Jan 252017
 

Donald J. Trump, le 45e Président américain a été élu sur la base de la majorité obtenue auprès des grands électeurs et non de la population américaine conformément à la Constitution américaine. Ses postures de victimisation d’un système sert à justifier un passage en force, un bellicisme et une agressivité permanente, doublée d’une désobligeance, voire parfois d’une humiliation teintée de discrimination. La récurrence de cette pratique conduit à se demander s’il est conscient ou s’il s’agit d’une difficulté à quitter la télé-réalité pour la réalité du monde. Son discours d’investiture est tout sauf bipartisan 1.trump media

1. DIFFICILE DE REDUIRE LA PAUVRETE AUX ETATS-UNIS

Le nouveau 45e Président des Etats-Unis est un personnage clivant. Il fait reposer l’essentiel de sa stratégie sur un besoin viscéral de faire craquer les équilibres passés ou existants pour tenter d’imposer le point de vue de ceux qui l’ont financé et moins ceux qui l’ont porté au pouvoir. Faire croire que c’est comme cela qu’il va redonner le pouvoir au peuple américain d’abord, relève peut-être du dol, une forme avancée du marketing « alternatif ». Cela ne manquera pas de conduire immanquablement à une forme ou une autre de désillusion pour les millions de pauvres aux Etats-Unis qui continuent de croire qu’une meute de millionnaires va les défendre et même leur permettre de retrouver un emploi, sans les empêcher de continuer de rêver de devenir millionnaire…

En réalité, les faits sont différents. Les Etats-Unis que laisse Barack Obama, le 44e Président des Etats-Unis après huit ans force au respect. La réconciliation avec le monde, la paix intérieure et même une situation économique florissante de nouveau. En effet, le taux de chômage officiel est de 4,9 % actuellement (janvier 2016/17) selon l’OCDE, contre les 10 % de la fin du règne (2008/09) du 43e Président des Etats-Unis, Georges, W. Bush Junior, un des chantres de la dérégulation financière. Le taux de croissance de la richesse des Etats-Unis (Produit intérieur brut) est de 2,4 % en 2016 contre une croissance négative de -2,4 en 2008/9. 47 millions d’Américains n’avaient pas d’assurance santé en 2008 contre seulement 29 millions en 2016. Si la dette américaine a pratiquement doublé passant de 10 600 milliards de $EU en 2009 à 19 500 milliards de $EU en 2016, c’est que les dépenses de guerre et de sécurité ont aussi explosé avec l’évolution de la guerre et du terrorisme radical dans le monde.

Mais la réalité qui contredit le rêve américain ou plutôt confirme qu’il ne s’agit que d’un rêve pour la grande majorité de la population, est que le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté aux Etats-Unis est passé de 44 millions en 2009 à 43 millions en 2016 2. Alors, Donald Trump pourra-t-il, comme il le prétend, mettre un terme au chômage structurel de masse aux Etats-Unis ? Rien n’est moins sûr face à l’accélération de l’automatisation, de la robotisation et de la digitalisation des activités productives et commerciale. Toutefois, l’absence de politique de mise à niveau financée par l’Etat structure l’inadéquation entre la formation des demandeurs d’emploi et les besoins actuels de l’économie. Mais la discrimination à l’embauche pour des raisons d’âge, de sexe, d’appartenance ethnique sont encore importantes dans l’Amérique profonde, même si dans les grandes villes il faut noter une amélioration. Bref, la volonté affichée de re-dérégulation de l’économie américaine par un interventionnisme de « discrimination positive » à l’avantage des Américains pourrait créer un contrecoup préjudiciable en termes de compétitivité et même d’innovation pour l’économie américaine au cours de la seconde partie du mandat de Donald Trump (2019-2021). Cette forme nouvelle d’interventionnisme s’apparente à un pseudo-keynésianisme qui devrait voir la dette américaine exploser à nouveau pour atteindre des sommets (estimée autour de 30 000 milliards de $EU) avec la nouveau « deal du protectionnisme».  Son programme consistant à investir massivement dans les infrastructures tout en renforçant les barrières douanières de manière sélective dès lors que les usines ne sont pas installées sur le sol américain mais profitent du  marché américain 3. Rappelons que la rénovation des infrastructures aux Etats-Unis a été négligée au point de voir les investissements annuels chuter de 3 % à 2,4 % entre 1950 et 2016 4. Les mesures réciproques ne tarderont pas créer des tensions importantes entre autres entre, d’une part, l’Union européenne et les Etats-Unis, et d’autre part, la Chine et les Etats-Unis. Il ne fallait pas s’étonner que même le Président du Mexique, Enrique Peña Nieto et le Premier ministre Justin Trudeau du Canada aient été enregistrés aux abonnés absents lors de l’investiture du 45e Président des Etats-Unis.

Certains gouverneurs des Etats fédérés aux Etats-Unis n’ont pas exclu de réfléchir à comment s’affranchir de l’Etat fédéral… Au lieu de faire bouger les lignes, Donald Trump pourrait les rendre volatiles au point d’enterrer le consensus mou mais constant sur le bipartisanisme américain.

2. LA FIN DU BIPARTISANISME ?

Le problème est qu’au début de sa campagne électorale, de nombreux citoyens américains croyaient au changement puisque la campagne électorale permettait de redéfinir sous forme de « re-deal (renégociation)» tout ce qui est possible. Mais après l’investiture, La posture du re-dealer permanent n’est pas équivalente à celle de signer un contrat immobilier. Les contestations, les peurs, et aussi les regrets de certains électeurs et électrices, surtout « les femmes » ne doivent pas occulter que de nombreux Afro-Américains et Latino-Américains ont boycotté la cérémonie d’investiture. Ils étaient pourtant présents dès le lendemain de l’investiture parmi les deux millions estimés d’Américains qui ont participé à la marche de protestation contre les discriminations envers les femmes, et plus largement contre les relents de ségrégation, voire de dislocation du consensus que Barack Obama, le 44e Président américain, a systématiquement combattu. Bref, le jour de l’investiture du Président Trump 5, 80 % des Américains avaient une opinion favorable pour le Président sortant Barack Obama, alors que Donald Trump atteignaient difficilement les 40 % d’opinions favorables. Tout un symbole pour celui que Trump qualifiait de non-citoyen américain 6, forçant Barack Obama à publier son acte de naissance prouvant sa citoyenneté par le droit du sol 7.

L’Agenda du Président Trump, milliardaire de son état, se résume au slogan politique suivant : « Make America Great Again 8 » ou en français « Rétablir la grandeur des Etats-Unis ». En réalité, il est bien plus question d’incarner l’âge d’or de l’extrême droite du parti républicain 9. L’investiture de cette personnalité américaine controversée le 20 janvier 2017 à Washington augure d’une nouvelle lecture -voire une fin de non-recevoir- du « bipartisanisme » américain.

Avec une participation plus importante des citoyens américains pour le respect des femmes devenue une manifestation anti-Trump au lendemain de l’investiture du nouveau Président, le spectre d’une nouvelle division entre Américains semble se profiler à l’horizon. Des Etats fédérés pourraient être tentés de s’exclure des injonctions de l’Etat fédéral.

Autrement dit, la volonté du Président Donald Trump de redonner la parole aux « laissés-pour-compte » n’a pas manifestement convaincu. Les promesses populistes contenues dans le discours d’investiture ont créé des inquiétudes nouvelles. Ce Président n’arrive pas à sortir de la phase pré-électorale pour endosser le costume de Président de tous les Américains, et à être « rassembleur ». La rébellion des « laissés-pour-compte sur laquelle surfait Donald Trump pourrait bien rapidement se retourner contre lui si les promesses budgétivores ne deviennent pas rapidement une réalité palpable avec des emplois et des salaires décents créés dans l’Amérique profonde. Or, la politique fiscale actuelle des Etats fédérés avantage souvent les Etats du Sud. Il va donc falloir que Donald Trump prenne conscience que l’exercice du pouvoir n’obéit pas aux mêmes règles que celles des émissions de télé-réalité où il détenait tous les pouvoirs sans partage.

3. DE LA TELE-REALITE A L’INFORMATION « ALTERNATIVE »

Ce constat pose une question plus inquiétante encore à savoir : est-ce que Donald Trump est conscient qu’il a quitté le show de la « télé-réalité » pour la « real politik » ?

En 2004, alors qu’il était un homme d’affaires florissant, Donald Trump lance sur la chaîne NBC l’émission télé-réalité « The Apprentice » où il s’incarne lui-même et où il est question de remporter un poste de travail au sein de son empire d’affaires. En réalité, c’est lui qui décide de tout et licencie avec la célèbre phrase : « You’re fired! » (« Vous êtes viré »). Jusqu’à 30 millions de téléspectateurs ont suivi cette émission. En 2008, une version avec des personnalités célèbres « The Celebrity Apprentice » a permis de lever des fonds pour des œuvres caritatives 10. En 2015, c’est l’acteur Arnold Schwarzenegger qui en est devenu l’animateur lorsque Donald Trump lance sa campagne électorale.

L’émission de télé-réalité où Donald Trump jouait le rôle de Président lui a permis de remporter les élections « les primaires » sans avoir été confronté aux urnes. Cette forte notoriété et son image d’autodidacte et de milliardaire et de celui qui va au combat pour les gagner systématiquement a fait croire qu’il ne « ment » jamais et qu’il a le sens des affaires, ce qui rejoint le rêve américain fondé sur les opportunités de succès pour tous. Mais sa force a été d’avoir compris, avant Hilary Clinton, son adversaire malheureux, les frustrations de la classe moyenne blanche qui a conduit à sa « posture antisystème » anti-élites de Washington. Pourtant dans la réalité du monde des affaires, Donald Trump a démarré dans la vie avec un prêt d’un million de $EU de son père 11.

En réalité, il existe un vrai sentiment de déclassement de ceux qui ne voient pas le rêve américain s’opérer. Mais le déclassement social que connaissait une partie importante des pauvres, notamment dans les populations noires et latinos, a touché les classes moyennes blanches. Ce déclassement social s’est doublé d’un déclassement identitaire qui s’est transformé au cours de la campagne électorale, -où tous les mensonges sont permis-, en déclassement de l’Etat américain. Alors, la devise de « Make America Great Again » ou « Rétablir la grandeur des Etats-Unis » avait un sens. Elle permettait de rejeter la mondialisation, l’automatisation et la digitalisation de l’économie qui accroissent les inégalités tout en faisant oublier l’échec du consensus néo-libéral de la financiarisation de l’économie où faire de l’argent aux dépens du plus faible, du plus pauvre et moins influent, était devenu un sport national où les perdants n’avaient qu’à se « taire », quand ils ou elles ne sont pas « licenciés » (fired) ou finissent par se résigner ou mourir.

Rappelons que ce Monsieur a vu son image s’entacher d’une réputation de « menteur récurrent » à tel point que chacun croyait que sa technique de campagne consistait à répéter régulièrement un mensonge pour qu’il en reste quelque chose dans la « tête » des citoyens 12.

Autrement dit, les faits et la réalité des affirmations ne sont pas importants au point de faire croire que les « alternative facts » (ou les faits ou informations alternatives) sont devenus des instruments « officiels » de communication de la nouvelle administration. Le problème est que les informations alternatives ou « alternative facts » ne sont purement que des mensonges. Du coup, les contre-pouvoirs notamment les médias sont devenus l’ennemi numéro 1 de Donald Trump parce que ces derniers ont choisi de faire leur métier en toute in indépendance et d’offrir les informations factuelles d’une réalité différente de ce que permet la « télé-réalité ». Du coup, c’est toute la crédibilité d’un Président des Etats-Unis imprévisible qui est en cause. Comme il est connu pour ne jamais s’excuser, même quand il a porté des fausses accusations par le passé contre des présumés accusés noirs malgré une décision de justice innocentant ces jeunes noirs accusés à tort d’un viol à Central Park à New York, il faut se demander comment ce trait de caractère va opérer au plan de la gouvernance internationale 13.

4. LA TÉLÉ-HYPNOSE : UNE TECHNIQUE DE DONALD TRUMP ?

Ancien le soutien du parti démocrate avant de rejoindre le parti Républicain, Donald Trump se présente comme une personnalité hors norme du fait de sa puissance d’argent. En choisissant principalement parmi le cercle fermé des millionnaires américains ses principaux collaborateurs, il met fin implicitement à la suprématie d’une certaine catégorie d’élites américaines qui auraient déclassé et humilié les « citoyens américains blancs » de la classe moyenne, mais aussi les « citoyens américains non-blancs », principalement dans l’Amérique profonde, hors des grands centres urbains. L’argument consiste à rappeler que ce segment du marché électoral aurait peu bénéficié des fruits de la croissance américaine, contrôlée et partagée principalement entre des groupes de lobbies éloignés du peuple américain.

Autrement dit, Mme Hilary Clinton aurait échoué par deux fois à devenir la première femme Présidente des Etats-Unis pour avoir péché sur sa stratégie de conquête du pouvoir. Elle aurait oublié de se focaliser sur les conséquences de ses alliances passées auprès de ceux de Wall Street qui demeurent dans l’imaginaire populaire, les principaux responsables de la crise financière de 2007/8  avec la crise des subprimes qui n’apparaît principalement que comme une arnaque sur l’accession du « petit peuple » au crédit au logement. La population cible touchée, était constituée principalement justement de cette classe moyenne blanche américaine qui en veut donc viscéralement à Mme Hilary Clinton et son réseau élargi pour au moins trois bonnes raisons :

  • avoir soutenu et défendu un groupe restreint et influent de personnes ou lobbies qui travaillent ensemble et protègent leurs intérêts notamment ceux de Wall-Street ;
  • avoir consacré trop de temps au cours de la campagne électorale à dénigrer la capacité de Donald Trump à diriger les Etats-Unis ;
  • avoir trahi la confiance politique et l’aptitude à faciliter la restauration d’un contrat social entre le parti démocrate et le peuple américain, ce qui explique d’ailleurs la défaite de ce parti aux niveaux des élections des représentants au Congrès, à savoir la Chambre des Représentants et le Sénat.

A y regarder de plus près, Donald Trump a cru à l’une des plus vieilles méthodes de persuasion en marketing à savoir : insinuer à l’envi ce qui déstabilise non pas l’adversaire mais le marché cible du concurrent afin de récupérer ses « clients », accessoirement des électeurs déçus et frustrés. C’est ce qui est qualifié ici de télé-hypnose. Il s’agit là d’une démarche payante d’un homme d’affaires expérimenté. Mme Clinton n’y a vu que du feu et a ainsi brûlé ses chances.

L’arrogance des élites politiques et leur incapacité  à perpétuer le rêve américain – à savoir l’opportunité de s’enrichir et de devenir millionnaire – a été sous-estimée. Les émissions de télé-réalité de Donald Trump n’étaient pas simplement des « shows télévisés », mais un entraînement grandeur nature pour imposer son image et son style à cette partie des téléspectateurs américains qui l’avaient adopté. La fusion entre le téléspectateur et lui était si intense au point de faire oublier que le personnage ne « pense » pas toujours ce qu’il dit, et ne « dit » pas toujours ce qu’il pense, sauf qu’il constate bien la souffrance de l’Américain moyen exclu du rêve américain. Sur ce plan, les statistiques ne trompent pas toujours : « 67% des Blancs non diplômés de l’université ont voté pour le candidat républicain, 62% chez les femmes et, 72% des hommes 14 ». Les accusations d’agressions sexuelles, les remarques sexistes et les insinuations racistes n’ont pas eu raison de la peur collective, réelle ou supposée, des électeurs américains, principalement blancs, face aux conséquences du terrorisme de l’Islam radical, de l’immigration, et du libre-échange mondialisé et même des accords sur la préservation de la planète et la transition énergétique considérés, à tort ou à raison, comme d’abord les principales causes du chômage du citoyen américain endetté sur plusieurs décennies, et vivant majoritairement à crédit. Alors Donald Trump se désengage-t-il de l’ONU ?

5. DÉSENGAGEMENT DU TRAITÉ TRANSPACIFIQUE, DE L’OTAN, DE L’ONU, ETC.

Aussi, le dogme de la préférence nationale a resurgi suite à la peur du lendemain. La priorité à la sécurité des Américains d’abord se confond avec le retour au protectionnisme nationaliste. Donald Trump a signé, dès son investiture, le décret permettant le retrait de son pays du traité multilatéral de libre-échange dit « accord de partenariat transpacifique » (en anglais « Trans-Pacific Partnership » (TPP), signé le 4 février 2016 pour intégrer les économies des régions Asie-Pacifique et Amérique 15.

Comme il n’est pas possible d’augmenter le plafond des dépenses autorisées pour la dette américaine, il faudra s’attendre à des coupes sombres dans les activités multilatérales où les Etats-Unis estiment ne pas « avoir un retour sur investissement ». Il n’est pas impossible que la participation des Etats-Unis à plusieurs activités des Nations Unies soient remises en cause, notamment les opérations militaires ou de paix des Nations Unies, voire même de pousser l’ONU à quitter New-York. Les agences spécialisées sont aussi concernées notamment l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP), l’Organisation mondiale de la santé (OMS)… En effet, une Loi américaine sur la restauration de la souveraineté ayant pour objectif de désengager des Etats-Unis de l’ONU est actuellement (janvier 2017) en discussion au Congrès américain 16. La réduction des dépenses américaines en relation avec des interventionnismes douteux à l’international, des ingérences coûteuses dans les affaires intérieures d’autres pays et des guerres sans victoire dans le monde auraient contribué au déclin de la grandeur des Etats-Unis. Aussi, agir dans le cadre bilatéral serait la solution toute trouvée pour s’affranchir de toutes les règles de la Communauté internationale tout en faisant des économies. Mais si les Etats-Unis se mettent à violer les règles de coexistence pacifique internationale, quels contre-pouvoirs pourront l’empêcher d’atteindre le point de non-retour ?

A ce titre, transformer un ennemi potentiel en partenaire d’affaire était devenu le leitmotiv de la future politique étrangère de Donald Trump. Il n’est pas étonnant qu’après avoir encaissé 180 millions de dollars des Etats-Unis ($EU) pour sa retraite de la société pétrolière Exxon, Rex Tillerson, un ami du Président russe Vladimir Putin, soit proposé comme Secrétariat d’Etat, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères 17. Il faudra y rajouter le produit de la vente de 611 000 actions qu’il détient, soit environ 55 millions de $EU qui seront « gérés » par un fonds fiduciaire qui investira uniquement dans des titres du Trésor et des fonds communs de placement diversifiés afin d’éviter tous conflits d’intérêts 18. Le « pauvre » Tillerson aurait perdu 7 millions de $EU pour avoir démissionné comme Président Directeur Général (PDG) d’Exxon avant la date officielle de sa retraite en mars 2017. Un ancien d’Exxon avec plus de 25 d’ancienneté, Darren Woods est le nouveau PDG d’Exxon.

Mais au-delà des conflits d’intérêts, il s’agit bien d’une stratégie de désengagement des Etats-Unis des activités trop coûteuses ou sans retour sur investissement avec des alliés européens considérés comme incapables :

  • d’assurer leur paiement des 2 % de contribution pour assurer leur sécurité militaire commune en cas d’agression avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ;
  • d’organiser une fédération de l’Union européenne avec en filigrane un marché unique sans une direction à plusieurs têtes ;
  • de soutenir les droits humains en Afrique en se rendant complice du maintien d’autocrates au pouvoir et de transformer cette Afrique en marché solvable de consommateurs avec un pouvoir d’achat décent et généralisé ;
  • de gérer leur économies sans un apport massif et incontrôlé de migrants pour satisfaire la course vers le bas des salaires exigés par une très grande majorité du patronat européen ; enfin
  • de mettre fin à des sanctions et autres mesures de rétorsion contre des pays qui payent rubis sur l’ongle comme la Russie, tout ceci sous couvert de bleuir leur population avec des ambitions d’hégémonies culturelle et économique de plus en plus contestées.

C’est d’autant plus incompréhensible pour les sanctions de la France envers la Russie. La première tente de justifier les sanctions sur des bases de respect des valeurs démocratiques, valeurs qui sont totalement bafouées en Afrique où les autocrates et les dictateurs africains ont trouvé les meilleurs compromis avec la droite et la gauche françaises au cours des décennies passées.

En effet, pour modifier la Constitution de manière unilatérale et rester au pouvoir ad aeternam sur la base de la contre-vérité des urnes et des choix des populations africaines, il suffisait pour un autocrate africain au pouvoir d’assurer d’une manière ou d’une autre :

  • le retour indirect de l’aide au développement, parfois par des moyens légaux ou proches d’une corruption institutionnalisée en Europe, notamment au sein du « réseau France-Afrique » pour ce qui est de la zone franc ;
  • de servir d’appoint économique et financier au Trésor français pour ce qui est de l’ex-Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) créés le 26 décembre 1945 19 ;
  • de servir de béquille à la France au plan sécuritaire notamment pour la lutte contre les nébuleuses de soutien ou en dissidence avec l’Etat islamique radical.

Il existe de nombreux pays qui ne prennent pas de « gants » pour faire de la France un complice du maintien des autocrates africains au pouvoir ? Paradoxalement, la soi-disant mauvaise gouvernance est souvent l’œuvre de piètres gestionnaires de l’Etat qui ne comprennent rien au rôle du secteur privé productif, encore moins à l’importance de l’entrepreneuriat pour créer des emplois décents et éradiquer la pauvreté. Avec les changements de Présidents intervenus en Gambie 20 suite à une unité de positionnement des Chefs d’Etat africains (CEDEAO et Union africaine) de faire respecter la vérité des urnes, des pays comme l’Angola, le Burundi, le Cameroun le Congo, le Congo Démocratique,  le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Rwanda, le Tchad et le Togo, etc. sont à surveiller avec l’avènement du 45e Président des Etats-Unis. Il va de soi que si vraiment les Etats-Unis cessaient de s’ingérer dans les affaires africaines comme au demeurant l’Europe ou d’autres, les citoyens africains ne tarderaient pas à faire partir les autocrates adulés par les Occidentaux et retrouver le chemin de leur destin. Donc, si Donald Trump peut accompagner son « protectionnisme » par la fin d’une ingérence discrète en Afrique destinée principalement à servir les intérêts des multinationales américaines, le citoyen africain lui en saura gré, la démocratie de la vérité des urnes aussi.

6. TRUMP DIT VOULOIR S’OCCUPER DES « CITOYENS OUBLIÉS ». LES AFRO-AMÉRICAINS  Y COMPRIS ?

C’est toute élite de l’Administration américaine au niveau fédéral que Donald Trump vient de balayer aux motifs qu’ils « parlent beaucoup, souvent de manière énigmatique» et « agissent peu 21 »…

Lors de son investiture, Donald Trump affirmait qu’il va remettre le pouvoir au peuple et s’occuper des citoyens oubliés (« Forgotten People 22 »). Dans un discours populiste où l’unité des Américains doit reprendre le dessus dès lors que l’on est patriote et nationaliste, il faut s’attendre à voir cette approche se décliner aussi pour les Afro-Américains et au-delà pour les « Africains » en Afrique, où certains autocrates ne doivent leur présence à la tête des Etats africains que grâce à l’appui discret des Etats-Unis.

Les références de Donald Trump à Dieu à plusieurs reprises dans son discours d’investiture et l’importance du « nous (« we ») et le travailler ensemble « working together » entre les populations noires, jaunes, blanches étonnent par rapport à l’ensemble de sa démarche stratégique de campagne où il était question de diviser pour régner, ce qu’il a d’ailleurs abondamment fait pour rester à la tête de son empire immobilier. Alors, est-ce que cette stratégie du diviser pour régner que l’Europe a appliqué en Afrique pour asseoir sa suprématie coloniale et postcoloniale, n’est-elle pas en train d’être appliquée à l’Union européenne en quête d’identité où le chacun pour soi a trop longtemps primé au point de faire de l’Allemagne le chef d’orchestre de cette Union ? Le Brexit « dur  23» apparaît aujourd’hui comme une réaction contre cette hégémonie qui empêchait autant l’Europe à la carte que l’Europe fédérale. Mais au plan du « business », c’est l’absence de marché réellement commun en Europe qui semble avoir conduit Donald Trump à soutenir le Brexit dur de Mme Theresa May, le Premier Ministre du Royaume Uni. Cette procédure inscrite à l’article 50 du Traité de Lisbonne et prévoyant le divorce avec l’Union européenne pourra malgré tout prendre encore 24 mois au moins.

7. UN « PRÉSIDENT » VICA : VOLATILE, INCERTAIN, COMPLEXE ET AMBIGU

Toute l’astuce de la communication de Donald Trump consiste paradoxalement à faire croire que le pouvoir est à Washington D.C. et qu’il faut le redonner aux citoyens. Mais tout est fait pour éviter de mettre l’accent sur le pouvoir exorbitant des riches millionnaires qui ne payent quasiment pas d’impôts et s’en vantent (comme Trump lui-même durant la campagne électorale revendiquant d’avoir été « malin ») et qui se retrouvent à la tête de l’Administration américaine et donc de l’establishment que Trump conteste 24.

Les Américains qui ont opté pour le « changement » vers l’inconnu. Ils risquent d’avoir plus à faire à un Président volatile, incertain, complexe et ambigu, qui ne s’embarrasse pas des conséquences de ses décisions et risque ainsi de d’amplifier au plan mondial, le risque d’une volatilité, d’une incertitude, d’une complexité et d’une ambiguïté accrus. Avec la force dont il dispose, il est clair qu’il est ainsi dans la meilleure position pour mettre en cause tous les engagements qui lui semblent inacceptables et imposer l’ouverture de la boite de pandore des contrats « gagnant-perdant ». Comment la Chine qui promeut les arrangements « gagnant-gagnant » va-elle réagir sans représailles et réciprocité ? Comment l’Union européenne amputée du Royaume-Uni pourrait-elle proposer des alternatives face à un axe Etat-Unis-Russie ?  Contribuera-t-il à chasser du pouvoir les autocrates africains qui sont la cause principale de la présence de migrants illégaux en Occident ? Oui, si sont en jeu les intérêts des milliardaires qu’il défend avant ceux des citoyens blancs de l’Amérique profonde non urbaine en déshérence identitaire.

Donald Trump a donc un agenda qui sert d’abord les intérêts de ceux qui l’ont financé et moins ceux qui ont voté pour lui.

Face une Amérique dirigée au cours des huit dernières années par un couple noir formé d’un homme métis et d’une femme noire, descendant des agressions esclavagistes des Blancs en Afrique, le bellicisme verbal et bientôt décisionnel de Donald Trump risque de trancher avec l’attitude de conciliateur de Barack Obama. Ce dernier a démontré qu’il était capable de rassembler plutôt que de se recroqueviller sur une politique protectionniste face à un libre-échange néolibéral  qui sanctionne au lieu d’accompagner et d’adapter les citoyens aux progrès techniques et d’organisation du travail. Aussi, le seul conseil qu’Afrocentricity Think Tank pourrait adresser au Président Donald Trump et son équipe de millionnaires est de faire preuve d’humilité. Il n’y pas beaucoup de « laissés-pour-compte » blancs, asiatiques, latinos ou noirs aux Etats-Unis qui ont démarré dans la vie avec un prêt de 1 million de $EU.

Donald Trump en débutant avec 1 millions de $EU de son père s’est contenté de louer des chambres à New-York en discriminant les Noirs. Avec l’appui des grandes banques, il est passé à l’immobilier de haut de gamme, les casinos, une université, des grands hôtels, une compagnie d’aviation, puis la construction de grandes « Trump tours », rappelant la Tour de Babel (Babylone 25), sans oublier de faire de son nom une marque dont la valeur présente et future sur le marché empêchait de le saborder. Alors ce sont des actionnaires naïfs qui ont payé pour les déboires de Donald Trump dans les années 70-80. Des dépôts de bilan et des faillites retentissantes entre 1991 et 2009 et deux divorces ont failli le couler.

Mais la loi informelle du « trop gros et important pour couler » (to big to fail) lui a permis d’éviter des faillites définitives. Ce vendeur et communiquant hors pair a survécu à une dizaine de  dépôts de bilan. Il peut remercier La Loi américaine qui permet de se relancer en faisant payer les actionnaires et les fournisseurs. Trump ne s’en est pas privé, notamment avec l’aide de l’un de ses principaux avocats, Michael D. Cohen, un grand spécialiste de l’exploitation des failles dans les dispositifs légaux et fiscaux du pays.

Aussi, L’Administration Trump gagnerait à organiser et financer la mise à niveau des « laissés-pour-compte » par la formation en alternance et en continu avec les nouveaux postes de travail qu’offre un marché globalisé et digitalisé. A vouloir croire que le passage en force récurrent ne sera jamais sanctionné, le 45e Président des Etats-Unis pourrait ne pas être à la hauteur face à l’épreuve d’une crise multiforme et globalisée. Personne ne pourra alors anticiper la réaction d’un Donald Trump imprévisible, c’est-à-dire volatile, incertain, complexe et ambigu. Les médias ne s’y sont pas trompés et tentent par la vérité des faits et de l’information indépendante à mettre fin aux « faits et informations dites alternatives » qui se révèlent n’être pas conformes avec la réalité des faits.

Les dirigeants des partis d’extrême droite européens ont compris l’intérêt de surfer sur la victoire de Donald Trump. Mais l’impossible rencontre secrète entre Marine Le Pen, la candidate du Front Nationale, le parti d’extrême droite française et Donald Trump, permet de croire que les Agendas ne sont pas les mêmes d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Mais le lancement d’une extrême droite unie à l’échelle européenne pourrait accélérer l’accession au pouvoir (élections législatives et présidentielles) de ces partis en France, aux Pays-Bas en Italie, en Allemagne, et renforcer d’autres comme la Pologne, la Hongrie, la Grèce…

Il faut espérer que l’opacité dans les arrangements contractuels de son empire immobilier ne servira pas de modèle au cours de son mandat électif de quatre ans tant dans la gouvernance nationale qu’internationale. Au plan social, supprimer d’abord et réfléchir ensuite, sans proposer d’alternatives pratiques sur le terrain, pour remplacer l’assurance santé pour les Américains pauvres dit « Obamacare », relève malgré tout d’une volonté dogmatique de ne pas redistribuer la richesse produite et donc un refus clair de réduire les inégalités. D’ailleurs, ce sont les inégalités des revenus qui ont permis à Donald Trump de devenir Président. Le paradoxe veut que ce soit ce Président qui risque de les accentuer pour n’avoir jamais souffert du froid, de la faim, de la soif, de soins médicaux, encore moins de liberté de s’exprimer. Tout ceci ne pourra pas exclure une explosion de la dette publique qui ressemblerait plus à un transfert de l’argent public aux sociétés privées qui remporteront les contrats d’infrastructures. Si les heureux élus se retrouvent parmi le cercle rapproché des millionnaires amis du Président Trump, le citoyen américain qui a voté pour Donald Trump n’aura que ses yeux pour pleurer. Ce n’est pas cela qui réduira le fossé de plus en plus grossissant des inégalités aux Etats-Unis. Comme quoi, parfois, une bonne fessée aurait peut-être pu, changer l’individu en mieux !

8. CLARIFIER LES ENJEUX

Donald Trump a bien constaté que l’objectif de la mondialisation néolibérale des dernières décennies soutenue, -voire imposée- par les Etats-Unis et ses multinationales consistait principalement à faire baisser les prix pour les consommateurs. La division du travail, qui reposait en filigrane sur les délocalisations de toutes formes de capacités productives et d’industries, devait se faire sur la base de transferts géographiques et une segmentation à l’infini des chaines de valeurs pour bénéficier de l’avantage des salaires à bas coûts. Autrement dit, qui a dit que la course vers le bas des salaires est une fatalité ? Les tenants du néo-libéralisme ! Aux Etats-Unis et au sein de l’Union européenne, cela a eu pour résultat dans un premier temps de polariser vers les pays dits riches les emplois à haute valeur ajoutée tout en créant de nombreux emplois moyennement ou peu qualifiés dans les services avec d’importantes inégalités en termes de distribution des fruits de la croissance. Il y a donc bien eu des perdants et des gagnants de ce « nouvel ordre mondial de la production délocalisée ». Mais la dynamique est en train de s’inverser.

Les pays émergents sont les premiers gagnants, même si en interne, les inégalités n’ont fait que s’accentuer. Les pays pauvres sont les premiers perdants pour avoir été cantonnés dans le rôle d’exportateurs de matières premières non transformées. Il fallait s’assurer non seulement de la non-transformation en Afrique, mais que les Africains ne consomment pas les produits qu’ils produisent. Donc cette économie extravertie a permis de maintenir l’Afrique dans la pauvreté et conduit l’ONU à apitoyer tout le monde sur ses objectifs de « réduction de l’extrême pauvreté ». Mais sur le terrain, ce sont des autocrates et des dictateurs à qui ce rôle était confié. Ceci même si aujourd’hui une partie des citoyens africains commence  à s’émanciper de cette servitude volontaire, comme le montre par exemple la prise de conscience en Afrique de l’Ouest par de nombreux intellectuels et économistes, des effets hautement négatifs du Franc des ex-colonies françaises (CFA) 26.

Alors que les riches entreprises transnationales s’enrichissaient avec quelques effets en cascade sur quelques salariés privilégiés, les élites de la politique américaine n’ont pas compris qu’elles étaient en train de saborder la base industrielle de leur économie. La délocalisation tous azimuts est donc mauvaise pour l’emploi et les salaires décents. L’agglomération industrielle, structurée au sein d’un écosystème de création de valeur ajoutée concentrée sur un espace géographique à l’intérieur d’un pays, permet de créer des emplois décents. Cette approche force les élites dirigeantes à la mise à niveau des qualifications, tout en facilitant la formation en alternance pour les jeunes. Les élites au pouvoir aux Etats-Unis n’ont rien vu, obnubilé par le dogme du « rêve américain » qui repose aussi faussement sur le postulat « ce qui est bon pour les Etats-Unis est bon pour le monde… ». Rappelons tout de même que l’on ne mange pas de « MacDonald » en Afrique…

Au contraire, à force de croire au mythe du rêve américain selon lequel chacun a l’opportunité de trouver un emploi et de devenir millionnaire, de nombreux Américains ont oublié que pour maintenir sa position, un millionnaire, doit constamment innover, automatiser, digitaliser et surtout participer à la course des salaires toujours plus tirés vers le bas en usant et abusant de la carotte et surtout du bâton et de la peur. D’où la fameuse formule de « Donald Trump » : « vous êtes viré » !

La résultante d’une telle conception de la société est un déclassement des classes moyennes et une déqualification généralisée des emplois productifs remplacés par des emplois dans les services, emplois souvent à temps partiel. Le système américain, après avoir contribué substantiellement à la crise financière de 2007/8 du fait d’une dérégulation anarchique et d’un refus de contrôle des opérations hors bilan des banques d’investissement, a donc stoppé net la dynamique de l’emploi industriel qualifié et décent. Le budget de l’Etat a vu l’endettement exploser.

Le Président démocrate Bill Clinton avait, en son temps, validé la désindustrialisation pour gagner les élections présidentielles. Les emplois qui ont été créés en grand nombre sous son mandat, -il faut le reconnaître aujourd’hui-, sont des « mauvais emplois », c’est-à-dire des emplois dé-qualifiant dans les services et donnant l’illusion du plein emploi. Ces nouveaux emplois dé-qualifiantes reposaient sur une « reconversion » de l’emploi qualifiée industrielle en un emploi déqualifié dans les services. Autrement dit, la désindustrialisation accélérée de l’Amérique traditionnelle hors grands centres urbains s’est accompagnée d’un plein emploi où « des sidérurgistes ou des travailleurs de l’automobile » perdaient leur emploi, puis en retrouvaient un autre dans « des cliniques pour chiens à des salaires bien moins élevés 27 »… Il fallait alors simplement « relégitimer certaines  idées populaires et économiques de gauche et les synthétiser, dans une rhétorique totalement innovante, avec les idées de droite 28 » pour faire émerger le nouveau consensus du « servir les Américains d’abord ». Un milliardaire, expert de la télé-réalité et vendeur hors pair de rêve américain, s’en est emparé pour gagner des élections américaines.

Mais le déclassement est palpable car les salaires des classes moyennes américaines sont passés globalement de 80 000 $EU à 30-50 000 $EU annuellement, d’où pour certains le cumul de plusieurs jobs pour pouvoir vivre, l’impossibilité de se loger en ville et la montée des pauvres et des nouveaux pauvres occultés des statistiques officielles. Les Etats-Unis ont multiplié la création de nouveaux emplois « déclassés » dans les services en substitution des emplois industriels qualifiés. Ce derniers ont été délocalisés dans un monde aux frontières évanescentes dites globalisées. Donald Trump est donc déterminé à récupérer ces emplois industriels en taxant et en accompagnant par des « subventions ciblées » les entreprises qui vendent sur le marché américain mais refusent de localiser leur production au sein des frontières américaines. C’est un élément déterminant du succès ou non de sa politique économique en termes d’efficacité de la dépense publique. Le paradoxe pour un « libéral » comme Donald Trump est que son succès ou son échec sera lié à sa capacité à réussir l’interventionnisme économique de l’Etat. De nombreux grands contrats, et donc les impôts des Américains, risquent d’aller à ses amis millionnaires. Mais qu’importe ?

Le plein emploi sans que l’Etat, ni les entreprises d’ailleurs, n’acceptent réellement de contribuer au financement de la formation en alternance pour les jeunes, de la formation continue, de mise à niveau, de requalifications pour les moins jeunes, n’est pas pérenne. Au final, l’objectif de la mondialisation de faire baisser les prix pour les consommateurs n’a pas réellement été atteints dans tous les secteurs, notamment celui de l’alimentation ou de la construction. Aussi, pour l’Afrique, la mondialisation devra avoir pour objet d’améliorer le bien-être des populations. La consommation n’est qu’une des composantes. Il ne faut donc pas refaire l’erreur de l’Occident pour ceux qui réfléchissent à la société africaine de demain, société qui ne peut continuer à singer les erreurs d’ailleurs. YEA.

24 janvier 2017.

© Afrocentricity Think Tank.

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