Mar 032016
 

CVU-Togo-Diaspora-logo42.jpgANALYSE DU CVU-TOGO-DIASPORA DU 3 MARS 2016

Le pouvoir togolais kidnappe le Dr Antoine Randolph, invente des preuves sans les fournir, refuse de répondre aux Chancelleries occidentales. Incapable de respecter le droit togolais, le droit régional et le droit international, faut-il continuer à traiter avec un tel régime ?

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur, cvu-togo-diaspora.org

3 mars 2016

Pour faire suite à l’analyse de CVU-TOGO-DIASPORA du 25 février 2016 1 qui constatait le kidnapping du Dr vétérinaire Antoine Randolph, – un membre influent de la Diaspora togolaise -, par les responsables de l’Agence nationale de Renseignement (ANR) du Togo -, il faut bien constater à ce jour que ce patriote résistant et combattant de longue date pour l’avènement de la démocratie au Togo est toujours privé de liberté. Face à une telle défaillance, le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame, doit démissionner car incapable d’assurer la sécurité et la protection civile des citoyens togolais. A ce titre, la question est de savoir s’il est capable d’assurer celle de Faure Gnassingbé et pour combien de temps ?

1.    OU EST LE DR ANTOINE RANDOLPH ?

Nul ne sait si le Dr Antoine Randolph a été battu, torturé, empoisonné, s’il est encore vivant ou mort ?  Chacun se rappelle du cas du Dr Atsutsé Agbobli, Leader du parti des Travailleurs, qui a été kidnappé dans des circonstances similaires et qui a été retrouvé mort sur la plage de Lomé, après selon toute vraisemblance y avoir été déposé en catimini, alors que des traces importantes de tortures et d’empoisonnement ont été trouvées sur son corps. A ce jour, son assassin court toujours et l’Agence Nationale de Renseignement du Togo qui bénéficie des financements des bailleurs de fonds occidentaux, dont la France, n’a apporté aucun renseignement qui permettrait d’apporter tous les éclaircissements dans ce dossier.

Faut-il rappeler les nombreux autres cas de personnes anonymes qui subissent les fourches caudines du système d’élimination mafieuse dirigé contre les enfants de la liberté et de la démocratie et de la vérité des urnes ? Certainement, Tavio Amorin, Omer Adoté de grands patriotes togolais tués par le système de Gnassingbé Eyadéma pour ne citer que ces deux martyrs du régime dynastique qui perdure ! Pour tous ces martyrs de la démocratie, la liberté est incompatible avec la compromission. Ils l’ont fait savoir, mais le peuple togolais a choisi l’indifférence. Chacun se terre dans son coin et vocifère ici et là espérant qu’un changement interviendra par enchantement.

2.    A QUAND LA MANIFESTATION AVEC OU SANS LES PARTIS DITS « D’OPPOSITION » ?

Pour certains dirigeants, le choix a été simple. Profiter du système tout en continuant à servir d’amortisseurs pour éviter des troubles dans le pays. Mais, on ne peut être à la fois payé  pour aller à des élections présidentielles et prétendre pouvoir défendre la liberté de ceux qui luttent pour les valeurs universelles de l’autodétermination des peuples et des citoyens.

De nombreux responsables de l’opposition togolaise dite « modérée » ou « radicale » ne l’ont pas compris. Une partie de la population togolaise non plus, exhortée qu’elle est par une partie des ecclésiastiques qui légitiment le régime de la peur et de l’intimidation quand il ne s’agit pas d’un régime de la mort.

Alors quand les pays Occidentaux demandent aux réfugiés – victimes des guerres que ces mêmes  pays occidentaux ont engendrées – de rentrer chez eux, qu’ils essayent aussi de réfléchir à leurs responsabilités et fautes graves qui consistent en Afrique – plus systématiquement dans la zone Franc -, à soutenir les régimes issus de la contre-vérité des urnes au lieu de soutenir les mouvements pacifiques de l’alternance démocratique. Si cela avait été fait en 1963 après l’assassinat du premier et seul Président démocratique que le Togo ait connu, peut-être que le Dr Antoine Randolph n’aurait pas passé sa vie à Colmar en France à partir de 1985 comme « réfugié politique » à soigner les animaux des Français. Mais il aurait certainement passé plus de temps à soigner ceux du Togo et vraisemblablement n’aurait pas été kidnappé si un régime démocratique avait existé au Togo.

Est-ce à dire que le Dr Antoine Randolph, le Président du Rassemblement National pour la Démocratie et la Panafricanisme (RNDP) qu’il est, aurait été parmi des candidats potentiels que le peuple togolais aurait peut-être choisis ? Certainement ! La responsabilité de la France dans le soutien au système de Gnassingbé Eyadéma doit pouvoir se corriger.

3.    LA RESPONSABILITE DE LA FRANCE : DEMANDER DES EXPLICATIONS NE SUFFIT PAS !

Alors merci au Premier Ministre français Manuel Valls et au Ministre des affaires étrangères et du Développement international Jean-Marc Ayrault pour avoir exigé de Faure Gnassingbé des explications 2. Mais, les réponses évasives fournies par les autorités togolaises signifient que Faure Gnassingbé a décidé de « botter » en touche. C’est comme si la voix prépondérante de la France, qui sonne comme un veto au sein du conseil d’administration de la Zone Franc pour préserver le Franc CFA, est devenue si douce et inaudible que le système de Faure Gnassingbé n’en fait aucun cas. Alors, comment même accepter que Faure Gnassingbé, à la tête d’un Etat voyou, un Etat qui kidnappe, puisse même participer à la 31e session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies qui a débuté le 1er mars 2016 à Genève en Suisse. Est-ce que l’ONU se rend compte qu’en invitant celui-là même qui dans la période concomitante à cette réunion bafoue de cette manière les Droits de l’Homme dans son pays, c’est la meilleure façon de le légitimer. Pauvre bureaucratie onusienne qui se préoccupe plus de remplir sa salle que défendre les droits des citoyens sur le terrain.

4.    QUAND LE TOGO FAIT UN « BRAS D’HONNEUR » A LA FRANCE !

A la demande de la chancellerie française de savoir ce qu’il est advenu du Dr Antoine Randolph, les officiels togolais répondent à la France ceci : « Nous serons en mesure de répondre à votre requête dès que la compilation des preuves sera terminée », il faut bien considérer cela comme un « bras d’honneur » qui ressemble à s’y méprendre à une « quenelle » tant décriée en France. Mais là encore, quelles pressions ? La France a les moyens de geler les avoirs des dirigeants togolais et leurs familles dès lors qu’il y a déni de droit sur tous citoyens du monde. Le Dr Antoine Randolph, innocent de tout crime ou délit, qui a servi la France pendant des décennies ne peut croupir dans les prisons togolaises, ce sous la présidence de François Hollande, très attaché aux droits des français partout où ils se trouvent.

La Diaspora togolaise par la voix du Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise (CMDT) n’a pu obtenir aucune réponse de l’Ambassadeur du Togo à Paris qui refuse de prendre le téléphone dès que la Diaspora togolaise tente d’avoir des explications. Aussi, des manifestations ont eu lieu devant l’ambassade du Togo à Paris et d’autres sont encore prévues. La Diaspora togolaises des Etats-Unis comme au demeurant celle résidant au Canada se sont indignés 3.

Alors, la question doit être posée. Y-a-t-il de la complaisance de la part des autorités françaises pour le régime de Faure Gnassingbé, un système familial fondé sur l’achat des consciences et la contrevérité des urnes ? La réponse dépendra de la pression que la France dite de « gauche » pourra exercer sur un Etat voyou avec lequel le contact n’est pas rompu.

Peut-on sans déni du droit, kidnapper une personne et ne pas donner des preuves de la vie et de la bonne santé au-delà des 72 heures prévues pour la garde à vue, alors qu’aucune preuve délictuelle n’est à la disposition du pouvoir de Faure Gnassingbé qui s’évertue sans doute à les rassembler, quand il ne s’agit pas ici de les inventer.

La France qui refuse le droit d’asile aux Togolais et Togolaises de la Diaspora devrait revoir sa copie car le système dit « démocratique » de Faure Gnassingbé, à la recherche d’un hypothétique gouvernement d’union nationale par l’achat des consciences, a retrouvé ses réflexes d’antan : la brutalité, le viol des libertés, l’abus du droit et l’arbitraire.

5.    CHANGER LE NOM DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES

Alors les Messieurs de l’ONU, continuez à inviter Faure Gnassingbé à vos séances interminables sur le déni des droits les plus fondamentaux des humains et vous serez         ainsi contraints d’ajuster et de mettre à jour le nom de votre institution, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, devenant le Conseil des Abus des Droits des Humains des Nations Unies ! L’ONU a réussi la prouesse de transformer le système du droit des humains en un système des humains sans droits.

Si l’ONU sert encore à quelque chose, les responsables onusiens doivent le prouver ! Faites libérer l’innocent Dr Antoine Randolph sans condition, et en bonne santé ! Merci d’avoir pris le temps de lire.

6.    LE SILENCE COUPABLE D’UNE PARTIE DES CITOYENS TOGOLAIS Y COMPRIS DANS LA DIASPORA

Mais il faut revenir à l’essentiel. Si le peuple togolais opte pour l’indifférence et refuse de voir la vérité en face, d’autres Dr Antoine Randolph disparaitront et le tour de chacun ne tardera pas à venir.

Certains citoyens togolais adeptes du silence coupable et peu fiers de ne pas ressembler à leurs frères et sœurs « intègres » du Burkina Faso ont opté pour la compromission. Au point d’être incapables de s’unir pour manifester pour constater le déni de droit, le déni de liberté et exiger la libération sans condition du Dr Antoine Randolph. Oui, les partis politiques de tous bords et les populations doivent manifester pour que le monde sache que l’on ne kidnappe pas impunément. La démocratie de la honte doit être effacée de la carte de l’Afrique et même du monde. Mais encore faut-il avoir pris son abonnement pour apprendre la culture de combat pour la vérité et de la justice !

Mais au demeurant, Faure Gnassingbé, encore au pouvoir après deux mandats de cinq ans usurpés, est-il pris en otage entre les extrémistes de son régime ? La survie de ces extrémistes au pouvoir est-elle liée au maintien de Faure Gnassingbé au pouvoir ? La réponse semble être oui à ces deux questions. Alors, toutes alternatives crédibles à ce pouvoir, voire toutes velléités de contestation de la contre-vérité des urnes dont est issu tout le pouvoir militaro-civil de Faure Gnassingbé doit être mis au silence. Le silence des cimetières !!! Bref, c’est bien l’avenir des Togolais et des Togolaises qui est pris en otage par des mafieux. Un Etat voyou dont les membres circulent au sein de la communauté internationale impunément juste parce que les membres savent s’aligner sur les positions à géométrie variable de ceux-là mêmes qui constituent la dite « communauté internationale ».

7.    RECOMMANDATION DE CVU-TOGO-DIAPOSRA

Alors la question est de savoir si le Dr Antoine Randolph est en fait dans un état de coma avancé dû à des séances de tortures dont seul le Régime de Faure Gnassingbé connaît les secrets ? C’est probablement ce qui en réalité empêche Faure Gnassingbé et son ministre Yark Damehame ainsi que toute  l’équipe chargée des basses besognes de la République bananière, d’apporter des clarifications sur le non-respect des procédures juridiques nationales, régionales et internationales après avoir kidnappé un citoyen franco-togolais en l’absence d’un mandat d’amener.

Les seules recommandations qui vaillent sont que :

  • Yark Damehame, le Ministre qui a failli à sa mission de garantie de la sécurité d’un citoyen libre et, incapable de respecter le droit national et international, doit démissionner et le Dr Antoine Randolph doit retrouver sa liberté et défendre son cas selon le droit le plus élémentaire national, régional et international ;
  • Mais, peut-être que la pression française et celles des autres chancelleries sans compter les chefs d’Etat africains épris de démocratie pourraient permettre d’avoir des preuves de vie et de bonne santé de Mr Randolph avant une libération immédiate est sans conditions. YEA.

3 mars 2016.

Dr Yves Ekoué AMAÏZOCoordonnateur général

 

©cvu-togo-diaspora.org

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