togolais ? Les citoyens qui disposent des mêmes éléments d’information que l’ambassadeur au sujet de la situation sécuritaire interne du Togo, savent depuis l’insurrection du 19 août 2017, que plusieurs dizaines de morts sont à dénombrer sans que le pouvoir ait concédé la moindre avancée pour satisfaire les revendications exprimées par le peuple en matière de réformes politiques, économiques ou sociales. Les forces de sécurité togolaises, ou pour utiliser une expression plus conforme à la réalité les « forces du désordre » du pouvoir, ont exercé une répression brutale et unilatérale des manifestations pacifiques. Le 8 décembre 2018 à Lomé, un enfant de onze ans fut fauché par les balles d’un fusil tenu par le chef d’Etat-Major des armées en personne.

Monsieur l’ambassadeur de France au Togo, en bon diplomate, devrait savoir que les mots sont parfois aussi meurtriers que les balles.

Comment les citoyens du Togo doivent-ils également interpréter la déclaration de l’Ambassadeur de France le 13 mai 2019 : « Comme je viens de l’indiquer, les réformes vont dans le bon sens et l’idée maintenant c’est que tout le monde participe aux élections locales et ensuite aux élections présidentielles. Avec un scrutin à deux tours, c’est aussi une chance pour l’opposition de gagner.», ceci en toute connaissance de cause. A savoir que les réformes n’ont pas été opérées de manière consensuelle et inclusive, que le processus électoral ne permet toujours pas l’expression de la Vérité des Urnes et que l’habillage de la fausse-démocratie, fusse-t-il un produit de haute-couture, ne constitue en rien un début de règlement de la crise politique de longue durée qui caractérise la situation du Togo ? 4  A moins qu’oubliant les souffrances multiples endurées par des millions de togolaises et togolais, il fallait sous-entendre dans les mots de l’Ambassadeur de France que « les forces de sécurité togolaises […] s’emploient à assurer la sécurité…», …des citoyens français présents au Togo. A ce sujet il serait utile que les services diplomatiques français au Togo s’interrogent sur la fiabilité du dispositif sécuritaire de leur Consulat, notamment son entrée brinquebalante qui ne semble pas adéquate pour garantir la sécurité des français et non français bloqués à l’entrée.

Il convient également de ne pas oublier les dizaines de prisonniers politiques ou d’opinion retenus arbitrairement, souvent sans procédure judiciaire ou avec des procédures iniques et arbitraires, qui sont toujours en détention dans les prisons du Togo, dont « la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU a ordonné en Juillet dernier la fermeture de la prison civile de Lomé, sans être entendue », comme l’a justement fait remarquer Mgr KPODZRO dans sa déclaration. Il y a dans ce domaine matière à faire œuvre utile pour obtenir la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, parmi lesquels le cas emblématique de Foly Satchivi condamné le 10 octobre à 28 mois de prison, condamnation qui ne vise qu’à sanctionner une activité pacifique de défense des droits civils et politiques au Togo. Le 16 octobre Faure Gnassingbé a émis un décret de grâce présidentielle qui a permis la libération immédiate de Foly Satchivi. Sans doute une opération de communication pour redorer son image à la veille d’une élection présidentielle à hauts risques.

 

Pendant ce temps des dizaines d’autres prisonniers restent en prison. Monsieur l’Ambassadeur de France, au nom de la Liberté, accédez à la demande de Mgr KPODZRO et intercédez pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion du Togo.

Togo-France : situation sociale tendue ! Mêmes causes, mêmes effets !

Ce considérant pourrait à priori paraitre inadéquat en regard du sujet traité, mais c’est l’ambassadeur de France lui-même qui a cru utile d’inviter dans son discours la situation sociale de la France par une saillie qui pourrait interroger les observateurs de la diplomatie. Usant du vecteur de LIBERTE il a déclaré à l’auditoire : « Cette année encore, la nation française a montré qu’elle était libre et qu’elle avait du caractère : je vous remercie d’ailleurs de ne pas être venus, ce soir, revêtus de vos gilets jaunes… Mais elle a montré également, avec le grand débat national, qu’elle sait se rassembler quand il s’agit de tracer un chemin collectif. »

Si un grand débat national était organisé au Togo, librement et dans la transparence absolue, à l’initiative des citoyens et non à celle unilatérale du pouvoir, comme ce fut le cas en France, les représentations diplomatiques présentes au Togo pourraient avoir quelques surprises sur le degré de maturité du peuple togolais débarrassé de la contrainte de la dictature. Il l’a prouvé en 1990, il pourrait mieux encore le prouver en 2020.

Quant au mouvement des Gilets jaunes et au traitement qui lui a été réservé par le Président de la République française, Emmanuel Macron, et le gouvernement français pour répondre aux multiples aspirations démocratiques portées par le mouvement des Gilets jaunes, l’ambassadeur de France n’a pas choisi le meilleur exemple pour exalter la LIBERTE. Tel un comédien qui n’est pas dans son rôle, il déclamait ici à contre-emploi.

Est-il possible de parler de respect des libertés en effet lorsque la répression du Mouvement des Gilets Jaunes en France, entre novembre 2018 et juin 2019, se solde par un bilan équivalent, toutes proportions gardées à celui des forces de sécurité togolaises entre août 2017 et décembre 2018. Un lourd bilan : 2 morts, 2448 blessés dont 860 manifestants 315 blessures à la tête, 24 éborgnés, 25 mains arrachées, 18 blessures à la main, 28 au dos, 75 aux membres supérieurs et 131 aux membres inférieurs, 4 aux parties génitales, 125 non renseignées, 164 intimidations, insultes et entraves à la liberté de la presse. Parmi les victimes 635 manifestants, 49 mineurs et lycéens, 28 passants, 115 journalistes, 33 personnels médicaux de secours.

Un tel bilan autorise-t-il de faire, à 5000 kilomètres de la France, de l’humour à bon compte sur la souffrance de milliers de compatriotes ?

A son corps défendant, M. l’ambassadeur de France permet ainsi de porter à la connaissance des citoyens du Togo que sous tous les cieux, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Que les causes dénoncées par Mgr KPODZRO sur les effets de la répression du système politique du Togo à l’égard des citoyens togolais, ayant de justes et légitimes revendications, produisent à Lomé exactement les mêmes effets qu’à Paris, lorsque les citoyens français, excédés de n’être jamais entendus par le pouvoir d’Emmanuel Macron sur leurs légitimes revendications, se retrouvent en opposition frontale et subissent une répression sans limites.

Créer des passerelles qui renforcent le combat universel pour la Liberté.

Face à la symétrie répressive F.GNASSINGBE-E.MACRON, il serait légitime qu’en face des oligarchies régnantes au Togo et en France se crée un FRONT des CITOYENS TOGO-FRANCE  pour exprimer les solidarités qui s’imposent et donner de l’ampleur au combat pour la Liberté  et la Justice Sociale.

Mgr KPODZRO a parfaitement agi en interpelant l’ambassadeur de France sur sa passivité devant la situation faite au peuple togolais, car il est à même, sur place, d’appréhender la situation sur les lieux mêmes des forfaitures du pouvoir.

Pour les raisons qui précèdent il est possible qu’une réponse concrète tarde à venir.

Aussi Mgr KPODZRO pourrait-il tout aussi utilement interpeller les autres Chefs de missions diplomatiques en poste à Lomé du groupe des cinq, Coordination du système des Nations unies, Délégation de l’Union européenne, Ambassade d’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique, avant qu’ils ne viennent apporter leur caution à la prochaine farce électorale en préparation. FF

16 OCT. 2019  PAR FRANÇOIS FABREGAT   BLOG : AFROUEST-ACTU FRANÇOIS FABREGAT

https://blogs.mediapart.fr/francois-fabregat/blog/161019/togo-libertes-l-impense-post-colonial-de-la-diplomatie-francaise


DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR

PHILIPPE KOSSI FANOKO KPODZRO, ARCHEVEQUE

EMERITE DE LOME, A L’ISSU DE SON SITTING A

L’AMBASSADE DE FRANCE POUR PROTESTER CONTRE

LA LOI PORTANT RESTRICTION DES LIBERTES

PUBLIQUES DE MANIFESTATION AU TOGO

France qu’as-tu fait de ta promesse de voler au secours des peuples dont les droits humains sont violés en toute impunité depuis des lustres, comme c’est le cas au TOGO.

Le Togo est un pays atypique où les massacres de masse sont légions, les infanticides une banalité, la torture une pratique courante, autant de faits dénoncés à maintes reprises par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, qui ordonna en Juillet dernier la fermeture de la prison civile de Lomé, sans être entendue.

On emprisonne pour des raisons politiques, on interdit les manifestations publiques, on prive des droits élémentaires des citoyens pour un délit d’opinion, on pille les deniers publics dans l’impunité totale et on triche à tous les étages ; et la démocratie qui donne force et vigueur aux institutions de la république est bafouée.

On brûle des marchés publics depuis 2013, sans que les vrais auteurs ne soient identifiés et soumis à la rigueur de la loi. On préfère une mise en scène à travers un faux procès où des adversaires politiques sont Inculpés, et jetés en prison. (J’aurai des révélations à faire à ce sujet dans les jours à venir).

Les élections sont des farces, des parodies, une comédie électorale conduite avec la complicité d’une administration sous-tutelle, où le pouvoir malgré son rejet massif par les masses s’attribue coûte que coûte la victoire, dans l’indifférence généralisée des représentations diplomatiques, faisant figure de caution solidaire de la dictature qui écrase ses enfants insoumis, rebelles à un pouvoir sans vision et sans perspective, à longueur de journée.

La constitution, la loi fondamentale, un essuie-main, qu’on manipule à volonté au service d’une monarchie qui ne dit pas son nom. Non ! ce n’est pas tolérable, cela relève d’un mépris arrogant des droits des peuples.

Et pourtant le message universel de la France des droits humains est clair et renforcé par des traités internationaux ratifiés par notre pays le Togo pour donner une force normative aux principes de ce corpus juridique. Ces droits humains sont aussi :

Inaliénables : personne ne peut être privé de ces droits, qui sont innés.

Interdépendants : tous ces droits sont liés et ont la même importance.

Universels ils s’appliquent à tous, partout dans le monde.

France, pays des libertés, de la justice et de la fraternité, pourquoi trahis-tu ta mission universelle envers le peuple togolais ?

A la dernière fête du 14 Juillet, Excellence Monsieur l’ambassadeur vous avez déclaré :

« Notre fête nationale commémore la prise de la Bastille en 1789 mais aussi la fête de la Fédération de 1790. C’est donc la célébration à la fois de la fin d’un symbole du régime monarchique (une prison) et celle de la prestation de serment d’un roi devant la Nation dans un élan d’union nationale. Dans l’imaginaire des peuples épris de liberté, le 14 juillet est un rappel à la Révolution française. »

Les Togolais rêvent de mettre fin au symbole d’un régime monarchique pour s’affranchir de la prison dans laquelle le tient la même famille politique depuis plus d’un demi-siècle.

Qu’attendez-vous pour agir Monsieur le Représentant de la France au Togo ? Un nouveau bain de sang comme celui qui permit à l’actuel souverain du Togo de capter le pouvoir en 2005 ?

Soyons dans la prévention au lieu de chercher à jouer plus tard les sapeurs-pompiers ; il serait vraiment trop tard, car le Togo malgré les apparences trompeuses de calme qu’il présente est au bord de l’explosion.

Le vieux prélat maladif et au bord de la tombe que je suis ne saurait se murer dans un silence complice et coupable face aux souffrances et aux cris de douleurs du troupeau de DIEU à moi confié par le SEIGNEUR JESUS-CHRIST, mon maître et mon modèle, qui nuit et Jour ne cesse de m’interpeler et m’envoie en mission à l’exemple de Moïse vers Pharaon qui maintenait le peuple d’Israël en esclavage, et d’Ezéchiel à qui il a enjoint de clamer haut et fort la vérité, même si on ne l’écoutait pas. Ezéchiel 3-16

QUE DIEU BENISSE LE TOGO, AU NOM DU PERE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT.

AMENSE Mgr Philippe Fanoko KPODZRO

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