Apr 302012
 

Cette chronique a pour objectif de vous offrir des connaissances liées aux expériences et aux bonnes pratiques sur l’argent qui ne sont pas enseignées dans le circuit scolaire et universitaire classique.

Cet Africain qui apparaît sur la photo ci-dessus est en visite officielle à Tavagnacco en Italie. Il s’agit de Léon MEBIAME qui fût la 2ème personnalité du Gabon pendant 22 ans.

Il fut Vice-président du Gabon de 1968 à 1975 et Premier-ministre de 1975 à 1990. Vous mesurez, j’en suis certaine, l’immense pouvoir dont disposait  cet homme dont les apparitions à la RTG (Radio télévision gabonaise), après chaque conseil des ministres, était vécu comme l’évènement du jour,  dans la mesure où il pouvait vous  nommer comme ministre où vous démettre de cette fonction tant convoitée. Mais ce qui a rendu célèbre Léon MEBIAME a été une phrase prononcée par lui dans les années 80 et qui est restée dans la mémoire collective gabonaise. Alors qu’un journaliste lui posait une question en rapport avec sa gestion des finances de l’état,  il lui répondit avec son flegme légendaire :

« L’argent n’aime pas le bruit ».

Cette expression s’est banalisée à un tel point au Gabon que rendre des comptes sur la gestion des biens de l’état est encore aujourd’hui jugée anormale. Pire, des expressions employées par l’homme de la rue  comme « ministre madjango » sont attribuées avec mépris à des ministres ou ex-ministres  commettant  le péché de ne pas faire comme « le mouton qui broute là où il est attaché ». Emmanuelle NGUEMA MINKO, Docteur en Anthropologie Politique a écrit dans « La géopolitique du pluralisme culturel au Gabon : stratégies de longévité politique et techniques gouvernantes clientélistes » parue dans la Revue Enjeux N° 37 du 4ème trimestre 2008 « qu’une famille qui se veut importante se doit d’avoir « son grand quelqu’un »,  son « quelqu’un de l’hôpital » ou dans telle ou telle autre administration ».

Et ce « grand quelqu’un » poursuit-elle, se doit de « manger » au mieux pour résoudre les problèmes des membres de son clan qu’il a l’obligation d’honorer. Tout cela est fait pour préserver l’unité nationale,  contenir « les velléités populaires » et garantir ainsi la stabilité politique du pays.

Emmanuelle NGUEMA MINKO fait aussi observer que « si l’opinion internationale perçoit la géopolitique comme un indice de corruption et de sous-développement, au Gabon, ces éléments traduisent une preuve de bonne volonté dans la redistribution « équitable » des ressources de l’état ».

Alors quel est le bilan, aujourd’hui en 2012, de cette gouvernance clanique des ressources du Gabon ? Je vous laisse seul juge.

Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est le sort réservé à ces « grand quelqu’un » au soir de leur vie. Comme Léon MEBIAME qui  a  rejoint l’opposition en 1990 et occupe le poste de Président de la chambre de commerce du Gabon.

Selon le journal GABON LIBRE, l’ancien numéro 2 du régime BONGO ONDIMBA aurait eu des déboires avec la justice en 2010 pour avoir  séquestré  son conseiller et l’avoir traité de noms d’oiseaux  pour une affaire de frais de mission (voir site du RPDG).

Feu le président MOBUTU est l’exemple frappant de ce qui arrive à ces « grand quelqu’un » qui se consacrent uniquement à faire « manger » leur clan (voir la vidéo suivante portant sur la chute du Président Mobutu, du Zaïre)

Tous ceux qui ont fait MOBUTU roi, l’ont abandonné. Serge MBOUKOU  1,  Docteur en Anthropologie sociale et ethnologie et  professeur de Philosophie écrit que lorsque la maladie atteint Mobutu, « les rangs s’éclaircissent autour de lui, ses « amis » africains mais aussi occidentaux (et pas des moindres) l’abandonnent. La traversée du désert, l’exil, puis finalement la mort seront, au bout de ce parcours qui coïncide avec cinq décennies d’une histoire africaine en quête de reconstruction politique et identitaire, une sorte de métaphore d’un pays mais aussi d’un continent ».

Tout puissant qu’il était, le « grand léopard » a utilisé l’argent comme  une arme de séduction massive, une arme lui  servant à  contrôler son peuple, acheter le silence et la fidélité de son clan en échange du statut de « Elombe » c’est-à-dire héros victorieux  pendant que l’uranium venant des mines de son pays  a propulsé le monde  occidental dans l’ère atomique.

Alors pourquoi, il ne faut pas être l’otage de son clan ?

Parce que le clan constitué est souvent constitué de quelques privilégiés illégitimes et sans scrupules  qui n’ont  d’autre ambition que de « manger » et de faire étalage de cette richesse qu’il ne mérite pas.

Parce que l’argent est une énergie, un concept, une invention neutre qui procède d’un principe simple : Il faut d’abord produire de la richesse par la création de valeur ajoutée et s’assurer ensuite de faire circuler l’argent dans les mains de tous et pas d’un petit nombre. C’est cela la richesse partagée.

Il eu suffit au Président MOBUTU d’organiser la création de la richesse et d’assurer une redistribution de l’argent ainsi créé du Zaïre aux forces vives de son pays pour goûter à la vraie immortalité.

A bientôt !

Eugénie, Coach et mentaliste

Vos questions et commentaires sont les bienvenus.

EUGENIE DIECKY Contact : dieckyeugenie@yahoo.fr

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