Aug 302019
 

infrastructures au Ghana

Plus personne ne conteste le besoin d’infrastructures en Afrique. Le problème est ailleurs. Les budgets des Etats montrent leurs limites, sans compter la capacité à gérer tout le processus des projets d’infrastructures. Mais l’objectif d’intégration régionale se conjugue aussi avec la diversification, le lien social et les facilités commerciales au Ghana. L’exemple de la future réalisation d’un pont qui traversera le lac « Volta 1 » avec un financement japonais peut servir de pratiques de référence pour d’autres pays africains.

1. BESOIN DE FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES EN AFRIQUE

L’Afrique subsaharienne a compris depuis longtemps que la corrélation entre sa croissance économique accélérée va de pair avec le développement et la qualité des infrastructures pour les populations. L’amélioration des infrastructures en quantité et en qualité pourrait améliorer la croissance du PIB par habitant entre 1,2 % et 1,7 % par an 2, un gain direct pour les populations.

Le problème n’est pas s’il faut financer des infrastructures, mais bien de comment les financer compte tenu des insuffisances budgétaires des Etats africains. L’investissement par l’Etat comme la solution principale trouve rapidement ses limites du fait du niveau élevé des dépenses d’infrastructure dans l’augmentation de la dette du pays. Cette absence de marge de manœuvre conduit instinctivement, mais aussi judicieusement d’aller chercher des sources de financement alternatives auprès des investisseurs étrangers directs, des Etats étrangers qui peuvent soutenir en bilatéral, des institutions financières de développement et des investisseurs institutionnels pour répondre au besoin de financement des infrastructures.

2. GHANA 2020 : OPERATIONALISER L’INTÉGRATION RÉGIONALE ET LE LIEN SOCIAL ET COMMERCIAL

Le Ghana est l’un de pays africain dont les perspectives de croissance sont bonnes avec 8,8 % du produit intérieur brut pour 2018 et une moyenne de 6,6 % entre et 2010 et 2020. Avec un taux d’inflation (prix à la consommation) élevé de 9,8 % en 2018 et une moyenne de 11,36 % entre 2010 et 2020, la gouvernance économique ghanéenne peut mieux faire.

En matière d’infrastructure de bien-être le Ghana progresse. Des projets nationaux comme régionaux d’infrastructure apparaissent régulièrement et s’inscrivent souvent dans le respect d’une planification structurée de l’aménagement du territoire et des interconnexions avec les pays voisins de la sous-région et au-delà.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement a trouvé une solution pragmatique pour relier par la route du Corridor Est, les régions du Grand Accra, de la Volta, du Nord et de l’Extrême-Orient du pays 3. En filigrane, outre l’intégration régionale, c’est le développement des exportations de diversification du Ghana comme les des noix de karité, du beurre de cacao et de la mangue des régions de l’Est, d’Ashanti, de Brong Ahafo et du Nord vers le port de Tema et au Burkina Faso qui est promu.

Les investissements directs étrangers (IED) dans les infrastructures publiques vont également contribuer à la résorption du déficit d’investissement croissant dans les infrastructures du Ghana. S’il est vrai qu’il existe d’importants déficits d’infrastructure, il est tout aussi vrai que les marges de manœuvre financières de l’Etat sont limitées pour intervenir.

3. INFRASTRUCTURES GHANÉENNES : TROUVER LE BUDGET ET LE PARTENAIRE AVANT DE SE LANCER

Le Ghana projette de construire un nouveau pont sur la Volta à partir de 2020 avec un financement à taux préférentiel du Japon, La préparation des projets concessionnel de type partenariat public-privé (PPP) bénéficie d’une excellente préparation par les autorités ghanéennes au point d’avoir atteint le point de non-retour : la sélection du prestataire qui est en phase de conclusion.

Il s’agit en fait de l’exécution d’un accord de prêt de 112,39 millions de $EU du Gouvernement japonais mis à disposition depuis décembre 2016 et approuvé par le Parlement ghanéen pour la réalisation du deuxième pont le plus long du Ghana. Ce pont à haubans fera 540 mètres de long et sera large de 17,1 mètres respectant les standards internationaux avec une voie double et à deux sens sur une chaussée asphaltée avec des passerelles pour piétons, des pistes cyclables et des ponts à péage.

Le Ghana est donc en train d’avancer dans la voie de la résorption de son déficit d’infrastructures. Ce pays contribue à l’intégration régionale, et de fait à l’amélioration du bien-être des populations par le développement et la diversification des échanges. Le désenclavement de cette région améliorera le niveau de facilités commerciales et des capacités productives.

En décembre 2016, le Parlement ghanéen avait approuvé un accord de prêt de 112,39 millions USD du gouvernement japonais pour la réalisation de cet ouvrage. Il s’agit du futur pont à haubans, long de 540 m et large de 17,1 m, qui deviendra le deuxième plus long du Ghana. Il servira d’alternative à l’actuel pont d’Adomi, long de 334 m, en service depuis 1967.

Le Ghana pourrait financer une grande partie de ses infrastructures directement. Mais il serait peu sage de ne pas profiter des taux d’intérêts extrêmement bas à l’étranger et ne pas « acheter à crédit » une infrastructure comme un pont en bénéficiant d’une combinaison d’accompagnement de partenaires étrangers comme le Japon. YEA.

30 août 2019.

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Ph D, MBA.

Directeur Afrocentricity Think Tank

© Afrocentricity Think Tank.


Pour continuer la réflexion, écouter les échanges sur la télévision AFRICA 24 TV

Journaliste : Mr. Marcel MAHOUN

Invité pour l’interview : Dr Yves Ekoué AMAÏZO,

E : yeamaizo@afrocentricity.info

Sujet : Le renforcement de l’intégration régionale au Ghana.

Date : 25 août 2019. 14h. GMT.

Ecouter : https://youtu.be/oEog4rUEToQ

Positions Afrocentricity Think Tank

www.afrocentricity.info

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