May 112013
 

CVU-Togo-Diaspora-logo42.jpgFaure Gnassingbé refuse toute transparence sur les enquêtes menées dans le cadre des incendies criminels des 9 et 11 janvier 2013 des marchés de Kara et de Lomé. Il s’obstine à refuser de libérer les nombreux prisonniers des partis d’opposition, des associations défenseurs des droits humains, des journalistes indépendants et des simples citoyens togolais. Ces derniers défendent le droit à la vérité sur le dossier des incendies des marchés, un droit qui passe par la vérité des urnes et la vérité des comptes publics. Mais que défend donc Faure Gnassingbé ? L’IMPUNITÉ !!!

1.    ETIENNE YAKANOU : MORT D’UN DÉMOCRATE INNOCENT EN PRISON AU TOGO

Le Collectif pour la Vérité des Urnes Togo-Diaspora ne peut rester insensible à la triste nouvelle du décès d’un des militants de L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) détenu depuis plusieurs mois dans les locaux de la gendarmerie dans des pseudo-investigations du pouvoir de Faure Gnassingbé autour des incendies criminels des marchés de Kara et de Lomé.

Monsieur Etienne YAKANOU membre de l’ANC s’en est allé dans les prisons sordides de Faure Gnassingbé. Monsieur Etienne YAKANOU a été appréhendé sans mandat d’arrêt, sans preuves et a été interdit de faire valoir ses droits à la défense pour une affaire où il a eu le malheur de se trouver sur le passage de la police-gendarmerie togolaise laquelle se cache derrière le droit pour mieux faire avaler les turpitudes juridico-légales de l’autocrate Gnassingbé Junior. Monsieur Etienne YAKONOU est donc mort pour que le peuple togolais retrouve sa liberté.

Monsieur Alphonse Kpogo, le Secrétaire général du parti ADDI (Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral), serait dans un état très critique avec des convulsions dues à des violences caractérisées alors que Monsieur Apollinaire, le chauffeur du Président de l’Union des Forces du Changement, Jean Pierre Fabre, aurait des malaises cardiaques vraisemblablement dus à l’alimentation proche des poisons aux effets directs et indirects, administrés dans les prisons togolaises en guise de nourriture. Tous les trois étaient retenus sans mandat, sans jugement, sans raison à l’annexe de la gendarmerie dans le quartier Kakaveli à Lomé.

  • 2.    RESPONSABILITE INDIRECTE DE LA FRANCE 

Faure Gnassingbé vient de franchir une étape supplémentaire dans sa soif de torture gratuite des opposants, des journalistes et militants de la société civile pour le retour de la vérité des urnes et de la vérité des comptes au Togo. Monsieur Etienne YAKANOU est la énième victime d’un système RPT/UNIR qui utilise l’abus de pouvoir comme outil de stabilité du régime et d’élimination des alternatives politiques et économiques crédibles. Cette logique de la terreur, de la désinformation, de la torture et des exactions de toutes sortes perpétrées depuis des lustres par le pouvoir de Faure Gnassingbé à l’encontre des démocrates et des militants togolais ne peut rester impunie.  C’est le silence des capitales occidentales, précisément de la France, l’Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis et l’Union européenne qui fait honte.

Pourquoi ? Dans le cadre de la coopération Togo-France, des experts français de la police scientifique avaient été sollicités pour aider à trouver les causes des incendies criminels des marchés de Kara et de Lomé. Plusieurs associations au Togo comme dans la Diaspora dont le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales ont sollicité le Ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius, pour que le rapport des experts de la police française sur les incendies au Togo soit rendu public immédiatement 1.

Si le rapport final avait été publié sans altération, ni modification unilatérale par le pouvoir de Faure Gnassingbé, ce depuis au moins 3 ou 4 semaines qu’il est disponible au niveau des autorités togolaise, les prisonniers politiques, des innocents, auraient immédiatement libérés, même sous caution.

Monsieur Etienne YAKANOU est donc mort parce que Faure Gnassingbé a refusé de publier le rapport final des experts sans modifications et immédiatement.

Monsieur Etienne YAKANOU est mort parce que la France et plus particulièrement les ministères concernés (Ministère des affaires étrangères et Ministère de l’intérieur de la France) ne mesurent en rien les dégâts de leur diplomatie « normale » et l’utilisation irresponsable que le système de Faure Gnassingbé peut faire de leur respect des procédures diplomatiques pour justifier l’impunité au Togo.

3.    FAURE GNASSINGBÉ : EXPERT EN MYSTIFICATION DES OCCIDENTAUX

Faure Gnassingbé les roule dans la farine de manioc et :

  • cause la mort de combattants de la liberté lesquels manifestent chaque semaine depuis plus de 14 mois pour la fin de l’impunité au Togo ;
  • empêche la libération des nombreux prisonniers politiques qui n’ont pour simple faute que d’avoir manifesté pour la liberté, la transparence électorale, le dialogue et la démocratie ; et
  • bâillonne les médias parce qu’ils travaillent en toute indépendance et publient les vérités dans leurs journaux 2. C’est ainsi que le pouvoir de Faure Gnassingbé vient d’enlever ce jour, ce en toutes infractions juridiques, le directeur de publication du mensuel « La Nouvelle », Bonéro Lawson-Betum 3 et menace de manière non-voilée et avec des harcèlements sur la famille, Idelphonse AKPAKI, Directeur de publication du journal La Gazette du Golfe lequel risque d’être « attrapé » sous peu alors que le régime RPT/UNIR, via Kokou Biossey TOZOUN, le Président de la HAAC du Togo, a décidé unilatéralement d’interdire et sans raison, le renouvellement de la publication de ce journal, ce depuis plus de 12 mois.

On ne peut citer tous les cas d’atteintes aux libertés fondamentales au Togo.

4.    LE REPRESENTANT DE L’UNION EUROPEENNE SORT DE SA LETHAGIE PREELECTORALE

Monsieur Etienne YAKANOU est mort parce que la « normalité » des rapports de la Françafrique se fait sur la base d’une non-rupture avec les pratiques anciennes au Togo.

L’Union européenne par la voie de son représentant, Patrick Spirlet, vient enfin de saisir la profondeur de la crise entre le pouvoir de Faure Gnassingbé et l’ensemble des représentants du peuple togolais en déclarant qu’elle ne voit pas d’autres alternatives  « que le passage par des élections crédibles pour définir les rapports de force politiques 4 ». Mais, c’est ce que l’opposition togolaise, la société civile togolaise, la Diaspora togolaise et tout le peuple togolais ne font que RAPPELER depuis des décennies.

Toutes les manifestations de remise en cause de la contrevérité des urnes de 2005 et de 2010 ne sont que les conséquences des décisions couardes de l’Union européenne. Le représentant de l’Union européenne devrait donc prendre sa part de responsabilité dans le drame togolais. Si l’Union européenne avait déclaré que Faure Gnassingbé n’était pas le Président du Togo parce que les résultats proclamés ne reflétaient pas la VERITE DES URNES, le nombre de morts, de blessés, de manifestations et le niveau d’impunité au Togo seraient au plus bas. Alors espérons que l’affirmation du représentant résident de l’Union européenne au Togo veillera à ce que son propre constat tardif ne restera pas lettre morte. Combien de morts, de blessés, de privation de libertés, d’impunités faudra-t-il aligner sur la liste des exactions de Faure Gnassingbé pour que l’UE accepte enfin de déclarer la contrevérité des urnes au Togo. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

5.    RECOMMANDATIONS DU CVU-TOGO-DIASPORA

Aussi, en soutien à tout le peuple togolais y compris ceux de la Diaspora que Faure Gnassingbé refuse de comptabiliser dans ses listes électorales de l’à peu près 5, CVU-Togo-Diaspora continuera à lutter aux côtés des partis, collectifs, associations et citoyens togolais pour l’avènement d’une vraie démocratie au Togo en exigeant la vérité des urnes. Pour cela et comme la fraude est devenue préélectorale au Togo :

Le CVU-Togo-Diaspora en harmonie avec le Peuple Togolais et sa Diaspora :

  • présente ses condoléances à la famille du valeureux et innocent Monsieur Etienne YAKANOU. Paix à son âme ! Les morts ne sont pas morts !
  • exige la libération immédiate de tous les détenus politiques autant dans le cadre de l’enquête sur les incendies des marchés du Togo, que de l’ensemble des détenus politiques maintenus arbitrairement et abusivement en prison en dehors de toute procédure judiciaire en conformité avec les engagements internationaux du Togo ;
  • sollicite l’Union européenne et la France, principaux co-responsables de la situation politique actuelle pour avoir avalisé indirectement une contrevérité des urnes de 2005 et 2010, de diligenter une mission dans les prisons du Togo pour s’enquérir de l’état de santé réel des innocents emprisonnés pour avoir soutenu le processus de lutte pour la liberté et la démocratie et de mettre en place un fonds d’appui à la restauration de la santé des combattants de la liberté au Togo et utiliser les cliniques locales indépendantes pour procéder aux contrôles médicaux ;
  • demande à la communauté internationale d’arrêter de fermer les yeux sur les tortures inhumaines et l’administration de drogues et poisons lents aux détenus dans les prisons togolaises. Certains des détenus y succombent alors que le cynisme des autorités est d’assurer que les morts et handicapés ne sont pas morts dans les prisons togolaises. Ce double-jeu vient d’être démasqué avec la mort non-accidentelle de Monsieur Etienne YAKANOU.

Tout le Togo sait que la plupart des prisonniers politiques meurent ou sont atteints de maladies difficiles à soigner quelques mois après leur libération, si libération il y a.

Alors, si tout ceci est « normal », il faut croire que le Peuple Togolais doit s’éloigner de la notion de « normalité » dans les rapports entre les partenaires au développement et le régime de Faure Gnassingbé.

11 mai 2013

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur général

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